Brad Stevens explique pourquoi il a tradé Jaylen Brlw

Pour la première fois depuis le trade de Jaylen Brown à Philadelphie, Brad Stevens est sorti du silence.

Pour la première fois depuis le transfert de Jaylen Brown vers les Philadelphia 76ers, Brad Stevens a pris la parole pour expliquer les raisons qui ont poussé les Boston Celtics à tourner la page.

Boston a envoyé Brown à Philadelphie, qui avait éliminé les Celtics 4-3 au premier tour des playoffs, en échange de Paul George, de deux premiers tours de draft (2028 et 2031) et de deux seconds tours (2028 et 2030).

« Le chemin semblait plus compliqué »

Stevens assure que cette décision ne remet pas en cause le talent de Jaylen Brown, mais qu’elle répond à une réflexion plus globale sur l’évolution de la NBA et sur la construction de l’effectif.

« Quand j’ai regardé notre équipe, la direction que prenait la ligue, la manière dont nous avons terminé les deux dernières saisons et l’incroyable niveau auquel nous avons joué en saison régulière, le chemin m’a semblé un peu plus compliqué. Je peux me tromper. Je ne vais pas venir ici pour me montrer sur la défensive. Mais ce chemin me semblait plus difficile, avec 70 % de notre masse salariale et une si grande partie de notre utilisation offensive concentrées sur deux joueurs. »

Autrement dit, le duo Jaylen Brown - Jayson Tatum, malgré son immense talent, limitait désormais les possibilités des Celtics. Dans une NBA de plus en plus contrainte par le plafond salarial, Boston a estimé qu’il fallait retrouver de la flexibilité et davantage de profondeur.

« Il faut construire de la profondeur »

Brad Stevens a ensuite développé sa philosophie. Selon lui, les récents champions ont montré qu’un collectif dense pouvait être plus durable qu’une équipe reposant essentiellement sur deux stars.

« La réalité de la NBA aujourd’hui — et les derniers champions l’ont montré —, c’est qu’il faut faire un excellent travail pour construire de la profondeur afin d’espérer remplacer ce qui est, individuellement, irremplaçable. Ce n’est pas une tâche facile. »

Le dirigeant a aussi tenu à préciser que ce raisonnement ne constituait en rien une critique de Brown.

« Cela n’enlève absolument rien à Jaylen. Si vous avez Jaylen Brown dans votre équipe, vous devez construire autour de lui, lui donner ces possessions et aborder les choses de cette manière. Mais je pense que la profondeur est devenue essentielle. Et nous devons également continuer à trouver des moyens de diversifier notre attaque. »

Paul George, plus qu’un simple salaire récupéré

Stevens a également défendu l’arrivée de Paul George. À 36 ans, l’ailier n’est évidemment plus le même joueur qu’à son prime, mais Boston estime qu’il peut encore peser dans une équipe qui vise haut.

« Nous aimons Paul. C’est un très bon joueur. Notre série contre Philadelphie n’est pas si loin, et nous avons vu qu’il était capable de porter une équipe pendant une partie d’un quart-temps ou d’une mi-temps. Mais il peut aussi jouer un rôle complémentaire, des deux côtés du terrain, au plus haut niveau. »

L’idée n’est donc pas forcément de demander à George de remplacer Brown possession après possession. Les Celtics veulent plutôt ajouter un vétéran capable de s’intégrer autour de Tatum, de prendre feu par séquences et de défendre à un haut niveau quand les matches comptent.

Des choix de draft pour retrouver des options

Brad Stevens sait bien que les supporters regardent d’abord le nom des joueurs échangés. Et sur ce plan, voir partir Jaylen Brown chez un rival de division a forcément quelque chose de brutal. Mais le dirigeant insiste aussi sur la valeur des choix récupérés.

« Je comprends les réactions. Je suis d’abord un fan de basket. Quand j’étais enfant, je me fichais complètement des choix de draft récupérés dans un trade, surtout des seconds tours. Je comprends cette réaction. Mais de notre point de vue, il y a dans ce deal deux actifs qui peuvent devenir extrêmement précieux. La qualité de ces choix nous offre une vraie opportunité. Qui sait ? Ce sont peut-être deux très gros coups à jouer à l’avenir. »

Le pari reste immense. Les Celtics ont échangé un joueur de 29 ans en pleine force de l’âge, champion NBA avec la franchise, contre un vétéran plus âgé et du capital de draft. Brad Stevens assume ce changement de direction et les conséquences éventuelles.