Comment battre les Warriors de Kevin Durant, mode d’emploi

Les Golden State Warriors ont monté une armada invincible sur le papier suite à l'arrivée de Kevin Durant. Décryptage des éventuelles faiblesses de cette "Dream Team".

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Comment battre les Warriors de Kevin Durant, mode d’emploi
Kevin Durant a brisé les internets, le coeur des supporteurs du Oklahoma City Thunder, le suspense, les saisons régulières de 2016 à 2020 et le défibrillateur de David Stern hier soir. La superstar a rejoint les superstars des Golden State Warriors pour former une équipe historiquement forte sur le papier. Les dirigeants californiens vont maintenant devoir boucler l'effectif mais les champions 2015 se posent déjà en favoris pour le titre en 2017 (2018, 2019...). S'il est facile de deviner les innombrables forces de cette association de super héros dignes des Avengers, il est plus difficile de cerner ses potentielles faiblesses. Néanmoins, chaque équipe a ses failles. Alors, certes, nous sommes encore loin du début de la prochaine saison. Alors, certes, les Warriors vont sans doute se renforcer en embauchant quelques vétérans en quête d'une bague NBA. Mais jetons déjà un œil aux éventuels talons d'Achille de cette machine de guerre. Pour battre les Warriors, il faudra donc :

Deux excellents défenseurs extérieurs

[caption id="attachment_323866" align="alignleft" width="318"] Les Spurs peuvent battre les Warriors si Gregg Popovich parvient à cloner Kawhi Leonard en plusieurs exemplaires.[/caption] Avoir un stoppeur extérieur est devenu une obligation pour les candidats au titre depuis l'avènement des scoreurs comme Michael Jordan suivi par Kobe Bryant, Allen Iverson et compagnie. Contenir le meilleur attaquant adverse est l'une des clés du succès en NBA et, vu que la plupart d'entre eux sont maintenant des meneurs, arrières ou ailiers, il est nécessaire de compter dans ses rangs un robot défensif capable de chasser les stars. [superquote pos="d"]Un stoppeur pour Curry, un autre pour Durant... [/superquote]Mais ça, c'était avant. Avec les associations de superstars, un stoppeur ne suffit plus. Sur qui doit défendre Kawhi Leonard ? Kevin Durant ou Stephen Curry ? Non, pour battre ces Warriors, il faudra au moins compter deux défenseurs d'élite sur les ailes. Quelques franchises ont des tandems défensifs prometteurs. Les Spurs ont de quoi voir venir avec Leonard, double DPOY, et Danny Green. C'est sans doute la meilleure doublette de la ligue dans ce domaine. Les Hornets ont un peu de matière avec Kemba Walker, Nicolas Batum et Michael Kidd-Gilchrist. Les Celtics ont un stoppeur d'élite avec Avery Bradley et Jae Crowder est lui susceptible de faire le boulot sur Durant... et encore. Un duo formé par un LeBron James appliqué et un Iman Shumpert en état de grâce tiendrait le choc mais débourserait une sacrée énergie en défense. Tony Allen a fait faire des cauchemars à "KD" par le passé et Mike Conley est un bon défenseur, même s'il faut être bien plus qu'un "bon défenseur" pour ralentir Curry. Avec le vice Matthew Dellavedova, le sérieux de Khris Middleton et la longueur de Giannis Antetokounmpo, les Bucks ont des arguments. Le Thunder aussi, avec Russell Westbrook, Victor Oladipo et Andre Roberson. Les Rockets peuvent compter sur Patrick Beverley et Trevor Ariza mais James Harden prendrait l'eau contre Klay Thompson... Du coup, avec Klay, ça fait trois défenseurs d'élite demandés. Aucune équipe NBA n'a ça en stock.

