En 2017, alors que les Golden State Warriors étaient en Chine pour la présaison, Steve Kerr avait profité de la présence de Roger Federer à Shanghai pour inviter la légende du tennis à venir discuter avec ses joueurs. Presque dix ans plus tard, l’entraîneur de Golden State se souvient encore parfaitement de la leçon donnée ce jour-là.
Invité de l’émission Empowering Leaders, Kerr a raconté que Draymond Green avait demandé au Suisse comment il était parvenu à rester au sommet aussi longtemps. Les Warriors s’attendaient alors à entendre le discours habituel sur le travail acharné, les sacrifices et l’obsession de la victoire.
Federer leur avait livré une réponse beaucoup plus simple.
« Il nous a expliqué qu’il se levait chaque matin, préparait le petit-déjeuner pour ses enfants et les emmenait à l’école. Ensuite, il allait s’entraîner environ deux heures. Il avait trouvé une routine qui lui permettait de faire tout le travail nécessaire sans détruire son corps. Puis il déjeunait avec sa femme. Le soir, ils cuisinaient ensemble, retrouvaient leurs enfants, parlaient de leur journée et les couchaient. Et au moment de poser la tête sur l’oreiller, il se disait : “C’était vraiment une super journée.” Et il faisait ça depuis vingt ans », raconte Steve Kerr.
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Une réponse qui avait marqué le coach des Warriors. « C’était ça, la formule. C’est ce qui permet de réussir sur la durée. Il aime le tennis, il aime sa famille, il aime la vie. Il ne s’agit pas de travailler davantage que tout le monde ou de se cogner la tête contre un mur en se disant : “Je dois être meilleur que tout le monde.” »
Pour Kerr, la leçon de Federer dépassait largement le cadre du sport : parvenir à construire une vie dans laquelle l’exigence professionnelle n’écrase pas tout le reste.
« Il faut permettre à son talent naturel de s’exprimer grâce au travail, mais aussi grâce à une bonne vie de famille, de la perspective, de la paix et de la pleine conscience. C’est la perspective, la joie, la passion. C’est comprendre à quel point nous avons de la chance. »
Un discours qui résonne particulièrement avec les Warriors de cette époque. Golden State venait alors de remporter son deuxième titre en trois saisons et allait continuer à dominer la NBA pendant plusieurs années.
