Quelle est la meilleure saison rookie de l’Histoire ?

Quelle est la meilleure saison rookie de l’Histoire ?

De Michael Jordan à Wilt Chamberlain, un zoom sur ces joueurs qui retournaient la NBA dès leur première année chez les pros.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

S’il ne s’était pas blessé juste avant le coup d’envoi de la saison, Zion Williamson semblait en mesure de casser la baraque en NBA dès ses débuts. Pour preuve, la dizaine de matches joués par le numéro un de la draft 2019 à partir de janvier et ses 23 points de moyenne. Mais si ses premiers pas dans la ligue resteront dans l’Histoire en raison de la situation exceptionnelle – championnat arrêté, crise sanitaire – d’autres rookies ont été exceptionnels dès leur arrivée chez les professionnels. Dix exemples, avec du Michael Jordan, du Wilt Chamberlain, du David Robinson ou encore du Magic Johnson.

Michael Jordan

Statistiques 1984-1985 : 82 matches, 38 minutes, 28,2 points, 6,5 rebonds, 5,9 passes, 2,4 steals, 59,2 TS%, 14 « Win Shares »

Le documentaire « The Last Dance » offre une plongée dans l’univers et la carrière de Jordan. Avec évidemment un retour sur sa toute première année en NBA. Troisième choix de la draft à sa sortie de North Carolina, il s’est retrouvé au sein d’une franchise en perdition, rongée par la drogue (comme le reste de la ligue à cette époque), et très peu populaire à Chicago. Mais MJ a su faire des Bulls une équipe attractive en les ramenant sur le devant de la scène… et en playoffs. Avec des cartons et des envolées spectaculaires.

« A Star is born », titrait Sports Illustrated avec Jojo en couverture. Le public était aussi sous le charme. All-Star, le numéro 23 a été élu dans le cinq majeur de la Conférence Est dès sa première saison. Où il a finalement été boycotté par Isiah Thomas, jaloux de l’engouement autour de Jordan.

Oscar Robertson

Statistiques 1960-1961 : 71 matches, 42 minutes, 30,5 points, 10,1 rebonds, 9,7 passes, 55,5 TS%, 13,2 « Win Shares »

Quasiment un triple-double pour sa première saison NBA, ça vous classe un homme. En réalité, Oscar Robertson a même commencé sa carrière chez les pros avec 24 points, 12 rebonds et 10 passes. Le nouveau régent des Royals de Cincinnati. All-Star et même MVP du match des étoiles mais aussi nommé dans le premier cinq de la ligue à l’issue d’un exercice époustouflant. En revanche, et ce fut souvent le cas tout au long de sa carrière, ses performances individuelles n’ont pas permis à son équipe de décoller.

Shaquille O’Neal

Statistiques 1992-1993 : 81 matches, 38 minutes, 23,4 points, 13,9 rebonds, 1,9 passe, 3,5 blocks, 58,4 TS%, 10,4 « Win Shares »

Ah, Shaquille O’Neal rookie, et plus largement le Shaq du Magic, c’était époustouflant ! Moins bulldozer que sa version Lakers, un peu plus tard, mais terriblement charismatique. Un athlète surpuissant et agile capable de cavaler d’un bout à l’autre du parquet avant d’arracher l’arceau avec un dunk. Orlando était une franchise toute jeune – créée en 1989 – quand elle a hérité du premier choix de la draft 1992. Un pick qui a changé la destinée de l’organisation.

O’Neal est devenu le premier débutant depuis Jordan à être nommé All-Star dans le cinq majeur. Le Magic a décollé sous son impulsion, passant de 21 à 41 victoires tout en manquant de peu les playoffs.

Kareem Abdul-Jabbar

Statistiques 1969-1970 : 82 matches, 43 minutes, 28,8 points, 14,5 rebonds, 4,1 passes, 55,2 TS%, 13,8 « Win Shares »

Lew Alcindor, à l’époque ! Avant que l’intérieur se convertisse à l’Islam et devienne Kareem Abdul-Jabbar. Sensationnel à UCLA, il était le prospect à ne pas manquer en 1969. Un joyau que les Bucks et les Suns se sont arrachés… sur un coup du sort. Un pile-ou-face, gagné par la franchise du Wisconsin qui a alors bénéficié du premier choix de la draft. Mais même là, elle s’est retrouvée en concurrence avec les New York Nets, qui ont aussi pioché Alcindor… lors de la draft ABA. Le joueur a demandé aux deux équipes de faire une proposition. Il a accepté la plus juteuse. Direction Milwaukee.

Son arrivée a fait des Bucks la place forte de la NBA alors que l’organisation vivait seulement sa deuxième saison. De 27 à 56 victoires sous l’impulsion du deuxième marqueur et troisième rebondeur NBA cette année-là. Mais l’équipe s’est finalement fait sortir en finales de Conférence… avant de gagner le titre lors de la saison sophomore de Jabbar.

Larry Bird

Statistiques 1979-1980 : 82 matches, 36 minutes, 21,3 points, 10,4 rebonds, 4,5 passes, 1,7 steal, 53,8 TS%, 11,2 « Win Shares »

Larry Bird devait débuter sa carrière en pro un an plus tôt, en 1978. Il avait alors été drafté en sixième position par les Celtics. Mais il préférait alors terminer son cursus universitaire avec Indiana. Et c’est finalement en 1979, après avoir négocié son salaire, qu’il s’est pointé en NBA. Les premiers pas furent brillants. Sa présence a transformé la franchise mythique de Boston.

