Detroit avait ciblé Wembanyama, il a répondu en patron

Dans un match au parfum de playoffs, les Pistons ont imposé un défi physique intense aux Spurs et ciblé Victor Wembanyama dès les premières minutes. Bousculé, souvent au sol, le Français a pourtant signé 21 points, 17 rebonds et 6 contres pour mener San Antonio face au leader de l’Est.

Les San Antonio Spurs et les Detroit Pistons nous ont offert un aperçu de ce que pourrait être une confrontation digne de futures finales NBA ce lundi soir à la Little Caesars Arena. Dans une bataille rude et physique, qui a vu les Spurs s’imposer 114-103 face au leader de la Conférence Est, San Antonio a confirmé sa montée en puissance, en remportant un neuvième match consécutif. Mais ce succès a surtout été façonné par la façon dont l’équipe a répondu au défi imposé par la défense agressive des Pistons et par la manière dont Victor Wembanyama a su encaisser les chocs sans se dérober ni baisser la tête.

Le déroulé de la rencontre a rapidement mis en lumière l’intensité physique imprimée par Detroit. Connu pour sa défense robuste et son approche de « bully ball », le roster de la franchise du Michigan n’a pas hésité à se frotter au jeune Français, cherchant à perturber son rythme, à le bousculer sous le cercle et à tester sa résilience face à une pression constante. Cette stratégie, qui peut rappeler des duels playoff-style, visait clairement à neutraliser l’impact de Wembanyama, conscient que ses capacités athlétiques et son influence des deux côtés du terrain sont déterminantes pour les ambitions des Spurs.

Le plan des Pistons a porté ses fruits en début de match, notamment en limitant la fluidité de Wembanyama au tir, qui a terminé la rencontre à 6 sur 16, mais son impact ne s’est pas mesuré seulement par son adresse. Face à cette pression, il a répondu par une performance complète : 21 points, 17 rebonds et six contres, dominant dans les airs et contribuant bien au-delà du scoring pur. C’est précisément cette capacité à produire en dépit de la philosophie physique de Detroit qui a permis aux Spurs de rester en tête et de contrôler une grande partie de l’affrontement.

Wembanyama : « C’est une des équipes les plus physiques que nous avons affrontées cette saison, et j’aime ça »

Après la rencontre, Wembanyama a été franc sur l’aspect brutal de la confrontation. Il a décrit la manière dont Detroit l’a attaqué physiquement tout au long du match, assumant pleinement les chocs et les contres-pieds donnés par ses adversaires.

« Ils jouent physique, ils jouent dur. C’est une des équipes les plus physiques que nous avons affrontées cette saison, et j’aime ça », a-t-il déclaré, soulignant que cette confrontation était non seulement un test de force, mais aussi une expérience qu’il prend plaisir à vivre sur le terrain.

Cette mentalité active, loin de s’effriter sous la pression, s’est manifestée dans plusieurs moments clés. Wembanyama n’a pas seulement influencé le match par ses statistiques individuelles, il a été une présence intimidante dans la peinture, forçant Detroit à repenser certaines attaques et offrant des secondes chances à ses coéquipiers par des rebonds cruciaux. Ce genre de contribution a permis à San Antonio de conserver des possessions importantes et de maintenir sa marge d’avance dans un match où chaque point comptait.

Mais au-delà de Wembanyama, c’est tout l’équilibre des Spurs qui a sauté aux yeux dans ce succès. Devin Vassell, par exemple, a porté l’attaque avec 28 points, dont sept tirs à trois-points, donnant à San Antonio une capacité offensive souvent décisive face à une équipe adverse qui cherchait à protéger l’intérieur. Julian Champagnie et Stephon Castle ont aussi été essentiels des deux côtés, contribuant à cette victoire collective qui illustre l’évolution d'un groupe dont le destin pourrait plus rapidement que prévu l'amener vers les sommets en playoffs.

« Nous savons à quel point Wemby est talentueux et combien il peut être influent, mais ce n'est pas un one-man show », a confirmé l'entraîneur des Pistons, J.B. Bickerstaff. « Ils ont tout un groupe de joueurs talentueux en périphérie. »

Detroit n’a pas démérité. Jalen Duren a enregistré 25 points et 14 rebonds, tandis que Cade Cunningham a lutté contre la pression défensive imposée tout au long de la soirée. Mais cette tentative d’endiguer l’influence de Wembanyama n’a pas suffi à stopper la dynamique des Spurs, qui semblent de plus en plus capables de répondre à des attaques physiques et à des défis intenses sans perdre leur sang-froid. Même quand Detroit a tenté de les pousser dans leur retranchements, comme lors de ce moment de tension dans le deuxième quart-temps.

Cunningham a été sanctionné pour une faute offensive après avoir poussé sèchement Stephon Castle qui défendait très serré sur lui. Keldon Johnson, a alors réagi en poussant à son tour Cunningham pour défendre son jeune coéquipier au sol, et le pivot des Pistons, Jalen Duren, récemment suspendu par la ligue, a pointé son index droit vers le visage de Johnson, avec cet air menaçant qu'on lui connaît.

« Ce moment a donné beaucoup d'énergie à notre équipe. Ils ont compris que nous n'allions pas reculer », a déclaré Castle sur cette altercation (voir vidéo ci-dessous).

« Ils voulaient tester votre résistance », a commenté Mitch Johnson, l'entraîneur des Spurs. « Detroit respecte les règles. Je ne pense pas qu'ils les enfreignent. »

Detroit vs San Antonio : finale NBA de rêve ?

Ce duel a offert un aperçu fascinant de ce que pourrait être un affrontement de haut niveau entre deux des meilleures équipes de la ligue. Detroit a montré qu’ils ne reculeront jamais devant les confrontations âpres, tandis que San Antonio a démontré qu’ils possèdaient les ressources nécessaires pour survivre à ce type de test et ressortir victorieux. Pour Wembanyama, c’est une nouvelle étape franchie avec brio dans sa progression NBA : transformer une stratégie défensive agressive en une performance de haut niveau, même quand son tir n’est pas optimal et apprendre à faire confiance à ses coéquipiers.

« Je ne sais pas à quoi ressemblent les playoffs, mais je sais que nous allons avoir besoin de ce que nous avons montré ce soir », a conclu Wembanyama, qui en est à sa troisième saison avec une franchise qui n'a pas participé à la post season depuis 2019.

Avec ce nouveau succès, cette neuvième victoire de suite, San Antonio affiche dorénavant un bilan de 41-16 et conforte très solidement sa deuxième place de la conférence Est avec 6 victoires d'avance sur Houston, troisième. Mieux, les Spurs ne sont plus qu'à 3 victoires du Thunder, leader incontesté de l'Ouest depuis le coup d'envoi de la saison. Bref, de quoi rêver très haut et bien plus tôt que prévu.

Dans une saison où chaque rencontre à enjeu (notamment dans des affrontements interconférences) peut ressembler à des mini-playoffs, ce succès sur le parquet du leader incontesté de l’Est conforte les Spurs dans leur trajectoire ascendante et met en lumière la capacité de Wembanyama à répondre présent quand la compétition se durcit.

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