93 PHI
112 WAS
107 BKN
123 TOR
133 MIA
144 HOU
116 NYK
117 NOP
104 SAS
91 MEM
124 GSW
103 LAL

Avec KD et Kyrie, Brooklyn veut « Dream Big »

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Brooklyn Nets ont frappé un très grand coup en signant conjointement les superstars Kyrie Irving et Kevin Durant cette nuit.

Les Brooklyn Nets ont été déclarés vainqueurs de cette Free Agency, par K.O., avant même le début du combat. Il n’était même pas encore minuit en France quand Adrian Wojnarowski a annoncé la grande nouvelle avant l’ouverture officielle du marché. Kevin Durant et Kyrie Irving évolueront donc ensemble dans la Grosse Pomme. C’était pressenti. Les rumeurs autour d’une future association des deux grands amis faisaient déjà surface il y a plusieurs mois. Avec New York comme destination potentielle. Mais alors qu’ils étaient attendus aux Knicks, ils ont finalement choisi les Nets.

C’est une lourde défaite pour les rivaux de Manhattan, dépassés par les voisins de l’autre côté de l’East River. Probablement en partie de la faute à James Dolan, propriétaire excentrique des Knicks qui aurait par ailleurs refusé d’offrir le maximum à Durant en raison de sa blessure au tendon d’Achille. Ces deux signatures viennent confirmer ce qui a déjà été aperçu sur le terrain depuis plusieurs mois : les Nets sont devenus l’équipe phare de la ville. Et ce n’est probablement que le début d’une nouvelle ère pour le quartier popularisé par les rappeurs Notorius B.I.G. et Jay-Z (ex-actionnaire minoritaire des Nets et dont l’agence représente KD et Kyrie).

C’est une sacrée revanche pour Brooklyn. L’organisation était au fond du trou il n’y pas si longtemps. La risée de la ligue à la suite du fameux (infâme) transfert réalisé par son ancien GM Billy King en 2013. Mis sous pression par le propriétaire russe Mikhaïl Prokhorov, le dirigeant avait fait venir les usés Paul Pierce et Kevin Garnett en plus de Joe Johnson. Tous étaient déjà sur le déclin. Pourtant, les Nets ont cédé tous leurs assets en blindant leur masse salariale. Et ça n’a évidemment pas fonctionné. Ils n’ont pas fait mieux qu’un second tour de playoffs en 2014.

Un modèle de reconstruction

En février 2016, Sean Marks a hérité du navire en perdition complète. Le Néo-zélandais avait alors la lourde tâche de relever le club sans marge de manœuvre financière et sans choix de draft. Ou presque. Il a rafistolé le vaisseau morceau après morceau. D’abord en nommant Kenny Atkinson sur le banc. Puis en effectuant quelques belles affaires. Quelques paris aussi. Il a su récupérer des joueurs indésirables ailleurs – Spencer Dinwiddie, Joe Harris – qui ont progressé auprès d’Atkinson. Il a su échanger des vétérans peu intéressants contre des choix de draft en fin de premier tour. Et il a trouvé les bons jeunes, comme Caris LeVert ou Jarrett Allen.

Le travail a payé. Les Nets ont retrouvé les playoffs cette saison, moins de quatre ans après avoir touché le fond. Le management a construit peu à peu une culture de la gagne qui a rendu la franchise attractive. Même si, quelque part, ces signatures de Kyrie Irving et Kevin Durant sont, encore une fois, surtout un symbole de la défaite des Knicks, boudés une fois de plus par les meilleurs joueurs de la ligue. Sans rien enlever à Brooklyn. C’est maintenant l’équipe à suivre en NBA.

Brooklyn's Finest

Kevin Durant

KD sera absent la première année mais il aura au moins le plaisir d’évoluer dans un nouvel environnement où l’excitation bat son plein. Il n’a pas à se précipiter, Irving tiendra la baraque en attendant. Avec plein de bons joueurs de complément autour de lui : Dinwiddie, LeVert, Harris, Allen mais aussi Taurean Prince, Rodions Kurucs, Dzanan Musa et les autres recrues Garrett Temple (10 millions sur deux ans) et DeAndre Jordan (40 sur quatre ans). C’est très solide. Pas assez pour jouer le titre mais suffisant pour poser les bases et peut-être même faire un peu mieux que l’an dernier.

Si Durant revient à son meilleur niveau – pas une garantie après une telle blessure – Irving retrouvera un rôle de lieutenant de luxe sans doute plus en raccord avec ses qualités. C’est un grand « si ». Mais un « si » qui vaut le coup d’être tenté, même pour 161 millions sur quatre ans, le montant du contrat signé par le MVP des finales 2017 et 2018. Le plus dur commence pour les Nets. Ils sont désormais au centre de toutes les discussions. Ils ne peuvent plus bosser dans l’ombre. La pression est clairement sur les épaules de l’organisation toute entière.

Mais, quelque part, c’est le but. Arriver tout en haut. Et avec Kevin Durant et Kyrie Irving, Brooklyn peut enfin rêver grand.