Spike Lee vs Knicks : le nouveau fiasco de Dolan

Spike Lee vs Knicks : le nouveau fiasco de Dolan

Les New York Knicks ont réussi à se mettre à dos Spike Lee, leur fan le plus célèbre, pour un incident anodin de prime abord. Récit.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

Leon Rose, le nouveau président des New York Knicks, n'a même pas eu droit à 24 heures de répit. Le voilà déjà spectateur d'une polémique plus embarrassante que vraiment gênante pour ses projets futurs. Gênant, c'est malheureusement l'adjectif qui colle le mieux à tout ce qui touche de près où de loin à la franchise ces dernières années. Avec en big boss du awkward game, ce cher James Dolan. L'humeur était plutôt au beau fixe lundi soir, après la victoire surprenante des Knicks contre les Houston Rockets au Madison Square Garden. Un très bon RJ Barrett, un Frank Ntilikina impliqué sur la dernière séquence défensive du match contre Russell Westbrook, et un Leon Rose avec le smile en tribunes. Tout allait pour le mieux. C'était avant qu'un incident anodin de prime abord impliquant Spike Lee, le célèbre réalisateur die hard fan des Knicks, ne vienne plomber l'ambiance. Vidéo à l'appui...

Vous connaissez le web et les réseaux. En quelques minutes, on passait de la diffusion de cet extrait où Spike Lee semble en bisbille avec la sécurité, à la rumeur selon laquelle il aurait carrément été expulsé de l'enceinte de Penn Station à la Charles Oakley... En vérité, le personnel du Garden a simplement indiqué au cinéaste oscarisé pour BlackKklansman qu'il ne pouvait plus emprunter l'entrée réservée aux employés pour accéder à la salle. Comme on dit là-bas, well, that escalated quickly...

Les choses semblaient pouvoir se régler avec une discussion entre Dolan et Lee. Celle-ci a eu lieu à la mi-temps. Les Knicks ne se sont d'ailleurs pas privés de poster une photo où les deux hommes ont l'air de se serrer la main. Mais si le propriétaire estimait visiblement avoir apaisé les tensions, l'auteur de "He Got Game" s'est rendu dans l'émission "First Take" d'ESPN pour hurler sa colère, livrer sa vérité... et annoncer qu'on ne le reverrait plus au Garden cette saison, parce que Dolan le "harcèle".

"Arrêtez-moi comme mon frère Charles Oakley"

"Le gars de la sécurité m'a dit : 'L'ordre vient d'en haut. Vous devez quitter le MSG'. Ils voulaient que je parte de l'entrée sur la 33e rue, celle des employés, que je sorte et revienne par la 31e. Donc je leur ai dit : 'Je ne partirai pas'. J'ai mis les mains derrière le dos et leur ai dit : 'Arrêtez-moi, comme mon frère Charles Oakley'. A la mi-temps, Dolan est venu. Je lui ai dit qu'on devait parler : 'Mr Dolan, je viens ici depuis 28 ans. Pourquoi ne m'a t-on pas prévenu par mail, SMS ou téléphone ?' Il m'a répondu : 'Maintenant vous êtes au courant'. Je dépense à peu près 300 000 dollars par an pour mes billets au bord du terrain. Je reviendrai la saison prochaine, mais c'est fini pour moi cette saison. Fini". 

Certains ont commencé à accuser Spike Lee de faire sa diva. C'est ignorer quelque peu l'importance de Lee dans la culture new-yorkaise et sur l'image de marque de la franchise. Le fait est que James Dolan est parfaitement capable de n'accorder aucune espèce d'importance à ce que représente Spike à NYC et de lui parler sans le moindre tact. Il l'a fait par le passé avec d'autres fans moins connus. Par courrier, comme en direct. C'est ce même ton que l'on ressent dans le communiqué publié par les Knicks après l'intervention télévisée de l'ancien "ami" de Reggie Miller.

"L'idée selon laquelle Spike Lee est une victime parce que nous lui avons demandé à plusieurs reprises de ne plus utiliser l'entrée réservée à nos employés et de passer par celle réservée aux VIP - une entrée que toutes les célébrités qui se rendent au Garden utilisent - est risible. Il est décevant de voir Spike créer cette fausse controverse pour entretenir le drama. Spike est le bienvenu au Garden quand il le souhaite, simplement pas par l'entrée réservée aux employés, mais par celle des VIP ou du public. C'est ce que Jim (Dolan) et lui avaient convenu lorsqu'ils se sont serrés la main hier soir".  

Sauf que cette fameuse poignée de mains a, selon Spike Lee, été savamment programmée et photographiée pour donner l'impression que tout allait bien...

"C'est gratuit, c'est petit, c'est minable, c'est Dolan"

Si vous avez lu le Mook REVERSE #4 exclusivement consacré à New York, vous avez peut-être lu notre entretien avec le journaliste Pascal Giberné, qui a vécu et travaillé pendant près de 20 ans à Big Apple. On l'a donc logiquement contacté pour avoir son ressenti. Selon lui, cet incident n'est qu'une nouvelle manifestation de la gestion catastrophique des Knicks par James Dolan.

"Spike Lee est la figure de proue des Knicks. Quand les gens pensent aux Knicks, ils pensent à Spike Lee, plain and simple. Spike is the Knicks, The Knicks are Spike. J’ai plusieurs fois pris l’ascenseur menant à la press room située au sixième étage avec lui. Spike descend en général au 5th floor, qui est ground zero, avec accès direct au parquet du MSG. Tous les agents de la sécurité le connaissent très bien et lui font des handshakes, le Garden est la seconde maison de Spike. On parle quand même d’un gars qui, en 1996, alors présent au Festival de Cannes pour son film Girl 6, avait tout mis en branle pour que le pavillon américain achète un faisceau satellite pour diffuser le Game 3 du second tour des playoffs entre New York et Chicago. C’est ça Spike Lee. Un season ticket holder qui a déboursé selon ses calculs 10 millions de dollars en 28 ans".

L'atmosphère n'a eu de cesse de se dégrader au sein des Knicks, autant pour ceux qui y travaillent que pour les gens qui gravitent autour.

"C’est ridicule cette histoire, vraiment. Je comprends tout à fait que Spike Lee se sente harcelé sur ce coup. Et le communiqué des Knicks cet après midi n’aide pas alors que toute cette affaire aurait pu être évitée. C’est gratuit, c’est petit, c’est minable, c’est Dolan quoi. Le climat au MSG se délite de saison en saison, les agents de la sécurité sont de plus en plus agressifs et procéduriers au possible. Les gars voient ta tête de journaliste depuis des années et des années et si ton accréditation est tournée du mauvais côté ils te hurlent dessus ! L’accès aux vestiaires des joueurs est de plus en plus compliqué, là où c’était tellement simple avant. Et ce climat malsain vient d’en haut, c’est clair et net. Dolan est derrière toute cette mascarade".

Malgré cet incident qui l'a clairement touché dans son amour-propre, Spike Lee ne compte pas cesser de supporter les New York Knicks. Il est finalement comme l'immense majorité de cette fanbase fidèle malgré la grisaille. Il attend le messie qui mettra assez d'argent sur la table pour convaincre James Dolan de mettre un terme à son effroyable histoire avec les Knicks. Ce n'est peut-être pas pour demain. La soupe est bonne et la franchise toujours en tête du classement Forbes avec une valeur estimée à 4.6 milliards de dollars...

 

 

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