Dwight Howard est-il toujours une superstar ?

Dwight Howard a cherché à se refaire une réputation en adoptant une attitude conquérante. Ses performances sont bonnes mais pas à la hauteur de celles d'un vrai franchise player.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Dwight Howard est-il toujours une superstar ?
Dwight Howard a-t-il voulu se refaire une réputation ? Après la défaite des Houston Rockets dans le Game 4, un revers qui poussait la franchise texane au bord d'une élimination décevante au premier tour, le pivot jouait soudainement les chefs de meute en invitant quiconque qui ne serait pas déterminé à gagner le match suivant «à ne pas prendre l'avion et à rester à Houston.» Des belles paroles et un état d'esprit conquérant qui ne s'est pas ressenti sur le terrain. Les Rockets ont pris une branlée, une belle, et sortent désormais la tête baissée. Alors que la plupart des titulaires avaient rejoint le banc de touche, les pensées sans doute déjà bien loin du basket, «D12» est resté sur le parquet avec les porteurs d'eau.
«Il voulait continuer à jouer et terminer le boulot», raconte J.B. Bickerstaff, le coach des Rockets. «Il ne voulait pas abandonner. Il ne voulait pas quitter le combat. Il voulait laisser cette imagine [de quelqu'un qui n'abandonne pas].»
Cette image, celle d'un homme qui baisse les bras et quitte le navire, est justement celle qui suit Dwight Howard depuis son transfert (et ses faux départs) d'Orlando vers Los Angeles. Un an après son arrivée aux Lakers, il mettait déjà les voiles pour Houston après avoir été malmené par Kobe Bryant tout au long de la saison. Sauf surprise, il s'apprête désormais à changer une nouvelle fois de cap cet été. Le divorce semble inévitable entre les Rockets et l'ancien All-Star. Il y a cette fois mis du sien, il a essayé de faire des pas vers James Harden depuis trois ans mais la complicité sur et en dehors du parquet est inexistante entre les deux joueurs majeurs de la franchise. Le barbu devrait être concerté sur le choix du prochain coach de l'équipe. Pas Howard.

Quelle franchise pour rebondir ?

A 30 ans, il est déjà sur le «déclin», un terme à prendre avec des pincettes, en raison de ses nombreuses blessures passées. Il est arrivé dans la ligue à 18 ans et les nombreuses batailles dans la raquette ont laissé des traces sur le corps de celui qui était un temps surnommé «Superman». Mais il continue de se battre malgré le peu de ballons dont il a bénéficié lors des derniers playoffs. Souvent ignorés par ses partenaires, Dwight Howard a compilé 13,2 points à 54% de réussite et 14 rebonds en cinq matches. Des statistiques qui laissent penser qu'il a encore de l'énergie à donner. Un pari que semble prêt à prendre plusieurs équipes en pleine ascension. Les Charlotte Hornets, les Milwaukee Bucks, le Magic d'Orlando et les Portland Trail Blazers - quatre franchises ambitieuses et assez jeunes - seraient intéressés par ses services. [caption id="attachment_318072" align="alignleft" width="318"] Dwight Howard vers un retour au Magic ?[/caption] Le rapprochement avec le Magic est étonnant, surtout maintenant qu'Orlando s'est trouvé Nikola Vucevic, récupéré lors du transfert d'Howard, en pivot. Celui avec les Hornets est plus intéressant. Steve Clifford, aujourd'hui coach des frelons, était assistant au Magic quand la star était un candidat permanent au trophée de MVP. Les deux hommes se connaissent bien. Charlotte est une équipe défensive dont il est susceptible d'être la tour de contrôle. La présence de Marvin Williams en ailier-fort fuyant lui libérerait aussi de la place dessus. Les Hornets cherchent à recruter un joueur d'impact depuis plusieurs saisons et Howard jouit encore de la réputation de star sur le plan marketing. L'explosion du Cap offre suffisamment d'argent à l'organisation pour le signer lui en plus d'un autre joueur au max (Nicolas Batum). Le natif d'Atlanta serait idéal en deuxième ou troisième option au sein d'une franchise prometteuse. Mais en a-t-il seulement envie ? Il semble qu'il se sente encore l'âme d'une première option, d'une superstar, un statut qu'il n'a plus sur le parquet depuis son départ du Magic.
[superquote pos="d"]"Il n'est plus le joueur qu'il a été." Kevin McHale[/superquote]«Si vous lui donnez régulièrement la balle en bas, le pauvre gars ne pourra pas prendre l'avantage. Il n'est plus le joueur qu'il a été», assurait son ancien coach Kevin McHale, licencié après onze matches cette saison.
Dwight Howard estime peut-être que ses coéquipiers ne lui passaient pas assez la balle quand ces derniers, et visiblement certains de ses coaches aussi, ne l'imaginaient pas capables de s'affirmer comme un réel point d'ancrage dans la raquette en attaque. Il serait dommage que le pivot freine la progression d'une équipe comme Charlotte, Milwaukee, Portland ou Orlando en pestant au sujet de son utilisation quelques mois après son arrivée. «D12» a encore des ressources et il mûrit, même s'il a gardé sa personnalité joviale. C'est son attitude, autant l'accepter du moment qu'il se donne sur le parquet et évite les mélodrames. Mais c'est peut-être aussi à lui d'accepter que ses meilleurs jours sont derrière lui et que c'est une nouvelle carrière qui débute pour lui...
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