102 Detroit Pistons DET
90 Charlotte Hornets CHA
104 Indiana Pacers IND
131 Brooklyn Nets BKN
116 Orlando Magic ORL
109 Miami Heat MIA
100 Boston Celtics BOS
108 Milwaukee Bucks MIL
103 Memphis Grizzlies MEM
91 New Orleans Pelicans NOP
76 Phoenix Suns PHO
124 Portland Trail Blazers POR
111 Dallas Mavericks DAL
117 Atlanta Hawks ATL
106 Utah Jazz UTA
96 Denver Nuggets DEN
100 Sacramento Kings SAC
105 Houston Rockets HOU
107 San Antonio Spurs SAS
99 Minnesota Timberwolves MIN
120 Washington Wizards WAS
115 Philadelphie Sixers PHI

Antoine Pimmelpar Antoine Pimmel  

Analyse d'un transfert majeur, attendu depuis un moment mais aussi surprenant dans sa finalité. Le tout en quatre points rapides.

Cette fois, c'est fait. Le transfert de Carmelo Anthony était l'une des priorités des New York Knicks depuis de nombreux mois. Phil Jackson l'avait déclaré indésirable sans pour autant parvenir à s'en séparer, la faute à un droit de veto que l'ex-Président avait lui-même accordé à Melo lors de la signature de son contrat en 2014. Ce sont finalement les nouveaux dirigeants des Knicks qui ont bouclé le deal.

Le multiple All-Star est donc envoyé au Oklahoma City Thunder en l'échange de Doug McDermott, Enes Kanter et un second tour de draft. A ce stade de l'intersaison, à deux jours du Media Day, il était difficile pour New York de récupérer une contrepartie plus importante.

Maintenant qu'Anthony est officiellement chassé de Manhattan, prenons quelques minutes (le temps de quatre questions) pour analyser de plus près son transfert.

Pourquoi les New York Knicks l'ont transféré ?

Ce transfert, ce n'est pas une surprise. La destination finale (Oklahoma City) détonne. Les Houston Rockets semblaient tenir la corde et les Cleveland Cavaliers faisaient figure d'outsiders en cas d'échec des négociations avec la franchise texane. Mais si ce n'est pas si surprenant, c'est bien parce que les envies des Knicks ont été révélés au grand jour depuis un moment.

Carmelo Anthony n'était même pas présent sur les affiches de promotion de la prochaine saison à venir alors qu'il est (était, donc) le joueur emblématique de l'équipe. Les responsables du marketing de l'organisation lui ont préféré les jeunes Kristaps Porzingis, Willy Hernangomez et le Français fraîchement drafté Frank Ntilikina. C'était déjà un premier signe. Interrogé récemment, le GM des Knicks avait pour sa part déclaré que le front office comptait bien donner la priorité à ses jeunes joueurs.

Melo était l'homme de trop. Il aurait pu faire un bon mentor. Mais à son âge et avec son palmarès (vierge), il est compréhensible qu'il n'ait pas été tenté plus que ça par un processus de reconstruction. Au-delà de son attitude, sa manie de stopper la balle, de commander des isolations et de ralentir constamment le jeu des siens nuisait aussi au développement du collectif et des talents de demain. Il fallait donc qu'il parte pour que les Knicks puissent tourner la page et entamer un nouveau chapitre.

Pourquoi le Oklahoma City Thunder a voulu le récupérer ?

OKC joue gros cette saison. La franchise tente le tout pour le tout à un an de l'expiration de ses superstars. Russell Westbrook, qui peut fuir dès 2018, n'a toujours pas répondu favorablement à la proposition d'extension au "super max" proposé par sa franchise. Voilà qui sent bien mauvais. Pour l'épauler au mieux, le Thunder a récupéré Paul George. Pour passer un cap de plus, les dirigeants ont ajouté Carmelo Anthony. Tous ont la possibilité de signer ailleurs dès l'été prochain.

Il va donc falloir convaincre ce petit monde qu'ils peuvent gagner des titres ensemble. La Conférence Ouest est tellement relevée - et les Golden State Warriors sont tellement forts - que deux stars ne suffisent plus pour vraiment viser une bague. Il en fallait une troisième. Melo était disponible et OKC a su - encore une fois - devancer la concurrence.

Le Thunder est-il pour autant vraiment candidat au titre ?

Ben... nous serions tentés de dire non. Cela peut sembler cruel. L'an dernier, OKC a terminé sixième de la Conférence Ouest avec un Russell Westbrook MVP et en triple-double de moyenne. Mais très esseulé. Logiquement, le Thunder devrait être nettement plus redoutable maintenant que Paul George et Carmelo Anthony l'entourent sur les ailes.

Mais déjà, il faudrait voir si tous ces gars peuvent jouer ensemble. A priori, le "Carmelo FIBA Anthony" va enfin pouvoir faire ses débuts en NBA. Cela promet des étincelles. Il va pouvoir se contenter de tirer et scorer, ce qu'il fait de mieux.

Malgré ça, cette équipe a encore des lacunes évidentes (défense, adresse extérieure, banc). Ils devraient nous offrir un sacré run. Mais même dépasser le second tour ne s'annonce pas tâche aisée.

Qui sort gagnant du transfert de Carmelo Anthony ?

Pour le coup, c'est peut-être une situation "gagnant-gagnant". Pour l'instant. Les Knicks vont pouvoir reconstruire sans forcément être plus mauvais que l'an dernier. Melo ne semblait pas indispensable au succès de l'équipe. Encore moins dans une Conférence Est aussi faible. New York va jouer avec moins de pression (même si ça reste la grosse pomme) et les jeunes vont pouvoir se développer plus sereinement.

Quant à OKC, c'est un pari plus risqué étant donné que, comme dit plus haut, les trois pistoleros peuvent mettre les voiles en 2018. Mais le Thunder n'a pas lâché grand chose. Ni pour Anthony, ni pour Paul George. Saluons au moins la prise d'initiative. Oklahoma City est un petit marché mais les dirigeants ont trouvé un moyen de faire rêver leurs fans. C'est déjà beaucoup.