Il y a 20 ans, Shaq et Kobe remportaient leur premier titre et lançaient une dynastie

Il y a 20 ans, Shaq et Kobe remportaient leur premier titre et lançaient une dynastie

Il y a 20 ans jour pour jour, Shaquille O'Neal, au sommet de son art, et Kobe Bryant remportaient leur premier titre et lançaient une dynastie du côté de LA longue de trois années.

Guillaume RantetPar Guillaume Rantet | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.

Larry Bird est nerveux. Très nerveux. Dans sa bouche, son chewing-gum en fait les frais. Arrivé il y a trois ans sur le banc des Indiana Pacers, il assiste au naufrage de ses hommes. Impuissant comme jamais. Surtout, il se demande par quel miracle il pourra arrêter ce rouleau compresseur qui écrase ses joueurs. Sans exception. Car si en ce 7 juin 2000, la cité des anges s'est muée en enfer pour Larry Legend, c'est bien à cause de lui. Lui fait 2m16 pour plus de 140 kilos. Lui, c'est Shaquille O'Neal.

Celui qui n'a pas mis longtemps pour devenir l'un des meilleurs pivots de la Grande Ligue a rejoint les Los Angeles Lakers en 1996 dans l'espoir d'enfiler une bague sur sa (très très) grosse main. Et d'oublier définitivement le sweep qu'il a connu en finales face aux Houston Rockets d'Hakeem Olajuwon. C'était il y a cinq ans. Quatre défaites ponctuées par de grosses performances du Shaq. Par des larmes sur son visage, aussi. Depuis, il s'était remis en ordre de marche. Se promettant de revivre cette épopée, mais, cette fois, d'en sortir vainqueur. Pour cela, « The Diesel » avait passé la vitesse supérieure. Revenant plus fort qu'avant. Ce 7 juin 2000 en fut la preuve.

Shaquille O'Neal entre Michael Jordan et Rick Barry

Le parcours du Magic cinq ans plus tôt trottait toujours dans sa tête. Shaquille O'Neal s'en souvenait comme si c'était hier. Alors lorsqu'il apprit le nom du futur adversaire des Lakers en finales NBA, il se remémora le temps passé. Encore une fois. Ces sept manches entre le Magic et les Pacers. Ces treize dernières secondes complètement folles du Game 4 qu'il avait vécues depuis le banc de touche car exclu. Et, bien sûr, cette victoire finale qui lui a permis de disputer une finale trois ans après avoir été drafté en Floride. Battre les Pacers de Reggie Miller ? Shaq l'avait déjà fait. Il comptait donc bien se rappeler aux bons souvenirs de la franchise d'Indianapolis.

Ce 7 juin 2000, le Staples Center bouillonne. Les fans de LA n'ont plus connu de finales depuis 1991. Ils espèrent que leur pivot, mais également leur arrière, un certain Kobe Bryant, ramèneront un titre en Californie neuf ans après l'échec de leur équipe face aux Bulls. Des deux hommes, ce sera le premier qui brillera le plus. Il termine la première manche avec 43 points, à 21/31 au shoot, 19 rebonds et 3 contres. Le score : 104-87. Les Lakers ont fait le boulot. Shaq aussi.

Avec ses 21 paniers, il était à deux doigts d'égaler le record d'Elgin Baylor et de Rick Barry, qui avaient tous deux inscrit 22 panier lors d'un match de finales. Seuls Jerry West et Michael Jordan ont su réaliser la performance qui fut celle du Shaq ce soir-là. Le pivot impressionnait. Ou plutôt continuait à impressionner.

Shaq fête le début du millénaire

En ce début de millénaire, Shaquille O'Neal était au sommet de son art. La preuve : il venait de terminer pour la troisième (et dernière) fois de sa carrière meilleur scoreur au nombre de points inscrits. Ses 2 344 pions lui avaient ouvert le chemin vers le premier (et dernier) titre de MVP d'une carrière longue de dix-neufs années. À l'entame des playoffs, sa première proie, Sacramento, l'avait vu inscrire 46 points lors du Game 1. Puis, au deuxième tour, il frappe de nouveau d'entrée avec 37 points face aux Suns. Enfin, en finale de conférence, les Blazers ne peuvent l'empêcher de planter 41 points dès le début de la série.

Portland aurait bien pu mettre fin aux rêves de titre des Lakers et de leur MVP. Et pour cause : les Blazers menaient 75-60, avant d'être victimes du plus gros come-back de l'histoire lors d'un Game 7. En claquant un dunk d'une main sur un alley-oop servi par Kobe Bryant, Shaq offrait à son équipe un avantage décisif à 85-79 à 42 secondes de la fin du match. Le Staples Center rugissait. Une première fois.

