Ça commence souvent comme ça : une nouvelle défaite, un score sec, et cette impression que Milwaukee se contente de survivre match après match. Sauf que là, au fil de la discussion, on entend autre chose. On entend la fatigue. La frustration. Et surtout un mot qui plane sans être prononcé trop fort : la rupture. Antoine et Shaï ont abordé ce sujet ce matin dans le CQFR. Debrief.
Dans la nuit, le Thunder a dominé les Bucks 122-102, avec un Shai Gilgeous-Alexander « absolument magnifique d’efficacité » : 40 points à 16/19 au tir, 6/7 aux lancers, une prestation décrite comme « ultra clinique ». On insiste sur le contexte : beaucoup d’absents côté OKC, et malgré ça une victoire « nette et sans bavure ». En face, Milwaukee manque aussi du monde, mais l’impression générale reste la même : « nouvelle dérouillée pour les Bucks ».
Et au milieu de ce décor, il y a Giannis Antetokounmpo. Il « porte un peu l’équipe comme il peut », mais ça ne suffit plus. Le point clé, c’est le langage corporel et l'ambiance décrite dans le CQFR : « il se frustre de plus en plus », on le voit dans « les interactions avec le staff lors des temps morts », et surtout cette phrase qui résume tout : « ça ne respire pas la sérénité ». Plus loin, la discussion va encore plus loin, presque comme un constat : « tu le vois… ils ne se regardent même plus avec Doc Rivers ».
Le cœur du sujet, c’est cette idée d’une phrase qui pourrait mal vieillir. Antoine et Shaï rappellent le fait que Giannis Antetokounmpo ait dit que « ce n’est pas moi qui vais demander mon trade », et ils imaginent le scénario où, à force d’encaisser, il finit par craquer. Avec une nuance importante : si départ il y a, il ne ressemblerait pas à une demande officielle balancée de manière brutale. Difficile d'imaginer « un tweet… Giannis Antetokounmpo a officiellement demandé son trade ». Dans leur projection, ce serait plus feutré, presque diplomatique : « Giannis et les Bucks, d’un commun accord, ont décidé de travailler sur la possibilité d’un trade ».
Évidemment, on souligne que, sur le fond, « ça revient au même ». Le "commun accord", c’est parfois juste une façon de mettre un costume propre à une séparation sale. Mais on insiste aussi sur un point : l’importance de l’image pour Giannis. Selon nos journalistes, il est « concerné par l’image qu’il va laisser », il « ne veut pas partir salement », et c’est précisément pour ça qu’il cherche, ou chercherait, une sortie qui ne donne pas l’impression d’un ultimatum public.
Est-ce que Milwaukee pourrait trader Giannis Antetokounmpo de son propre chef ?
Ensuite, la discussion bascule sur le timing. La deadline, ce 5 février qui se rapproche, paraît interminable quand tout va mal. Mais on développe une logique très simple : les meilleures offres ne viennent pas à la deadline. Elles viennent l’été, quand « plusieurs équipes ont du cap », quand on peut monter « des deals à quatre équipes », quand la flexibilité des tours de draft et des manœuvres de reconstruction crée un vrai marché. Et c’est là qu'Antoine et Shaï placent leur conviction : plutôt que février, l’hypothèse la plus cohérente serait l’été.
Reste la vraie question, celle qui fait mal : est-ce que Milwaukee pourrait décider de trader Giannis Antetokounmpo de son propre chef ? Nos journalistent répondent que « probablement pas »… sauf si le joueur fait comprendre quelque chose sans le formuler frontalement. Et là, ils décrivent une manière de jouer sur les mots, sans changer le résultat. Car s’il est tradé, qu’il l’ait demandé officiellement ou non, la conclusion sera la même.
L'essentiel dans le drama actuel c'est la notion de spirale. Si Milwaukee replonge dans une série de défaites, il peut y avoir « la défaite de trop ». Le moment où tout saute. Et dans cette hypothèse, nos journalistes font une comparaison avec le cas d’Anthony Davis à New Orleans. Les Pelicans avaient attendu l’été pour obtenir un package plus important, malgré une position pas idéale. Si Giannis devait demander à partir, que Milwaukee ait tout intérêt à faire pareil, il suffirait alors de tenir jusqu’à la fin de saison, puis de travailler un trade clean, avec une destination souhaitée, mais en conservant un maximum de levier.
Au final, l'important c'est cette sensation. Une atmosphère. Une équipe qui « est une bonne équipe, mais trop insuffisante », un leader qui en fait toujours trop pour colmater les fuites, et un horizon qui se rétrécit. Cette nuit ce n'était peut être pas encore "la goutte de trop", mais celle-ci pourrait arriver très vite.
