Pourquoi les Pacers font un bon coup avec Pascal Siakam

Pourquoi les Pacers font un bon coup avec Pascal Siakam

Les Indiana Pacers ont sacrifié trois picks et deux joueurs pour faire venir Pascal Siakam. Un move qui montre leurs ambitions.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

Les Indiana Pacers ont envoyé un message à leurs supporters, au reste de la ligue mais surtout à Tyrese Haliburton mercredi. En sacrifiant trois premiers tours de draft pour récupérer Pascal Siakam, le joueur le plus convoité du marché actuel, ils affichent au grand jour leurs ambitions pour cette saison mais surtout pour celles à venir. La franchise croit en sa superstar – Haliburton – et tient donc à l’entourer dès maintenant avec d’autres talents susceptibles de faire de cette équipe un candidat sérieux à l’Est dans un futur proche.

Pascal Siakam tradé à Indiana !

Le meneur All-Star va fêter ses 24 ans fin février et ça peut donner l’impression que les Pacers ont le temps. Mais les fenêtres de tir sont traditionnellement courtes en NBA. Ou, du moins, elles sont rarement ouvertes aussi longtemps qu’elles n’y paraissent au premier abord. Si un joueur est prêt, alors son équipe se doit de l’être aussi. Le « Prince Hali », qui pèse 23 points et 12 passes pour sa cinquième saison chez les pros, a l’air prêt. Alors autant accélérer le processus.

Siakam ne suffit pas à faire de l’équipe d’Indianapolis – actuellement septième de sa Conférence avec 23 victoires et 17 défaites – une vraie menace à l’Est. Mais il devrait former un duo très excitant avec Haliburton.

« Nous sommes très excités d’accueillir Pascal. (…) Nous avons le sentiment que son arsenal offensif unique complète parfaitement notre manière de jouer tandis que sa polyvalence défensive sera un atout pour notre équipe », note le président des opérations basket Kevin Pritchard.

Pascal Siakam, deuxième star au côté de Tyrese Haliburton

Pascal Siakam Raptors Toronto Sacramento Kings

Derrière les habituelles formules de politesse concernant l’arrivée d’un nouveau joueur, le dirigeant met le doigts sur les points forts du Camerounais. Le terme « unique » est presque un euphémisme pour caractériser sa manière très particulière de claquer plus de 20 points par match chaque saison depuis 2019.

C’est un joueur qui est arrivé dans la ligue par la petite porte (27eme choix de draft en 2016) et qui s’est d’abord contenté des miettes. Il s’est fait une place en tant qu’intérieur défensif qui met du peps en sortie de banc. Sa progression depuis est absolument spectaculaire et elle en dit long sur la capacité des Toronto Raptors à développer leurs jeunes.

Pascal Siakam n’a pas un point fort très précis ni un style vraiment défini. Il est athlétique, agile tout en étant atypique et pas forcément fluide, capable de scorer de différentes manières sans être un sniper. Il va pouvoir s’affirmer en tant que deuxième playmaker aux Pacers. Ce sera aussi un partenaire idéal sur pick-and-roll avec Tyrese Haliburton, une menace permanente en transition, une option intéressante au poste bas et une solution intrigante en pivot dans des configurations « small ball. »

Il va pouvoir remplacer en partie ce que faisait Bruce Brown (envoyé à Toronto) mais aussi offrir à sa nouvelle équipe une deuxième option offensive de qualité. Ce transfert le poussera peut-être aussi à retrouver une certaine intensité en défense. Les Pacers sont catastrophiques à ce niveau : ils encaissent 119 points sur 100 possessions (27eme en NBA). Sa seule présence ne peut pas tout changer mais il est à même de ralentir quelques-uns des meilleurs attaquants adverses en switchant sur plusieurs possibles. Il y a enfin un stoppeur potentiel pour combler quelques brèches.

Une contrepartie pas si élevée

La contrepartie est plus que correcte pour Indiana. Trois picks, ça peut sembler beaucoup à première vue. Mais dans le détail, les Pacers s’en sortent bien. Ils ont envoyé leur choix de draft en 2024. Sauf accident, celui-ci sera situé au-delà de la 15eme place. Il est très peu probable que le joueur sélectionné à ce moment-là deviendra un jour un multiple All-Star comme « Spicy P. » et encore moins durant les premières années de sa carrière.

