Et si les Raptors étaient l’équipe qui allait choquer l’Est ?

L’affaire Kawhi Leonard touche à sa fin et son arrivée à Toronto se précise. Avec lui, les Raptors pourraient bien devenir la surprise de l’Est.

Et si les Raptors étaient l’équipe qui allait choquer l’Est ?

Pendant près de deux mois, les Toronto Raptors ont vécu dans une situation assez étrange. Ils avaient trouvé un accord pour faire revenir Kawhi Leonard, mais sans réellement savoir s'ils pourraient compter sur lui. L'enquête de la NBA sur les Clippers et les arrangements financiers autour de leur superstar avait placé le trade en suspens. Le verdict est désormais tombé. Leonard a été condamné à 700 000 dollars d'amende, mais il n'a pas été suspendu et son contrat n'a pas été annulé. Selon Shams Charania, le transfert à Toronto devrait donc être finalisé dans les prochains jours. Les Raptors peuvent enfin commencer à envisager sérieusement leur saison avec Kawhi dans l'effectif.

La question mérite du coup d'être posée : et si cette équipe était l'une des plus dangereuses de la Conférence Est ? Toronto n'arrive pourtant pas de nulle part. La saison dernière, les Raptors ont terminé avec 46 victoires, la 5e place à l'Est et la 5e meilleure défense de NBA. Ils ont surtout poussé Cleveland jusqu'au Game 7 du premier tour, alors qu'ils sortaient de trois saisons sans playoffs. Darko Rajakovic, prolongé cet été, avait réussi à construire une équipe agressive, cohérente et franchement pénible à affronter. Il va pouvoir ajouter Kawhi Leonard à cette équation.

Un cinq qui peut faire très mal

Sur le papier, Toronto peut démarrer avec Immanuel Quickley, RJ Barrett, Leonard, Scottie Barnes et Jakob Poeltl. Rien que physiquement, il y a de quoi rendre certaines soirées particulièrement longues pour les adversaires. Le duo Barnes-Leonard offre surtout à Rajakovic deux défenseurs extrêmement polyvalents sur les ailes, avec la possibilité de changer énormément de choses, d'envoyer de la taille sur les créateurs adverses et de protéger Quickley ou Barrett selon les match-ups. Derrière eux, Poeltl reste un vrai point d'ancrage dans la raquette, même s'il y a sans doute là un axe d'amélioration et de la place pour l'éclosion d'un profil comme celui de Collin Murray-Boyles.

Affaire Kawhi : la NBA massacre les Clippers !

Néanmoins, réduire Kawhi à ce qu'il peut apporter défensivement serait surtout oublier le plus important. Toronto avait la 15e attaque de NBA la saison dernière. Leonard vient de tourner à 27,9 points, 6,4 rebonds et 3,6 passes en 65 matches avec les Clippers. À 35 ans, lorsqu'il est sur le terrain, il reste un attaquant capable de créer son propre tir et de punir une défense de playoffs sur demi-terrain. Exactement ce qui pouvait manquer aux Raptors lorsque les possessions se compliquaient.

Pour une fois, il n'est pas question de demander à Kawhi de tout faire. Barnes peut continuer à être le centre du projet et l'un des principaux créateurs. Quickley apporte du tir et de la création sur pick-and-roll. Barrett sort d'une saison à plus de 19 points de moyenne. Toronto dispose également de jeunes joueurs intéressants comme Collin Murray-Boyles ou Ja'Kobe Walter, avec des vétérans comme Kyle Anderson pour donner encore un peu plus de polyvalence à la rotation.

Le luxe de ne pas être obligé de gagner

Il y a surtout un autre élément qui rend les Raptors intéressants : la pression ne sera pas la même qu'ailleurs. D'autres équipes de l'Est vont aborder la saison avec des ambitions affichées et parfois l'impression qu'une élimination précoce constituerait un véritable échec. Toronto n'en est pas encore là. Les Raptors viennent seulement de retrouver les playoffs et leur saison précédente a déjà largement dépassé les attentes.

Ils peuvent entrer dans cette nouvelle campagne avec ce statut assez confortable d'équipe que personne n'a vraiment envie de rencontrer sans pour autant être placée immédiatement parmi les deux ou trois formations condamnées à atteindre les Finales de Conférence. C'est peut-être leur plus grande force.

Il existe évidemment des réserves. Leonard reste Leonard et sa disponibilité devra toujours être surveillée, même s'il a joué 65 matches la saison dernière. Le départ de Gradey Dick dans le trade enlève également une option de shooting, tandis qu'un cinq Quickley-Barrett-Leonard-Barnes-Poeltl ne garantit pas forcément un spacing parfait. La profondeur offensive peut aussi poser question lorsque les titulaires sortiront. Mais le plafond est devenu soudainement beaucoup plus haut.

Toronto possédait déjà une défense de top 5, un coach qui vient de faire gagner 16 matches supplémentaires à son équipe et plusieurs joueurs qui n'ont probablement pas fini de progresser. Les Raptors remplacent maintenant Brandon Ingram par l'un des meilleurs joueurs de playoffs de sa génération, qui sort encore d'une saison à quasiment 28 points de moyenne. Au moment de chercher l'équipe susceptible de bouleverser la hiérarchie à l'Est, difficile désormais de ne pas regarder vers Toronto. Les Raptors n'auront peut-être pas besoin de redevenir immédiatement les champions de 2019 pour réussir le retour de Kawhi Leonard.

S'ils deviennent simplement l'équipe que personne ne veut voir apparaître sur sa route en avril, ce sera déjà un sacré problème pour le reste de la Conférence Est.