Chaque équipe rêve d’avoir un Luke Kennard

Chaque équipe rêve d’avoir un Luke Kennard

En constance progression depuis son arrivée chez les pros, Luke Kennard se révèle comme un vrai bon joueur NBA. La bonne pioche des Detroit Pistons.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

Quand Luke Kennard a tapé dans l’œil des grands coaches universitaires, il était encore un gamin de 16 ans sans permis de conduire. Une star locale dans une toute petite ville de l’Ohio. Reconnu pour ses talents de basketteurs… mais aussi de quarterback au sein de l’équipe de foot US de son lycée. C’est d’ailleurs sur un gazon synthétique que John Beilein, alors à la tête du prestigieux programme de Michigan, l’a observé en personne pour la première fois. Le célèbre Roy Williams, entraîneur de North Carolina, était aussi présent dans les gradins. Un déplacement qui n’a pas payé pour les deux recruteurs puisque le natif de Middletown a finalement choisi de jouer pour Duke en NCAA.

Aujourd’hui, Beilein dirige les Cleveland Cavaliers et Kennard porte une tunique des Detroit Pistons. Il est donc bien placé pour constater les progrès effectués par le joueur de 23 ans.

« J’aime beaucoup son évolution. Je pense qu’il a déjà prouvé qu’il était parti pour faire une longue carrière. Dwane [Casey, le coach des Pistons] a fait du bon travail en le laissant prendre des décisions sur le terrain. C’était un quarterback dont il voit tout. Il a une sacrée vision sur le terrain. C’est devenu un excellent joueur. »

Luke Kennard a été drafté en douzième position en 2017. Il a réussi à s’illustrer dès son arrivée, tout en restant discret. Un paradoxe qui s’explique par le fait que les Pistons ne passionnent plus vraiment les foules. Malgré une première saison réussie à plus de 7 points par match et 40% de réussite à trois-points en sortie de banc, il ne s’est pas révélé aux yeux du grand public. Ni même après sa saison sophomore où il est finalement monté à presque 10 pions de moyenne.

Mais le sniper a attiré l’attention d’un plus grand nombre lors du premier tour des playoffs l’an dernier. Ses Pistons ont été balayés par les Milwaukee Bucks mais il a causé du tort à l’une des meilleures défenses de la ligue lors des Games 1 et 2. Il a marqué respectivement 21 et 19 points. Forçant du même coup Mike Budenholzer à s’ajuster sur la suite de la série. Giannis Antetokounmpo ont commencé à trapper le sophomore sur les picks-and-roll, comme les équipes le font habituellement pour Stephen Curry ou James Harden

Luke Kennard, jeune en pleine progression

« Sa capacité à impacter le jeu après quoi, deux ou trois saisons, est impressionnante. Impressionnante, c’est le mot. C’est un bon jeune joueur », témoigne Budenholzer.

Il a surfé sur ces performances pour attaquer sa troisième saison NBA sur les mêmes bases. C’est traditionnellement à ce moment-là que les jeunes les plus prometteurs explosent. Ils ont vraiment eu le temps de s’adapter à la ligue physiquement et tactiquement et ils commencent alors à maîtriser le jeu. Luke Kennard est en plein dedans. Il n’a pas le niveau d’un Luka Doncic ou d’un Trae Young – il y a différentes catégories – mais il s’affirme comme l’un des meilleurs joueurs de Detroit. Il est même souvent LE meilleur joueur sur le terrain.

Ses 22 points hier soir ont par exemple permis aux siens de prendre le dessus sur les Houston Rockets (115-107) d’un James Harden flashé à 39 points. Kennard a été décisif. Percutant. Adroit. Un peu à l’image de ce qu’il fait depuis plus de six semaines. Ses statistiques personnelles sont désormais de 16,2 points, 40% aux tirs et surtout 4,1 passes décisives. Il y a une vraie progression dans ce domaine. Il était à moins de 2 passes lors de chacune de ses deux premières saisons chez les pros. Mais le staff a compris qu’il avait cette capacité à faire jouer les autres.

Joe Ingles, J.J. Redick, il est un peu des deux

Luke Kennard
Oh tiens c'est Lance Stephenson là, derrière l'écran.

Notamment sur pick-and-roll. Sans être le plus rapide ou le plus costaud, ni le plus grand, Kennard a un instinct qui lui permet de faire régulièrement le bon choix. Il rapporte 1,04 point par possession sur ce type de situation, ce qui en fait le sixième joueur le plus efficace de la NBA parmi tous ceux qui ont joué au moins 75 pick-and-roll.

Quand un shooteur se pointe, le réflexe est de le comparer à J.J. Redick. Encore plus quand il est blanc et qu’il sort de Duke. Mais le joueur des Pistons peut peut-être aspirer à un rôle plus élargi que celui de spécialiste du tir. Il a un côté Joe Ingles. C’est un playmaker intéressant. Peut-être pas de là à lui laisser la mène complète d’une équipe. Mais associez à un porteur de ballon d’élite, il peut faire des ravages. Avec son adresse mais aussi avec cette vision du jeu. Il peut s’avérer très performant sur des deuxième pick-and-roll, une fois la défense déjà secouée par une première attaque du cercle.

Sa complémentarité avec Derrick Rose est d’ailleurs très intéressante offensivement. Les deux sont avec Christian Wood les rares satisfactions des Pistons. Detroit a la chance de pouvoir compter Luke Kennard dans ses rangs. Son profil est très recherché par les franchises NBA. En voilà un qui sera sûrement convoité à l’avenir.

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