Jamahl Mosley aura laissé une vraie trace à Orlando. En cinq ans, il a accompagné la reconstruction, installé une identité défensive forte, développé Paolo Banchero, Franz Wagner, Jalen Suggs et ramené le Magic dans une zone de compétitivité crédible. Mais après une nouvelle élimination au premier tour, cette fois contre Detroit après un Game 7 douloureux, la franchise a décidé qu’il fallait une autre voix pour franchir le cap. Orlando ne veut pas tout casser : le projet reste articulé autour de Banchero et Wagner, avec sans doute des ajustements autour d’eux. Reste maintenant à trouver le coach capable de transformer cette belle base en vraie menace à l’Est.
Billy Donovan
C’est le nom le plus naturel. Billy Donovan vient de quitter Chicago après six saisons, en choisissant de ne pas activer son option pour 2026-27. Pour lui, Orlando aurait du sens : un retour en Floride, là où il a bâti sa légende NCAA avec les Gators de Florida, doubles champions universitaires avec Joakim Noah, Al Horford et Corey Brewer. À Chicago, Donovan n’a jamais vraiment eu un projet stable ou assez haut de gamme. Avec Banchero, Wagner, Suggs et une défense déjà installée, il retrouverait un groupe plus jeune, plus cohérent et probablement plus ambitieux.
Tom Thibodeau
Le nom peut surprendre, mais il circule. Thibodeau, c’est une garantie de sérieux, d’exigence et de structure. Partout où il est passé, Chicago, Minnesota, New York, il a au moins relevé le niveau de compétitivité. À Orlando, il trouverait un groupe déjà taillé pour défendre fort, avec des profils longs, physiques, capables d’adhérer à une culture dure. La question, évidemment, c’est l’adéquation avec une équipe encore jeune et avec des stars offensives qui doivent respirer davantage. Thibs peut faire gagner. Reste à savoir s’il peut libérer Banchero et Wagner autant qu’il les responsabiliserait.
Micah Nori
Assistant très coté à Minnesota, Micah Nori fait partie de ces profils qui attendent leur vraie chance. Il a gagné en visibilité ces dernières années dans un staff des Wolves devenu une référence défensive, tout en montrant une vraie aisance de communication. Pour Orlando, ce serait une option plus moderne et moins lourde symboliquement qu’un nom déjà établi. Nori pourrait prolonger le travail défensif de Mosley sans arriver avec le poids d’un système trop rigide. Le risque est évident : confier une équipe qui veut passer un cap à un coach rookie. Mais parfois, c’est justement ce type de pari qui permet à un groupe jeune de grandir avec son entraîneur.
Chris Quinn
Assistant de longue date à Miami, Chris Quinn coche beaucoup de cases. Il connaît la culture floridienne, vient d’un environnement ultra-exigeant et a été formé dans l’école Erik Spoelstra, ce qui reste l’une des meilleures références de la ligue. Pour Orlando, ce serait une manière d’aller chercher un coach habitué à la rigueur, à l’adaptation tactique et à la gestion de rôles précis. Avec Banchero et Wagner, l’ancien joueur NBA aurait aussi de quoi construire une attaque plus fluide que celle vue sous Mosley. Moins clinquant que Donovan ou Thibodeau, mais potentiellement très cohérent.
Dusty May
Son nom est revenu ici et là, même si la piste semble déjà très compliquée, voire refroidie selon les derniers échos. Dusty May, aujourd’hui à Michigan après son superbe travail à Florida Atlantic, représente le fantasme du coach universitaire très coté, capable d’apporter des idées neuves et une vraie culture de développement. Mais la passerelle NCAA-NBA est délicate. Les grands coaches universitaires ont aujourd’hui des salaires énormes, beaucoup de pouvoir et un contrôle qu’ils perdent souvent en NBA. Pour Orlando, l’idée est séduisante sur le papier. Dans les faits, c’est probablement la piste la moins simple à concrétiser.
Le choix dira tout de l’ambition du Magic
Orlando n’a pas besoin d’un chantier total. La base est là. Banchero est une star en construction, Wagner un lieutenant de très haut niveau, Suggs un chien de garde précieux, et l’identité défensive existe déjà. Le prochain coach devra surtout régler ce qui a fini par plafonner : l’attaque, la création en fin de match, la hiérarchie offensive et la capacité à gagner une série de playoffs. Donovan apparaît comme la piste la plus logique. Thibodeau serait le choix de l’autorité. Nori ou Quinn, celui du pari moderne. Dusty May, celui de l’idée séduisante mais incertaine.
Le projet Orlando n’est pas mort. Il entre simplement dans sa phase la plus délicate : celle où progresser ne suffit plus.
