La large victoire des Minnesota Timberwolves sur les Washington Wizards (141-115) a pris une dimension particulière hier soir. Au-delà du score et de la domination collective, Anthony Edwards a inscrit son nom dans l’histoire de la NBA en réalisant une performance statistique jamais vue auparavant.
Avec ses 6 tirs à trois-points inscrits face à Washington, Edwards est devenu le premier joueur de l’histoire de la ligue à atteindre les 1 200 tirs à trois points en carrière avant l’âge de 25 ans. À seulement 24 ans (il aura 25 ans en août 2026), le leader des Wolves a donc franchi un cap que personne, pas même Stephen Curry, n’avait atteint aussi tôt.
La performance s’inscrit dans un match totalement maîtrisé par Minnesota. Dès le premier quart-temps, les Wolves ont imposé un rythme élevé, alternant jeu rapide, adresse extérieure et pression défensive constante. Edwards a immédiatement donné le ton, agressif balle en main, sûr de ses choix, et particulièrement à l’aise derrière l’arc.
Il termine la rencontre avec 35 points, dans une nouvelle démonstration de son volume offensif et de sa confiance actuelle. Mais cette soirée dépasse largement le cadre d’un simple carton offensif. Elle marque un jalon historique dans une trajectoire déjà impressionnante.
Pour mesurer la portée de l’exploit, la comparaison avec Stephen Curry est parlante. Le shooteur emblématique des Warriors, pourtant référence absolue du tir à trois points, n’avait dépassé la barre des 1 200 tirs primés en carrière qu’à l’âge de 27 ans, au début de la saison 2015-2016. Edwards, lui, y parvient avant même d’avoir soufflé ses 25 bougies, dans un contexte NBA où le volume et la difficulté des tirs sont pourtant scrutés à la loupe.
Cette précocité illustre l’évolution fulgurante du joueur des Wolves. Arrivé en NBA avec l’étiquette d’un scoreur explosif, Edwards a progressivement élargi sa palette. Plus constant, plus mature dans ses lectures, il assume aujourd’hui un rôle central dans l’attaque de Minnesota, capable d’enchaîner les tirs compliqués sans déséquilibrer le collectif.
Face à Washington, cette maîtrise s’est traduite par une domination totale. Minnesota a inscrit au moins 33 points dans chaque quart-temps, creusant l’écart sans jamais laisser les Wizards espérer un retour. Le banc a suivi le mouvement, la défense a contenu les velléités adverses, et Edwards a pu dérouler, symbole d’une équipe en pleine confiance.
Ce cap des 1 200 tirs à trois points avant 25 ans n’est pas anecdotique. Il replace Edwards dans une catégorie extrêmement restreinte de joueurs capables de combiner volume, efficacité et longévité précoce. À ce stade de sa carrière, il ne s’agit plus seulement de projections ou de potentiel, mais bien d’un joueur déjà en train de redéfinir certaines références statistiques de la ligue.
Plus précoce que Curry, mais pas près de le détrôner...
Pour replacer l'exploit dans son contexte, rappelons tout de même que Edwards tourne à 2,9 tirs à trois-points par match au cours de sa carrière quand Curry en marque 4,0 par match.
Surtout, Ant Man est arrivé en NBA après seulement une année d'université (à 19 ans), ce qui lui a donné plusieurs années d'avance sur Curry dans cette statistique. Il a déjà joué 5 saisons avec à chaque fois plus de 70 games au compteur. Peut-être augmentera-t-il sa moyenne au fur et à mesure que sa carrière avancera, ou peut-être pas.
Cette saison, Edwards réussit en moyenne 3,3 trois-points par match (10e de la ligue) pour 8,3 tentatives quand Curry est le leader de la NBA avec 4,8 réussites (seul joueur à plus de 4) pour 12,1 tentatives (seul joueur à plus de 10 avec Mitchell).
Au total en carrière, Stephen Curry est évidemment largement devant (tout le monde) avec 4133 tirs réussis (seul joueur du classement à plus de 4000...). Edwards n'apparait pour le moment pas dans le Top 50 (tous au dessus de 1500 tirs).
Si on part du principe que Steph Curry prendra sa retraite dans les deux ans et que Edward continue de planter 3 tirs en moyenne sans manquer trop de match, il lui faudra au minimum jouer encore 13 saisons pour espérer rattraper la star des Warriors. Pas impossible, mais pas facile, facile non plus...
Quoi qu'il en soit, dans une NBA où les records tombent régulièrement, même si celui-ci était prévu, il garde une saveur particulière. Parce qu’il concerne le tir à trois points, parce qu’il touche directement à l’héritage de Curry, et surtout parce qu’il confirme qu’Anthony Edwards n’est plus seulement l’avenir des Timberwolves, mais bien l’un des visages majeurs du présent.

Je suis sûr également que plus Ant va vieillir, plus il va shooter à 3pts.