 

Le Hack-a-Shaq poussé à son paroxysme

Larry Bird n'a pas eu longtemps pour réfléchir suite à ce premier chef d’œuvre du Shaq. En guise de remède, il tente la fameuse option du « Hack-a-Shaq » déjà expérimentée lors du tour précédent. Le pivot avait ainsi shooté 27, 17, 12, 9, 12, 10 et 12 lancers-francs lors des matches face aux Blazers. Larry Bird décide donc de (ré)appuyer là où ça fait mal. Très fortement. Au point que ce Game 2 entre dans le livre des records : jamais personne d'autre que Shaquille O'Neal n'a tiré 39 lancers-francs en playoffs (en saison régulière, le record appartient à Dwight Howard, auteur de 39 shoots sur la ligne à deux reprises, au Magic et aux Lakers). Il en rentrera 18. Alors que Kobe Bryant, victime d'une entorse de la cheville, avait dû quitter ses coéquipiers lors du deuxième quart-temps, Portand croyait tenir l'arme qui lui permettrait de s'assurer une première victoire. À tort.

« Avec Shaq sur la ligne et sans Kobe, nous avions un opportunité en or. Mais nous l'avons laissé filer », déclare Reggie Miller après le match dans des propos rapportés par le New York Times. « Qu'est-ce que l'on peut dire ? Quand un joueur fait un back-to-back à 40 points, il faut le féliciter. »

La feuille de stat du héros des Lakers ? 40 points, 24 rebonds, 4 assists et 3 contres. Le score final ? 111-104. En l'obligeant à tirer 16 lancers-francs lors des douze dernières minutes de jeu, les Blazers ont fait durer le dernier quart-temps 48 minutes. Leur stratégie aurait même pu s'avérer payante. Ils reviennent ainsi à 96-99 dans les derniers instants du match. Scrutent du regard le Shaq pour faire faute. Encore. Finalement, il passe le ballon à Robert Horry. Qui shoote. And one. Les Blazers ne reverront plus les Lakers.

Un nouveau massacre anti-Lakers

Lors du Game 2, Shaquille O'Neal a su faire sans Kobe Bryant. Mais l'absence du Black Mamba sera fatale aux Lakers lors du match suivant. Shaq inscrit 33 points et récupère 13 rebonds. En vain : son équipe s'incline 100-91. Il continuera sur ce rythme lors du Game 4 (36 points et 21 rebonds) et, épaulé par un Kobe Bryant serrant les dents pour forcer son retour, mène les siens vers une victoire à l'arrachée en prolongation (120-118). Son équipe n'est plus qu'à un match du titre suprême.

Direction Indianapolis, où il tentera de réitérer l'exploit. Décidément accrocheurs, les Pacers prouvent qu'il faudra continuer de compter sur eux en infligeant un 120-87 aux Lakers. Une déroute que la franchise n'avait plus connue en finales depuis 1985 et le « Memorial Day Massacre » face aux Celtics. Pour ce qui restera comme le dernier match en tant que coach de Larry Bird à Indiana, O'Neal signe un nouveau double-double à 35 points et 11 rebonds. Si les Pacers sont de retour, lui n'est jamais parti.

Le début d'une dynastie

Près de 19 000 supporters des Angelenos étaient présents au Staples Center pour voir l'histoire de 1988 se répéter devant leurs yeux. 18 997 fans, précisément, étaient assis dans l'enceinte de LA pour fêter le nouveau sacre des leurs douze ans après le dernier. Leur molosse a terminé la série en beauté. Avec 41 points, 12 rebonds, un titre de MVP des finales, une ovation de son public et un discours plein d'ambitions adressé à celui-ci.

« Nous en gagneront encore un autre l'année prochaine », lâche-t-il ainsi au micro lors de la cérémonie du titre.

Sous l'euphorie de la victoire, Jerry Buss, le proprio de la franchise, n'y va pas de main morte lorsqu'il évoque son champion :

« Je n'ai jamais vu un joueur autant dominer comme ça. Jamais. Bien sûr Wilt Chamberlain était très spécial, mais honnêtement, il a certainement disputé le meilleur basket jamais joué. »

Puisque Shaq se veut être un homme de parole, il remettra le couvert en 2001 et en 2002. Menant son équipe vers le « three-peat ». Celui qui a tourné à 38 points, 16 rebonds et 2 contres par match lors de cette série face aux Pacers sera également nommé MVP des finales lors des deux prochains titres. Durant ces trois années, il prouvait qu'il resterait dans l'histoire comme l'un des meilleurs pivots de l'histoire de la Grande Ligue. Que si certains l'appelaient « The Diesel », « Big Cactus », ou tout simplement « Shaq », il méritait également le surnom suivant : « The 8th Wonder » (la 8ème merveille du monde).

Un retour sur le titre des Los Angeles Lakers en 2000

Les Highlights de Shaquille O'Neal lors des finales NBA 2000

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