Et si les Knicks allaient finalement dans la bonne direction ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Les New York Knicks ont raté les gros poissons. C'est évidemment décevant, mais leur manière de rebondir pousse à se montrer optimiste.

Il fallait s'y attendre. Les New York Knicks sont moqués, critiqués. Un peu pris en pitié, aussi. Leurs fans sont pour la plupart désespérés. Les autres n'ont qu'une envie : mettre le QG de James Dolan à la Madison Square Garden Company à feu et à sang. Le propriétaire de la franchise est évidemment au cœur de cette colère. C'est lui qui avait annoncé que la free agency 2019 des Knicks serait un succès avec le recrutement de grands noms. Et c'est en partie par sa faute qu'aucun desdits grands noms n'a finalement rejoint Manhattan. Dolan et la culture du dysfonctionnement qu'il a instaurée à New York ont effrayé, qu'ils veuillent bien l'avouer ou non, deux joueurs qui voulaient absolument rejoindre Big Apple : Kevin Durant et Kyrie Irving. Les deux All-Stars ont été davantage séduits par la sobriété des Brooklyn Nets. C'est justement ce modèle que semblent vouloir imiter les Knicks désormais.

Il y a de l'idée. Après avoir tiré à boulets rouges sur l'incapacité des Bockers à signer un crack, reconnaissons leur une idée directrice intéressante. Si on met de côté le fait qu'il s'agit des New York Knicks, rebaptisés les "Kazoos" par Zach Lowe pour l'incohérence de leur stratégie depuis 20 ans, la stratégie adoptée a du sens. Une fois passés à côté des gros poissons, les Knicks ont enchaîné les signatures avec une certaine réflexion.

Pour une fois, les Knicks ont planché

Des contrats courts (ou du moins avec des options au bout de deux ans) et de l'argent posé sur des joueurs relativement jeunes et talentueux qui ne pèseront pas sur les finances à long terme.

  • Julius Randle, 24 ans, 63 millions sur 3 ans.
  • Bobby Portis, 24 ans, 31 millions sur 2 ans.
  • Elfrid Payton, 23 ans, 16 millions sur 2 ans.

Des vétérans, eux aussi pour une courte durée, capables d'encadrer la progression des éléments les moins expérimentés mais les plus cruciaux pour l'avenir, à savoir RJ Barrett, Mitchell Robinson, Kevin Knox et Dennis Smith Jr. On aimerait inclure Frank Ntilikina, mais on ne sait toujours pas ce qu'il adviendra de lui.

  • Taj Gibson, 34 ans, 20 millions sur 2 ans.
  • Wayne Ellington, 31 ans, 16 millions sur 2 ans.
  • Reggie Bullock, 28 ans, 21 millions sur 2 ans.

En gros, New York mise sur la flexibilité, mais aussi sur la possibilité qu'un noyau dur se créé et donne envie à des joueurs plus référencés de rejoindre Gotham. Certains joueurs à la relance pourraient exploser, comme l'a fait D'Angelo Russell à Brooklyn. D'autres, déjà présents, pourraient prendre une autre dimension et devenir un argument de vente. La mayonnaise pourrait prendre et faire sortir l'équipe des bas fonds de la Conférence Est. Ce ne sont que des suppositions. Mais c'est cette rigueur et cette impression que les choses sont maîtrisées que les Knicks vont tenter d'emprunter aux Nets.

L'avenir, c'est le trio Barrett-Knox-Robinson

Elfrid Payton, l'une des recrues de consolation, a tenté d'expliquer pourquoi ce qui ressemble pour une fois à un projet l'a convaincu.

"Je pense que l'on peut être vraiment bons. Nous avons des jeunes talents comme RJ Barrett et Kevin Knox. Puis des 'vétérans' assez jeunes comme Julius Randle, Bobby Portis, Reggie Bullock et moi. Avec Taj Gibson qui est un vrai joueur d'expérience qui a été loin en playoffs, on a un bon mix de gars capables de créer quelque chose de spécial. Les fans vont finir par aimer ce groupe. C'est naturel qu'il y ait de la déception quand tu passes à côté de gars comme Kevin Durant ou Kyrie Irving. Mais je pense qu'on va incarner ce qu'était le basketball à New York par le passé. Des gars durs, qui jouent avec une motivation supérieure parce qu'ils ont quelque chose à prouver", a-t-il expliqué chez Hoopshype.

Pour sortir de la médiocrité, Brooklyn est donc l'exemple. Il s'agira de montrer qu'il y a les bases d'un groupe solide, relativement compétitif (donc pas à la lutte pour la 15e place) et qui évolue dans une atmosphère saine et professionnelle. Les fans ne doivent pas s'attendre à rejouer les playoffs immédiatement malgré les attentes qui ont précédé cette free agency. Mais si David Fizdale mène bien sa barque, convainc tout le monde de défendre et développe une identité de jeu, il pourrait y avoir de quoi frémir un peu au Garden cette année. Le gap est évidemment immense entre le fantasme d'un duo KD-Kyrie ou d'une équipe emmenée par Kawhi Leonard, mais c'est le prix à payer pour un retour à la normale.

Les ambitions futures des New York Knicks dépendront désormais dans tous les cas de ce dont seront capables RJ Barrett, Kevin Knox et Mitchell Robinson. Les trois jeunots ont été sciemment choisis, pas subis. Si le Canadien devient aussi fort que son potentiel ne le laisse supposer, peut-être n'y aura-t-il pas besoin de se relancer dans la quête d'un franchise player. Si Knox est un peu moins irrégulier offensivement, nul besoin de chercher une deuxième option ou un lieutenant dans les années à venir. Quant à Mitchell Robinson, sa capacité à protéger le cercle et à cavaler d'un arceau à l'autre peut faire de lui un titulaire très fiable au poste 5. Et si se joignent à ce noyau des joueurs qui ont envie de s'investir au-delà de cette nouvelle période de transition, c'est que le boulot aura été bien fait.