Les arbitres ont-ils lâché LeBron James ?

Si certains l'estiment protégé par le corps arbitral, LeBron James a souffert de plusieurs coups de sifflet controversés lors du Game 2. Alors, le King est-il vraiment arbitré comme tout le monde ?

Guillaume RantetPar Guillaume Rantet | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
  C'est une rengaine habituelle chez ses détracteurs. LeBron James bénéficierait d'une très grande clémence arbitrale. Au point de jouir de nombreuses fautes au moindre contact, et d'en provoquer sans être sanctionné. En bref, le King serait au-dessus des lois, et profiterait d'une justice à deux vitesses dont ses adversaires seraient victimes. Une thèse populaire, mais qui n'était pas vraiment de rigueur à certains moments du Game 2 des finales NBA 2015 entre les Golden State Warriors et les Cleveland Cavaliers. Ainsi, nombreuses furent les séquences de jeu lors desquelles le King n'a pas vraiment profité d'un gentil coup de pouce de ses juges, provoquant souvent son agacement. Surtout en prolongation. Une preuve ? Dos au panier, LeBron James tente de se retourner pour shooter face à Andre Iguodala, qui l'en empêche d'un puissant coup dans l'avant-bras. Si les arbitres auraient également pu sanctionner un marcher à son encontre, ils décident finalement d'accorder le ballon aux Warriors, signalant le terme des 24 secondes de la possession de Cleveland. Et donc passant sous silence le geste d'« Iggy ». Aussitôt la rencontre terminée, la NBA a reconnu ces deux erreurs d'arbitrage par l'intermédiaire de son habituel rapport d'après-match. Elle écrit :
« LeBron James bouge son pied de pivot. » « Iguodala touche le bras de LeBron James sur sa tentative de shoot. »
À chacun de décider quelle faute aurait dû être sanctionnée à la place de la décision qui fut celle des arbitres ce soir-là. On a déjà une petite idée de la réponse de LeBron... [html][/html]

LeBron James et le vice de Draymond Green

Une autre preuve ? La remise en jeu entre la star et son grand ami Draymond Green. Nous sommes toujours en prolongation quand les deux hommes se disputent un « jump-ball ». Le King saute, puis récupère le ballon entre ses mains. Ce qui est interdit par le règlement NBA. Dans sa section VII encadrant ces actions, la Ligue écrit :
« Aucun des deux joueurs ne peuvent récupérer la balle avant qu'elle ne touche l'un des huit autres joueurs, le parquet, le panier ou le tableau. »
LeBron James n'avait donc pas le droit de récupérer le ballon ainsi. Il devait simplement le dévier. Sauf que son adversaire direct s'est également rendu coupable d'une infraction en le retenant à l'épaule grâce à sa main gauche. La Ligue a également reconnu cette erreur d'arbitrage : 
« Draymond Green grimpe sur l'épaule de LeBron James et le gêne dans son saut. »
C'est d'ailleurs une vieille habitude du joueur d'Oakland, déjà coutumier à sa fac de Michigan State de ce que Dime appelle un « move de vétéran, malin et aussi simple ». Green a également réalisé une obstruction de la sorte sur Tristan Thompson. Une autre faute non-sifflée relevée par sa Ligue dans son rapport d'après-match. https://www.youtube.com/watch?v=yq5XN34bPF0

LeBron James aurait-il pu plier le match sur une faute ?

Autre décision arbitrale controversée à son encontre : la toute dernière action du quatrième quart-temps. En effet, comme lors de la première manche, le King a raté un second game-winner avant-hier. Mais a contrario du Game 1, il aurait pu (dû?) se voir accorder deux lancers-francs pour plier la rencontre. Lorsqu'il pénètre dans la raquette à moins de trois secondes du buzzer, Andre Iguodala, l'arme trouvée par Steve Kerr pour l'accompagner et le limiter dans tous ses faits et gestes, se rend coupable d'un léger contact qui aurait pu coûter le match aux Warriors. https://www.youtube.com/watch?v=QfcsuvaCz-E Un léger contact que Mike Breen, qui commentait la rencontre outre-Atlantique, a désigné sous l’appellation de « contact secondaire » (incidental contact). C'est vrai : de nombreuses pénétrations gênées de la sorte ne profitent pas d'un coup de sifflet du corps arbitral tout au long de la saison. Surtout que sur le moment, le quadruple MVP utilisait son bras droit pour repousser « Iggy » et était à deux doigts du push. Mais à l'image de la gifle que lui a infligée Draymond Green et qui n'a pas valu à l'intérieur des Warriors une faute flagrante, les arbitres la mettant certainement sur le coup de l'intensité habituelle du basket des playoffs/finales, cette décision pourrait bien prouver que le King est assis à la même table que ses sujets lors de ces finales NBA. À moins que... https://www.youtube.com/watch?v=AxXnRaN8hvo

