« Ce n’est pas un accident » : le gros coup de gueule du coach des Spurs

Après la défaite face aux Blazers, Mitch Johnson n’a pas cherché d’excuses. Son message aux Spurs est direct et lucide.

« Ce n’est pas un accident » : le gros coup de gueule du coach des Spurs

Après une série de performances solides et une belle première partie de saison, les San Antonio Spurs ont connu une soirée frustrante face aux Portland Trail Blazers, et leur entraîneur Mitch Johnson n’a pas hésité à pointer du doigt ce qui ne va pas dans son collectif.

Confronté à une nouvelle défaite (115-110), Johnson a livré une analyse sans détour de la situation de son groupe, soulignant des lacunes qui dépassent la simple absence de stars et qui risquent de coûter cher si elles ne sont pas corrigées rapidement.

La soirée avait pourtant des airs de match à la portée des Spurs. San Antonio, solide cette saison malgré certaines blessures, pouvait légitimement penser remporter ce duel face à Portland. Mais dès l’entame, les choix défensifs du groupe ont montré des signes de faiblesse. Johnson n’a pas trouvé d’excuse en salle de presse :

« Si nous continuons à défendre comme nous l’avons fait en début de match, les équipes continueront de shooter de cette manière… Je ne pense pas que ce soir soit un accident », a-t-il affirmé, diagnostiquant une « manque d’énergie et de résistance » qui a coûté cher à son équipe.

Ce coup de gueule du coach intervient dans un contexte particulier pour les Spurs. La franchise texane, qui avait relancé l’enthousiasme autour de son projet et affichait un bilan remarquablement positif, traverse une période où les attentes ont augmenté.

Après avoir dominé des équipes puissantes comme le Thunder avec régularité lors de précédentes confrontations, San Antonio se retrouve à devoir apprendre à être constant même quand les enjeux sont modestes, une compétence cruciale si l’objectif affirmé reste une course profonde en playoffs.

« Difficile de dire quelle est la principale leçon à retenir », a poursuivi l'entraîneur visage fermé devant les journalistes.

« Mais je pense que chaque match apporte beaucoup d'enseignements. Et je pense que pour nous, il s'agit simplement de commencer le match avec la bonne approche et de mettre notre énergie au bon endroit. Je pense que nous avons raté beaucoup de très bons tirs. Et puis vous vous retrouvez menés de 11 points. Vous ne faites pas beaucoup d'autres choses correctement si vous êtes menés de 11 points », a complété Johnson.

Le problème pointé par Johnson n’est pas seulement défensif mais aussi mental. Les Spurs ont laissé Portland prendre le contrôle très tôt dans le match, offrant trop d’espaces et de tirs ouverts à des joueurs capables de punir même dans les moments importants.

Face à une équipe qui avait peu à perdre, le manque d’agressivité défensive dès le coup d’envoi a permis aux Blazers de s’installer dans le score, forçant San Antonio à courir après le match sans jamais imposer vraiment son tempo.

Cette perte de rigueur collective a des implications larges pour une équipe qui se construit encore. Les Spurs jonglent avec des rotations modifiées, des joueurs revenant de blessures, et une dynamique offensive souvent portée par l’intérieur.

Sans Victor Wembanyama, la pression repose davantage sur l’efficacité collective et une défense solide. Et si cette dernière n’est pas au rendez-vous, Johnson l’a clairement dit : les résultats s’en ressentent immédiatement.

Victor Wembanyama se rapproche d’un retour avec les Spurs

La défaite face aux Blazers illustre aussi une nouvelle réalité pour San Antonio : la marge d’erreur se réduit à mesure que la saison avance. Dans la Conférence Ouest, les affrontements deviennent de plus en plus compétitifs, et les équipes qui n’arrivent pas à imposer un niveau d’engagement constant à la fois offensivement et défensivement voient rapidement leurs ambitions s’éloigner.

Pour Johnson, le message est limpide : il ne suffit plus de produire des séquences collectives impressionnantes par moments, il faut maintenant rendre ça cohérent sur 48 minutes, du premier au dernier quart-temps.

Et ce n’est pas la première fois cette saison que le coach des Spurs doit élever la voix. Lors d’autres rencontres, il avait déjà mis l’accent sur des phases de match où l’intensité défensive avait fait défaut, avertissant que ces passages pourraient finir par coûter cher face à des adversaires opportunistes. Ce soir-là, Johnson n’a pas tourné autour du pot : il a nommé le problème, l’a qualifié de structurel et a invité son groupe à se remettre en question.

« On ne peut pas continuer à subir comme ça, surtout à domicile, où chaque possession compte », a ajouté Johnson, insistant sur le fait que l’énergie, l’agressivité et la cohésion défensive doivent être des marqueurs constants, et non des éléments fluctuants selon l’adversaire.

Cette franchise, malgré sa jeunesse et certains changements, conserve évidemment du talent dans ses rangs. Mais ce talent doit impérativement s’articuler autour d’une identité claire, surtout à l’approche des échéances les plus cruciales de la saison.

Les Spurs ne sont pas tombés dans une crise, mais cette défaite brutale et la franchise de Johnson rappellent à tous que l’équilibre entre ambition et réalité est souvent plus fin qu’il n’y paraît.

San Antonio doit maintenant tirer les enseignements de cette défaite et retourner à l'entraînement avec une exigence renforcée, sous peine de voir son bel élan s’essouffler face aux prochaines échéances.