Attention au retour en puissance de Markelle Fultz

Attention au retour en puissance de Markelle Fultz

Superstar universitaire déchue après des débuts mystérieux en NBA, Markelle Fultz a retrouvé sa magie depuis qu’il a intégré le cinq majeur d’Orlando.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

C’est la mode sur les réseaux, à cette époque où les meneurs prometteurs sont nombreux en NBA : se demander lequel d’entre eux fera la plus grande carrière. Alors, plutôt Trae Young ? Shai Gilgeous-Alexander ? Ja Morant ? Et bien nous aimerions ajouter un autre nom à la liste. Celui de Markelle Fultz. Un temps oublié après ses nombreux déboires aux Sixers, le premier choix de la draft 2017 revient discrètement sur le devant de la scène. C’est déjà sa troisième saison dans la ligue, certes, mais il n’a que 21 ans. Son potentiel est très intrigant, surtout maintenant qu’il a enfin lancé sa carrière pour de bon.

Si Sekou Doumbouya a logiquement marqué les esprits en France, avec ses 24 points inscrits contre les Celtics, Fultz était le grand bonhomme de la soirée NBA outre-Atlantique. Ses 21 points, 11 rebonds et 10 passes ont permis au Magic de faire chuter les Lakers, pourtant invaincus depuis 9 rencontres, au Staples Center qui plus est ! Cerise sur le gâteau, il a fait la différence dans le money time en inscrivant deux layups cruciaux pour empêcher les Californiens de revenir au score. Victoire 119-118 pour Orlando, au bout du suspense.

« C’est ce dont j’ai toujours rêvé », notait le héros de la partie. « C’est ce pourquoi je travaille dur, les moments importants comme ça. C’était amusant. »

C’était le deuxième triple-double de la carrière énigmatique de Markelle Fultz. Le premier remonte à sa première saison dans la ligue, et il était justement à l’époque le plus jeune joueur de l’Histoire à accomplir pareil exploit. S’il y a eu un gros passage à vide entre ses deux triple-doubles, le natif du Maryland semble avoir trouvé de la stabilité. Il est bien installé dans le cinq majeur du Magic, ce qui lui permet d’apprendre de ses erreurs et de progresser continuellement.

Ses statistiques ne font pas sauter au plafond mais elles restent correctes pour un joueur qui a mis beaucoup de temps à trouver sa place sur les parquets : 11,5 points à 46% et 4,5 passes en 27 minutes. Des chiffres qui sont amenés à augmenter petit à petit. Il manque encore de régularité mais le jeune basketteur a fait quelques très bons matches. Comme ses 25 points contre Brooklyn, le 6 janvier dernier, après avoir d’ailleurs pris la rencontre à son compte dans les instants clés.

« Il est très talentueux et je suis content de le voir trouver son rythme », déclarait Aaron Gordon après le match.

D’une certaine manière, Fultz est devenu le facteur X du Magic. S’il brille et passe un cap, sa franchise peut faire de même et s’imposer définitivement comme un candidat garanti aux playoffs. Pour l’instant, Orlando est septième avec 20 victoires en 41 matches. Mais il ne manque pas grand-chose pour que les Floridiens passent de la catégorie « chair à canon du premier tour » à « équipe difficile à sortir au premier tour. » Et ce petit truc, ça peut être le meneur de 21 ans.

Ça fait un sacré chemin parcouru depuis ses débuts à Philadelphie. Il était arrivé avec le statut de futur superstar mais aussi la pression qui va avec. Un rôle trop lourd à assumer pour le jeune homme. Une blessure étrange et persistante à l’épaule l’a fait dérayer mentalement, au point qu’il en a oublié comment shooter. Et après seulement 33 matches en deux ans, les Sixers ont décidé de lâcher l’affaire en l’envoyant au Magic.

« Ce que j’ai traversé me donne encore plus de motivation. J’ai bossé dur pour en arriver-là. J’ai traversé beaucoup de choses mais je n’ai jamais abandonné », assure l’intéressé.

C’est maintenant qu’il s’est repris en main que l’on se rend compte que les dirigeants d’Orlando ont peut-être fait une très bonne affaire en le récupérant en lâchant Jonathon Simmons et un pick. Ce nouveau départ a fait le plus grand bien à l’ancienne superstar universitaire.

« Ils ont confiance en lui et il a confiance en lui. Ils lui ont donné une opportunité de jouer comme il a toujours su le faire. Je suis heureux pour lui », confiait LeBron James, adversaire battu hier soir.

Markelle Fultz a retrouvé la confiance en lui et il n’hésite plus à shooter. Sa mécanique est nettement plus fluide et son 72% aux lancers témoigne des progrès accompli, même s’il est encore maladroit de loin (26%). Mais en attendant, il n’a même pas besoin d’arroser derrière l’arc. Il est tellement rapide balle en main qu’il arrive à se frayer un chemin vers le cercle. Comme cette nuit, quand il a fallu calmer les Lakers. Exactement comme il le faisait à la fac. « Je pense que ça se voit que j’étais un premier choix de draft », commente Fultz. « Maintenant, je laisse parler mon jeu. » Et sa voix se fait justement entendre de plus en plus fort.

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