Les Blazers ont été grands ensemble

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

La qualification des Portland Trail Blazers pour les finales de Conférence Ouest est d’abord la victoire d’un collectif qui est constamment resté soudé.

Imaginez les Portland Trail Blazers gagner une série où Damian Lillard a été très bien défendu. Au point d’être limité à 40% aux tirs et 28% derrière l’arc. Une série où l’absence de Jusuf Nurkic, blessé, s’est clairement fait ressentir. Le Bosnien est le patron de la défense. Sans lui, Nikola Jokic s’est souvent baladé dans la raquette. Une série où la franchise de l’Oregon a été menée 2 manches à 3, un handicap finalement très compliqué à remonter. Beaucoup d’équipes auraient paniqué dans la même situation. D’ailleurs, dans la majeure partie des cas, celle qui perd le Game 5 finit par s’incliner. Pas cette fois.

Une série où ils ont joué un match conclu après quatre prolongations. Un Game 3 décisif avec le recul. Cette rencontre, les Blazers auraient même dû la perdre. Ils ont été menés à chaque fois dans les derniers instants de chaque OT. Ils ont toujours trouvé les ressources pour revenir, jusqu’au panier pour la gagne de Rodney Hood.

Une série où ils ont joué un Game 7 loin de leur terre, à Denver, en haute altitude. Les Nuggets avaient le deuxième meilleur bilan à domicile pendant la saison régulière et ce n’est pas un hasard. Il n’est jamais facile d’aller gagner dans le Colorado. Et forcément encore moins quand l’équipe locale est aussi forte que cette année. Devant un public hostile, après avoir compté 17 points de retard, avec un Lillard maladroit et encore une fois bien tenu… et pourtant ils l’ont fait quand même !

Les Blazers sont allés chercher une qualification assez incroyable. Au courage. Aux forceps. Au talent, aussi. Celui de C.J. McCollum. Un très grand McCollum. Quel joueur. Il n’est pas officiellement un All-Star mais c’est tout comme. Car il a, comme les meilleurs joueurs de cette ligue, la capacité de se créer son propre tir à n’importe quel moment et de n’importe quel zone du terrain. 37 points à 17 sur 29. Des uns-contre-uns parfaitement négociés. Avec des tirs énormes car très difficiles dans la création et très importants dans leur timing. Il ne s’est pas caché et il a assumé ses responsabilités en prenant à sa charge le scoring dans les moments les plus importants de la partie. Et il les a mis. Les trois derniers paniers du match notamment pour Portland – sans compter les lancers-francs – dont le game winner.

McCollum a été sur toute la série. 23,6 points, 45% aux tirs et 37% à trois-points en sept rencontres. Mais il a aussi haussé son niveau de jeu lors des Games 6 et 7. Les deux « win or go home » pour les Trail Blazers. Il a su profiter de l’énorme attention accordée par la défense des Nuggets à Damian Lillard. Il n’a pas flanché. Ça fait de lui la vraie deuxième star de son équipe.

Cette victoire, c’est aussi celle d’un Zach Collins. Jeune intérieur toujours énergie. Précieux dans le Game 6. Précieux également hier soir, quand les siens couraient après le score en première mi-temps. La victoire d’un Enes Kanter, encore en double-double (12 pts, 13 rbds). L’intérieur turc a capté quelques rebonds très importants dans le quatrième quart temps. La victoire d’un Evan Turner, déterminé sur ce Game 7 qu’il a terminé avec 14 points et 7 rebonds. L’ancien deuxième choix de draft est parfois très brouillon en attaque. Mais hier soir, il n’a pas hésité à défier ses vis-à-vis pour imposer sa domination physique. Il a aussi conclu le match sur la ligne, sans trembler.

Au final, c’est la victoire d’un coach, d’un groupe, d’une équipe. Des Portland Trail Blazers que personne n’attendait aussi loin dans la compétition avant le début des playoffs. Sauf eux-mêmes peut-être. Ils ont vu grand. Ils ont été grands. Ensembles.