L’autre pick 2024 cédé en contrepartie sera le moins bien placé entre ceux du Utah Jazz, du Oklahoma City Thunder, des Houston Rockets et des Los Angeles Clippers. Donc a priori autour du 25eme choix. Là encore, pas une vraie perte. Même constat. Quant au dernier tour de draft, il s’agit de celui des Pacers en 2026, protégé top-4. Haliburton sera pleinement dans son prime et, sauf blessure, Indiana devrait être un sérieux candidat aux playoffs.

La durée de vie des picks 2024 était limitée puisqu’il ne reste plus qu’un mois pour faire des échanges. Il n’y avait pas vraiment de joueur plus fort que Siakam sur le marché. Jordan Nwora tournait à 5 points par match et le front office n’a sacrifié aucun des jeunes joueurs qui constituent le noyau dur de l’équipe.

Les Bennedict Mathurin, Jarace Walker, Andrew Nembhard, Isaiah Jackson ou Jalen Smith feront peut-être partie d’un autre package. Parce que ce move n’est pas le dernier pour Indiana. Le tandem formé par Tyrese Haliburton et Pascal Siakam peut éventuellement faire gagner une série à l’organisation dès cette saison. Mais il manque encore un talent pour hisser cette équipe dans la même catégorie que les Boston Celtics, les Milwaukee Bucks ou les Philadelphia Sixers.

Une troisième star à venir ?

Le nom de Paul George, ex-superstar de la franchise, aurait été ciblé en vue de la prochaine Free Agency. Mais ce dernier devrait rester aux Clippers. Cela montre cependant que les Pacers sont prêts à sortir le chéquier pour attirer un autre joueur majeur. Avec leurs picks, leurs jeunes et certains assets comme Buddy Hield, ils ont des atouts à faire valoir pour monter un autre trade dans les mois à venir.

Siakam va avoir 30 ans en avril et il n’est pas tout à fait aligné sur la courbe de progression d’Haliburton. Mais c’est un joueur qui a déjà su se mettre au second plan et dont les qualités pourraient en faire une troisième option ou un joueur de devoir de luxe lors de la deuxième partie de sa carrière. Du moins s’il joue pour un candidat au titre. Il est possible de l’imaginer se mettre petit à petit en retrait au fil des années tout en se concentrant sur les petits détails qui font gagner une équipe.

NBA PASCAL SIAKAM Raptors

Encore faut-il qu’il reste dans l’Indiana. En effet, son contrat arrive à expiration en juin prochain. Son entourage aurait plusieurs fois fait planer la menace d’une volonté de rester libre jusqu’en juillet pour décider de son avenir. Mais c’était peut-être surtout pour garder un contrôle sur sa prochaine destination à partir du moment où son départ de Toronto devenait inévitable. Selon les premiers éléments rapportés par Adrian Wojnarowski et Shams Charania, il se verrait déjà prolonger avec les Pacers.

Dans l’Ontario, c’est une page qui se tourne. C’est officiellement la fin d’une époque puisque Pascal Siakam était le dernier joueur à avoir fait partie de l’équipe sacrée en 2019. Bienvenue dans l’ère Scottie Barnes. La franchise lui appartient désormais. Le trade d’OG Anunoby puis celui réalisé mercredi montrent que le front office a enfin choisi une direction. Ils vont reconstruire.

Les 5 points clés à retenir du trade d’OG Anunoby

Ça semblait tellement évident ! C’est même dingue que les Raptors n’aient pas pris cette voie plus tôt. L’équipe est médiocre – mais capable de bien figurer par moments – depuis deux ans maintenant. Malgré ça, Masai Ujiri a sacrifié des picks pour faire venir Jakob Poeltl en février dernier. Il a laissé Fred VanVleet partir sans contrepartie et il n’a pas voulu reproduire la même erreur avec Siakam. Les Canadiens ont désormais de la flexibilité et des jeunes pour se reconstruire. Il faudra juger sur la durée.

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