Tim Duncan et l’art perdu du bank shot

Tim Duncan a maîtrisé et sublimé les fondamentaux du basket, notamment le bank shot, un peu délaissé depuis que la légende des Spurs a pris sa retraite.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article
Tim Duncan et l’art perdu du bank shot

Si Tim Duncan n'a jamais autant déclenché l'enthousiasme que d'autres joueurs de sa génération, c'est sans doute en raison de son style de jeu. Le grand public a souvent eu du mal à s'enflammer pour les basketteurs qui ne recherchaient pas à tout prix le geste spectaculaire ou l'annihilation totale de l'adversaire. Les puristes, en revanche, se sont toujours émerveillés de la panoplie dont disposait le "Big Fundamental", justement surnommé ainsi pour sa maîtrise et son efficacité vertigineuses au regard de tout ce qui était académique.

L'une des grandes spécialités de la légende des San Antonio Spurs, cinq fois champion, deux fois MVP en saison régulière, trois fois MVP des Finales et 15 fois All-Star, reste tout de même le "bank shot". Cet art du tir contre la planche s'est un peu perdu depuis que Tim Duncan a raccroché en 2016 et c'est bien dommage.

Sur le papier, il peut sembler simple et pas très gracieux d'avoir recours à un shoot qui rebondit contre la planche avant d'entrer dans l'arceau. Quiconque a joué un tant soit peu au basket a appris très tôt qu'utiliser cette méthode pouvait s'avérer très utile, particulièrement sur des double-pas ou des tirs près du cercle. Gregg Popovich lui-même a expliqué qu'il s'agissait selon lui du tir le plus efficace, mais qu'il n'était "pas assez cool" pour que les gamins aient envie de le reproduire dans des matches.

Cela dit, réussir ce que faisait Duncan tous les soirs en la matière, face à des joueurs professionnels et dans des positions diverses et variées, requiert un peu plus que la volonté de ne pas être cool à tout prix. Il faut une maîtrise des angles et du timing au-dessus de la moyenne.

"Quand il est face à toi, tu es à sa merci"

Tim Duncan recherchait fréquemment la position qui lui permettrait de placer un bank shot.

"Une fois qu'il reçoit la balle dans la raquette et qu'il peut se mettre face à toi, tu es à sa merci", déplorait Blake Griffin après un match entre les Clippers et les Spurs.

Que ce soit en face up, où il aimait particulièrement lancer un petit jab pour feinter son défenseur, ou dos au panier en turnaround, la séquence était généralement létale.

"Tu sais que ça va se produire, mais tu ne peux absolument rien y faire", précisait même Al Jefferson à l'époque où il portait le maillot du Utah Jazz.

Adam Sandler avait mis ce fameux bank shot à l'honneur dans le film Grown Ups ("Copains pour toujours", en VF). On peut l'y voir enseigner cet art à son fils dans l'extrait ci-dessous.

Espérons que l'on verra resurgir un jour des joueurs, intérieurs ou non, capables de maîtriser les fondamentaux et de les sublimer comme le faisait Tim Duncan. Ce n'est pas trop dans l'air du temps,

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