L’équipe du Massachussetts restait sur deux saisons sans qualification en playoffs. Seulement 29 victoires en 1979. Avec un Bird complet, la formation s’est à nouveau propulsée parmi les prétendants au titre. 61 succès sur l’année et une finale de Conférence perdue contre les Sixers. Avec là aussi, comme Jabbar, un titre dès l’année d’après.

Magic Johnson

Statistiques 1979-1980 : 77 matches, 36 minutes, 18 points, 7,7 rebonds, 7,3 passes, 2,4 steals, 60 TS%, 10,5 « Win Shares »

Pas de Bird sans Magic. Deux opposés, deux amis, deux frères et deux adversaires historiques débarqués en NBA la même année. Le meneur emblématique des Lakers est l’un des deux seuls joueurs de cette liste à avoir bouclé sa saison rookie sous les 20 points de moyenne. Mais quelle saison ! Johnson a marqué l’Histoire en devenant le premier débutant à être nommé ROY et… MVP des finales. Rien que ça.

Certes, il a eu la chance d’atterrir au sein d’une équipe de Los Angeles qui comptait déjà Abdul-Jabbar. Mais c’est justement après la blessure du pivot lors du Game 5 des finales 80 que Magic a été aligné au poste cinq dans le Game 6. Meneur, ailier, intérieur, il a tout fait sur cette rencontre. Pour finir avec 42 points, 15 rebonds et 7 passes. Une performance monumentale qui concluait en beauté une superbe première saison dans la ligue.

David Robinson

Statistiques 1989-1990 : 82 matches, 36 minutes, 24,3 points, 12 rebonds, 2 passes, 1,7 steal, 3,9 blocks, 59,7 TS%, 15,1 « Win Shares »

La saison rookie de David Robinson est absolument monstrueuse. Peut-être la plus impressionnante de ces quarante dernières années. La deuxième de cette liste en matière de « Win Shares » par exemple. Une statistique qui calcule l’impact d’un joueur sur le succès de son équipe. Et le pivot dominant a complètement changé les Spurs. Ils sont passés de 21 à 56 victoires avant de s’incliner en demi-finales de Conférence. Un record de progression à l’époque.

« L’Amiral » avait cependant 24 ans au moment de son entrée en NBA. Il était déjà mûr mentalement et physiquement. D’ailleurs, Robinson aurait pu venir en NBA dès 1987, après avoir été choisi en première position par San Antonio. Mais il est allé au bout de son engagement avec la marine américaine. D’où son surnom.

Wilt Chamberlain

Statistiques 1959-1960 : 72 matches, 46,4 minutes, 37,6 points, 27 rebonds, 2,3 passes, 49,3 TS%, 17 « Win Shares »

Comme toujours avec « Wilt the Stilt », les chiffres les impressionnants. Ça n’a aucun sens. 37 points, 27 rebonds. Surhumain. Jamais un rookie ne fera mieux. La NBA était bien différente à l’époque (et très raciste). Mais tout de même. ROY. MVP du All-Star Game. MVP. L’un des deux seuls rookies de l’Histoire à avoir été élu MVP. Seule déception : la défaite en finales de Conférence contre les Celtics de Bill Russell.

Wes Unseld

Statistiques 1968-1969 : 82 matches, 36 minutes, 13,8 points, 18,2 rebonds, 2,6 passes, 51,5 TS%, 10,8 « Win Shares »

Wes Unseld est le seul autre joueur à avoir été élu ROY et MVP la même année. En 1969, après avoir été drafté en première position par les Bullets (NBA)… et par les Colonels (ABA). Il a préféré rejoindre Baltimore en NBA. Et ça a de suite payé. Considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de sa génération, mais aussi comme un passeur exceptionnel depuis sa propre moitié de terrain, l’intérieur a ramené son équipe, en perdition, sur le devant de la scène dès ses débuts.

RIP Wes Unseld

Tim Duncan

Statistiques 1997-1998 : 82 matches, 39 minutes, 21,1 points, 11,9 rebonds, 2,7 passes, 2,5 blocks, 57,7 TS%, 12,8 « Win Shares »

Les Spurs savent à quel point ils ont eu de la chance de piocher Tim Duncan. Ils n’étaient pas censés disposer du premier choix de la draft 1997. Ils figuraient constamment parmi les contenders à l’Ouest grâce à la présence de Robinson. Puis le pivot All-Star s’est blessé. Toute l’année, ou presque. Sans lui, des éperons relégués au fin fond du classement. Et qui héritent donc du gros lot. Leur futur franchise player.

Duncan a eu un impact immédiat. De 20 à 56 victoires, suite aussi au retour de Dave. Une progression encore plus impressionnante que lors de l’arrivée de « l’Amiral » quelques années plus tôt. Avec un Timmy nommé dans le premier cinq NBA. Les Texans ne sont pas allé au bout cette année là… mais juste la saison d’après, en 1999. Leur tout premier titre.

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