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Shai Gilgeous-Alexander, le « steal » des Clippers

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Los Angeles Clippers ont fait une bien belle affaire en piochant Shai Gilgeous-Alexander le soir de la draft en juin dernier.

Shai Gilgeous-Alexander a quelque peu gâté la tentative de comeback héroïque des Los Angeles Clippers cette nuit. Un lancer manqué en fin de match puis une ultime tentative à trois-points qui a échoué sur le cercle. Mais le jeune homme a eu le mérite de prendre ses responsabilités dans les moments les plus chauds. Surtout qu’il avait activement participé à la remontée des Californiens, menés d’une dizaine de points et revenus au contact des Trail Blazers avant de finalement s’incliner (127-131). Vu son âge, le garçon sera évidemment pardonné.

Il n’a que 20 ans et c’est un rookie. Il a d’ailleurs battu son record en carrière en inscrivant 24 points contre Portland. Une performance qui résume tout le bien qui a été dit à son sujet depuis le coup d’envoi de la saison. Parce que SGA séduit bien au-delà des partisans de sa franchise. Il est déjà présenté comme la bonne pioche des Clippers. Les dirigeants ont eu du flair le soir de la draft. Ils ont mis le prix pour acquérir leur cible. Ils ont donc sacrifié leur douzième choix et deux seconds tours pour remonter d’une place afin de sélectionner Gilgeous-Alexander. Les Charlotte Hornets, avec qui ils ont mis en place l’échange, ont pris l’explosif Miles Bridges.

Et plus les semaines passent, plus le jeune rookie de L.A. ressemble à un joli « steal ». Peut-être même, le « steal » de cette cuvée. Sa cote montait déjà un peu avant la draft – le joueur a haussé son niveau de jeu mois après mois lors de son passage à l’université de Kentucky – et ça se comprend. Il est effectivement prêt à jouer en NBA. C’est un meneur atypique. Long (1,98 m) avec des bras gigantesques et donc une envergure vraiment intéressante sur le poste. C’est un gestionnaire sans être un grand passeur. Un profil défensif. Un Shaun Livingston en puissance. Enfin atypique. Le basket moderne est tellement différent de celui d’il y a vingt ans qu’il n’est en réalité plus tellement hors du moule. Il est peut-être le moule du joueur de demain.

Capable de switcher sur plusieurs positions en défense. De faire un peu de tout des deux côtés du parquet. C’est exactement ces joueurs-là qui sont recherchés par les franchises NBA. Shai Gilgeous-Alexander est un basketteur complet. Il marque des points, prends des rebonds, fait des passes décisives. Il attaque le cercle et absorbe les contacts pour finir dans le trafic. Son tir, présenté comme son point faible, n’est pas si vilain. Sa mécanique est correcte. Avec du travail, il peut s’affirmer comme une menace crédible à trois-points. Il est déjà à 10,9 points, 48% dans le champ, 35% derrière l’arc, 79% aux lancers, 3,2 rebonds, 2,9 passes et 1 interception par rencontre. C’est solide.

C’est évidemment moins flamboyant que les statistiques des meilleurs joueurs de sa promotion. Mais il a le mérite d’être titulaire au sein d’une équipe ambitieuse. Il ne végète pas en faisant du chiffre dans une franchise en reconstruction. Il participe déjà au succès de sa formation, pour l’instant classée dans le top huit de la Conférence Ouest. Et c’est très fort. Encore plus avec Doc Rivers, un coach qui n’est pas forcément réputé pour lancer les jeunes. Mais Shai Gilgeous-Alexander l’a déjà convaincu. Et il devrait petit à petit séduire le reste de la NBA vu ses qualités.