La nouvelle est tombée ce lundi : Lionel Jospin est mort à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille. Avec lui s’efface une figure majeure de la gauche française, mais aussi, pour les amoureux de basket, l’un de ces très rares responsables politiques dont l’attachement à ce sport n’a jamais semblé fabriqué.
La mort de Lionel Jospin renvoie aussi à une autre époque politique, avec tout ce qu’elle pouvait avoir de critiquable, mais aussi, parfois, de plus digne. Pour nous qui aimons le basket, ça rappelle aussi qu’il faisait partie de ces très rares responsables politiques à avoir un lien réel, ancien et assumé avec ce sport qu'il avait pratiqué dans sa jeunesse. Il en parlait avec sincérité, et il était même passé chez beIN Sports il y a quelques années pour en discuter avec Rémi Reverchon.
À sa façon, il faisait partie de ces figures improbables qui créent un petit pont entre deux mondes qu’on n’imagine pas toujours se croiser.
Quoi que l'on pense de l’homme politique, de son bilan et de ses idées, il reste aussi l’image de quelqu’un qui a semblé honnête et capable de tirer les conséquences d’un échec. Après la gifle monumentale de la présidentielle 2002, avec le séisme de la présence de Jean-Marie Le Pen au 2e tour, Lionel Jospin avait quitté la vie politique, sans chercher un recyclage immédiat ou un nouveau costume pour continuer comme si de rien n’était. A l'heure où tant de responsables s’accrochent, circulent d’un poste à un autre sans jamais vraiment se remettre en question, ce choix-là dit quand même quelque chose.
Bref, RIP “Yoyo”, comme il était surnommé dans Les Guignols de l'Info. Et salut à l’un des très rares hommes politiques français dont la passion pour le basket paraissait totalement sincère.