Andre Iguodala et le vice de LeBron James

Nous voilà désormais dans le quatrième quart-temps de la rencontre. Il ne reste plus que quatre petites minutes à jouer, et les Cavaliers mènent 79-72. Dans l'axe, LeBron James franchit la ligne des trois-points. En face de lui, l'inépuisable « Iggy » mord dans sa feinte. Malin, le King sort son coude droit avant de shooter. Le coup de sifflet est immédiat. Ici, le joueur de David Blatt a bénéficié de la gentillesse du corps arbitral. Mais il ne fut pas le seul sur ce genre d'action durant le match : Stephen Curry a lui aussi tendu un piège à J.R. Smith en le feintant puis en prenant un shoot tout en cherchant intelligemment la faute. Dime rapporte qu'avant la saison dernière, la Ligue avait demandé aux arbitres de veiller à ce genre d'astuces des joueurs. Mais à l'image de LeBron James (dont la quête de faute est bien plus flagrante que celle de Curry), les joueurs continuent de profiter de ce petit tour.  https://www.youtube.com/watch?v=_ToxNK3LNjA [html][/html]

Le King la met en sourdine

De même, lorsque l'on évoque la clémence dont ont parfois fait preuve les arbitres envers King James lors du Game 2, il faut bien sûr parler de cet énorme marcher qui a aussitôt fait le tour de la toile. Sur ce coup-là, aucune discussion : au milieu de son énorme triple-double du soir, le King avait tous les droits. Rappelons que lors du début de saison, LeBron James était peu avare concernant les commentaires sur l'arbitrage. Il ne s'estimait pas assez protégé face à des défenses le prenant pour cible. Alors il l'avait fait savoir, notamment suite au coup asséné par James Harden dans ses parties intimes qui avait valu au barbu un match de suspension. Mais à l'issue d'un Game 2 lors duquel l'arbitrage a parfois tourné à son avantage, parfois en sa défaveur, il n'a faut aucun commentaire sur le sujet. La victoire finale l'aidant certainement à parler d'autre chose. Heureusement pour lui, à vrai dire : son joli marcher et son coup de coude vers Iguodala lui seraient revenus comme un boomerang. Mais si la série continue à être physique à ce point, ce que les Cavs semblent souhaiter, l'arbitrage autour de LBJ sera certainement à surveiller. Et ce d'autant plus que ses lancers-francs pourraient être cruciaux (il en a par exemple inscrit 14 lors du Game 2, pour seulement quatre tentatives ratées). [html][/html]

Faire pencher l'arbitre de son côté : entre talent et réputation

Les prochains matches nous permettront peut-être de répondre à un éternelle question qui n'est pas l'apanage du basket : les stars sont-elles protégées par les arbitres ? Le débat divise depuis longtemps. Très longtemps. Les stars de la balle orange (et d'autres sports) profitent-elles de leur statut et de leur réputation pour s'attirer la clémence des arbitres qui, inconsciemment bien évidemment, siffleraient plus rapidement lorsqu'elles sont au contact ? Ou sont-ils tout simplement énormément pris pour cible par leurs adversaires, recevant donc plus que quiconque des contacts rugueux, ainsi que plus talentueux pour provoquer des coups de sifflet ? Chacun tranchera. Les rookies, par exemple, peinent souvent à se voir accorder des lancers. Mais est-ce lié à leur statut de petit nouveau dans la cour des grands, ou à une frilosité qui peut parfois les caractériser ? Afin de répondre à ces questions, il est possible d'évoquer les décisions arbitrales à l'encontre des plus grandes stars de l'histoire de la NBA. Flashback.

Dans la cour des grands

Si Shaquille O'Neal subissait le contrecoup de son monstrueux physique qui poussait parfois les arbitres à ne pas siffler faute lors de ce qui, sur un joueur lambda, aurait été immédiatement sanctionné, Michael Jordan a bénéficié de l'évolution qu'ont traversée la plupart des autres légendes : il a souffert de nombreux cartons à ses débuts (merci aux Pistons) avant de susciter plus facilement les coups de sifflet des arbitres. Ou des les éviter. Souvenez-vous alors du fameux « Last Shot » lors des finales 1998. Un push-off sur Bryon Russell sanctionnable qui aurait pu changer l'histoire (mais avec des si, on mettrait Shaq en bouteille). https://www.youtube.com/watch?v=vdPQ3QxDZ1s Plus récemment, Chris Paul en a réalisé un autre tout autant (si ce n'est plus?) contestable face aux Spurs. Ce débat agite d'autant plus les foules qu'il détermine parfois l'issue de rencontres cruciales. À l'image du game-winner de Michael Jordan ou de celui de Chris Paul, LeBron James a déjà suscité la polémique lors d'un de ces moments des plus importants. C'était en 2012. Lors du Game 2 des finales entre OKC et le Heat. Le King avait alors retenu le bras de Kevin Durant lors d'un shoot qui aurait pu permettre au Thunder de disputer des prolongations. Mais KD ne peut-il pas également prétendre à ce statut de « joueur intouchable » ? L'image, la réputation et le passé d'un joueur ne font pas tout. Il faut aussi y rajouter leur capacité à faire craquer leur adversaire, ainsi que, bien évidemment, l'appréciation du corps arbitral sur telle ou telle action. Dans des moments où tout va très vite. https://www.youtube.com/watch?v=-M4T34uSMGg https://www.youtube.com/watch?v=6FYMU9421Dg
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