Paul George était l’arbre qui cachait énormément de choses aux Indiana Pacers. Avec son trade (ainsi que celui de Jeff Teague dans une moindre mesure), la franchise a perdu un atout fondamental sur le terrain.

En coulisses, le départ de Larry Bird a été un second chamboulement assez important. L’historique président laisse Indiana après des années de loyaux services. Il faut maintenant reconstruire et cela, dès cette saison.

Pour cela, l’équipe va tenter des paris qui ne sont pas tous certains d’être gagnants. On ne doute pas de l’immense talent de Myles Turner. L’intérieur va être propulsé comme option principale en attaque. S’il est trop mal entouré pour aller en playoffs, il va montrer qu’il est capable de voler de ses propres ailes.

La bande son de leur saison : « Ike et Tina Turner »

Malheureusement pour lui, à l’image de la grandiose Tina, Turner va être freiné par un partenaire un peu trop envahissant et pas forcément à son niveau.

C’est peut-être déjà la dernière chance pour Victor Oladipo. Après des débuts mitigés au Magic, il n’est pas parvenu à assumer son rôle de lieutenant au Thunder. À Indiana, sans pression et avec de grosses responsabilités, il doit prouver qu’il a les moyens d’être un des deux meilleurs joueurs d’une franchise NBA. Or, l’Histoire l’a prouvé : Ike n’a jamais été au niveau de Tina. Malgré un timbre de voix honnête pour l’ancien d’Oklahoma City.

Le problème pour Indiana, c’est que dans le cas d’Oladipo, il va évacuer sa frustration autrement, sur le parquet plutôt. Tant mieux pour la santé de Turner, moins pour les pourcentages du joueur.

Autour, les Indiana Pacers ont réalisé quelques ajustements avec les arrivées de joueurs confirmés comme Bojan Bogdanovic, Cory Joseph ou Darren Collison. Un recrutement malin qui donne pourtant l’impression d’un effectif sérieux mais limité. Et ce, même pour la Conférence Est.

Le casting des Indiana Pacers

Le cinq attendu des Indiana Pacers : Darren Collison - Victor Oladipo - Bojan Bogdanovic - Thaddeus Young - Myles Turner

Le backcourt peut apporter de bonnes choses des deux côtés du terrain. Malgré tout, à part si Oladipo surprend tout le monde en explosant (enfin), ça ne devrait pas non plus gagner de nombreux matchs. Pour cela, il va falloir miser sur la solide raquette Young-Turner, habituée à jouer ensemble. A l’aile, Bogdanovic va devoir apporter de l’adresse extérieure et justifier son nouveau contrat.

Par contre, si le cinq montre quelques limites, le banc de touche est plutôt correct pour une équipe de ce standing. Cory Joseph, Glenn Robinson III, Domantas Sabonis, Lance Stephenson et Al Jefferson : de bons joueurs sans être exceptionnels. A l’image de l’équipe.

Le scénario

La saison risque forcément d’être moins aboutie que la dernière en date. Par contre, quelque chose devrait continuer : les Indiana Pacers vont être la bête noire, la Kryptonite des bookmakers.

Cette équipe est capable du pire comme du meilleur. Un soir où tout rentre, dans le sillage d’un excellent Turner, ils peuvent réussir une victoire de prestige. Par contre, sur le long terme, on devrait plus souvent être habitué à voir l’équipe patauger, en recherche d’un leader qui n’existe pas encore.

Leur exercice 2017-2018 s’annonce vraiment déroutant, avec des joueurs qui risquent de montrer leurs limites. La seule raison de s’enthousiasmer reste la philosophie de jeu de Nate McMillan. S’il ne va pas gagner beaucoup de matchs, il devrait au moins lâcher les chevaux et attaquer dans tous les sens. Quitte à perdre, autant le faire avec panache.

L’acteur à suivre : Myles Turner

Dans un moribond Indiana, il va être cette éclaircie, cette étincelle prête à prendre feu chaque soir. Après deux saisons à laisser la lumière à Paul George, c’est à lui de montrer qu’il peut cartonner en solo.

À seulement 21 ans, l’intérieur d’Indiana dispose déjà d’un arsenal assez dingue. En défense, il sait se montrer performant grâce à sa mobilité et sa protection du cercle. LeBron James s’en souvient encore.

Offensivemment, il suit les traces d’une de ses idoles, LaMarcus Aldridge. Comme le joueur des Spurs, Turner a développé un tir extérieur déjà très correct et qui devrait progresser.

Surtout, le joueur des Pacers a faim. Il a déclaré plus d’une fois vouloir prendre ses responsabilités et tirer l’équipe vers le haut. Si le bilan collectif devrait être décevant, Myles Turner va régaler. Il est clairement candidat au titre de MIP.

La note League Pass

4/10. Le problème des équipes sans réelle superstar (pour le moment), c’est que leur jeu devient vite une bouillie de basket quand l’opposition est un peu élevée. Même Lance Stephenson n’arrive pas à susciter autant d’intérêt qu’avant.

Le saviez-vous

Lance Stephenson est un homme à part. Il a besoin d’affection et les gens ne lui en donnent pas assez à son goût. Par conséquent, chaque année, ils se souhaitent son propre anniversaire sur Instagram. On est jamais mieux servi que par soi-même.