« Allez vous faire foutre, toi et le consensus » : le pari perdu de Cam Thomas

Après avoir refusé 30 millions de dollars et insulté le “consensus”, Cam Thomas se retrouve sans équipe.

« Allez vous faire foutre, toi et le consensus » : le pari perdu de Cam Thomas

Il y a un an, Cam Thomas voulait faire taire tout le monde. Les sceptiques, les dirigeants, les journalistes, les scouts, les fans qui voyaient en lui un scoreur vide de sens collectif. Aujourd’hui, l’arrière de 24 ans est sans équipe, après avoir refusé une offre de 30 millions de dollars sur deux ans de la part des Brooklyn Nets.

Le raccourci est cruel, mais difficile à éviter : Thomas a parié sur lui-même, et il a pour l’instant perdu gros.

Un tweet qui a très mal vieilli

L’été dernier, Zach Lowe avait résumé sur son podcast la perception de Thomas autour de la ligue en des termes très durs : un joueur à grosses stats, mais avec un impact collectif douteux, décrit comme un “empty calories ball hog”. Littéralement, un croqueur sans relief.

Cam Thomas avait alors répondu sèchement sur X :

« Le consensus ? Allez vous faire foutre, toi et le consensus, Zach Lowe. C’est probablement le même consensus d’équipes qui ne peuvent pas me défendre et qui m’envoient des prises à deux dès l’entre-deux. Pourquoi vous prenez à deux un joueur qui n’est “pas si bon” ? Faites que ça ait du sens, s’il vous plaît. »

Il avait ensuite poursuivi :

« Dernière fois que je parle de ces conneries. Des stats vides ? D’abord, on était 5e ou 6e à l’Est avant ma blessure et les trades. Je ne contrôle pas ce que le GM veut faire de l’équipe... Ensuite, croqueur ? J’étais deuxième de l’équipe aux passes décisives, sans compter les meneurs qui ont été transférés ou récupérés... »

Sur le moment, Thomas défendait son cas avec l’assurance d’un joueur persuadé d’être sous-estimé. Avec le recul, cette sortie ressemble surtout à un symbole : celui d’un joueur convaincu que son scoring suffirait à forcer la main du marché.

De 30 millions refusés à deux équipes qui le coupent

Brooklyn lui avait proposé un contrat de deux ans et 30 millions de dollars, avec une team option sur la deuxième saison. Thomas a refusé, préférant accepter sa qualifying offer à environ 6 millions de dollars pour devenir free agent non protégé l’été suivant.

Mais la suite a été catastrophique. Les Nets l’ont finalement coupé en février. Les Bucks l’ont récupéré dans la foulée, avant de le couper à leur tour en mars pour convertir le contrat de Pete Nance. En 18 matches à Milwaukee, Thomas a tourné à 10,7 points de moyenne, avec un rôle rapidement réduit.

Le plus fou, c’est qu’il n’y a pas si longtemps, Thomas sortait encore d’une saison à 24 points de moyenne et semblait pouvoir incarner une partie de l’avenir offensif des Nets. Mais en NBA, le talent pour scorer ne suffit plus toujours. Surtout quand les doutes concernent la défense, la création pour les autres, le jeu sans ballon et la capacité à s’intégrer dans une attaque structurée.

Un retour possible, mais plus au même prix

Cam Thomas aura probablement une autre chance. Un joueur capable de prendre feu comme lui trouvera toujours une oreille attentive quelque part. Mais le contrat ne ressemblera sans doute plus du tout à celui qu’il avait sur la table il y a un an.

Son histoire est un rappel brutal : “bet on yourself” peut être une formule magnifique quand tout se passe bien. Quand le marché ne suit pas, cela peut aussi coûter plusieurs dizaines de millions de dollars.