Deux grands mobiles ET bons dos au panier

Les Warriors vont certainement évoluer en "small ball" une bonne partie du temps avec Draymond Green en pivot, Durant ailier-fort, Andre Iguodala et Thompson sur les ailes et Curry à la mène. Un cinq extrêmement difficile à contenir en défense. Il va falloir punir les Warriors dans la raquette lorsque ces derniers n'auront pas la balle. Mais les joueurs capables de courir après des gars comme Durant ou Green d'un côté du parquet avant de les maltraiter physiquement de l'autre (grâce à leur taille ou à leur puissance) sont particulièrement rares. Ces joueurs grands et mobiles sont uniques. Ce sont les freaking Karl-Anthony Towns ou Kristaps Porzingis. Mais il ne suffira pas d'en avoir un. [superquote pos="d"]Un grand bon dos au panier et mobile, c'est rare. Alors deux... [/superquote]Green a démontré qu'il était capable de tenir le choc face aux pivots, même les plus lourds. Il aura pour mission de défendre sur le meilleur scoreur intérieur chaque soir. Il faut donc un deuxième joueur bon près du cercle pour cartonner Kevin Durant. Et là, cela devient vraiment compliqué. Paul Millsap est suffisamment mobile pour chasser un ailier loin du cercle et pour le dominer au poste bas en attaque. Mais à moins que les Hawks trouvent une solution pour le cloner, difficile d'imaginer Dwight Howard courir après Iguodala, Durant ou Green. Même schéma avec Kevin Love. Si l'intérieur des Cavaliers était plus mobile, Cleveland aurait peut-être la clé. LeBron et Love sont deux excellents joueurs dos au panier et si Green peut défendre sur l'un des deux, "KD" sera en difficulté sur l'autre. Joakim Noah et Kristaps Porzingis ont des arguments mais le Français manque de technique près du cercle. Idem pour Aaron Gordon qui aurait pu tenter quelque chose au côté de Serge Ibaka.

Une équipe athlétique

[caption id="attachment_324920" align="alignleft" width="318"] Le Thunder avait fait souffrir les Warriors en playoffs.[/caption] On l'a vu au cours de la dernière saison, les Golden State Warriors ont plus de mal à mettre en place leur jeu collectif lorsqu'ils sont bousculés physiquement. Les qualités athlétiques et la taille des joueurs du Thunder ont mis en difficulté les Californiens en finales de Conférence et les Milwaukee Bucks avaient eux aussi profité de cet avantage pour faire chuter les Warriors en premier alors qu'ils étaient sur une série de 24 victoires consécutives. Oscar Roberson et d'autres observateurs NBA estiment que Stephen Curry est moins dominant lorsqu'il est harcelé constamment par des défenseurs agressifs, longs et costauds. Les Warriors doivent être brutalisés physiquement sous peine de détruire moralement leurs adversaires à coup de trois-points. Comme Curry, Durant n'apprécie pas non plus de jouer face à des adversaires collés à son corps - et à la limite de la faute à chaque fois - sur chaque possession. Tony Allen lui avait donné du fil à retordre en playoffs et même Chris Paul, beaucoup plus petit mais extrêmement combatif (et pas tout fin), l'a bousculé en 2014. Les Sixers auront le profil idéal d'ici quatre saisons. Les Wolves dans deux ans. En attendant, les Bucks et les Celtics, le Jazz et le Magic et évidemment le Thunder iront peut-être chercher une victoire en saison régulière en s'appuyant justement sur leur potentiel athlétique.

Deux scoreurs dans le backcourt

[superquote pos="d"]Il faut agresser Stephen Curry... tout le temps[/superquote]Les détracteurs de Stephen Curry n'oublient jamais de souligner les aptitudes défensives du double MVP. Le meneur des Golden State Warriors n'est pas un stoppeur, il est vrai, mais il a fait des progrès dans ce domaine. Surtout, il est bien aidé par la présence de Klay Thompson qui a l'habitude de se coltiner le meilleur scoreur extérieur adverse. Une seule terreur sur les lignes arrières ne suffit pas contre les Warriors. Là encore, il en faut deux afin que l'un d'entre eux puisse essayer d'exploiter les lacunes de Curry. Et par scoreur, on entend bien un attaquant vraiment décisif capable de prendre le dessus balle en main (drive, pick-and-roll) mais aussi capable de shooter de loin si jamais la défense recule. C'est justement comme ça que les Trail Blazers ont battu les Warriors l'an passé. Avec un C.J. McCollum et surtout un Damian Lillard bouillant en même temps. Les Raptors de Kyle Lowry et DeMar DeRozan avaient eux aussi fait douter les Californiens l'espace d'un match. Le tandem revanchard Westbrook-Oladipo sera certainement très motivé. Les Wizards ont du potentiel avec Bradley Beal et John Wall. Les Cavaliers aussi... si Dwyane Wade signait dans l'Ohio, histoire de nous offrir une guerre nucléaire en finales NBA.

De la profondeur de banc

Le banc des Golden State Warriors sera peut-être un peu moins effrayant à partir d'octobre prochain. Les dirigeants vont engager quelques vétérans pour boucler l'effectif et on peut déjà envisager d'avance qu'au moins l'un d'entre eux sera complètement au bout du rouleau. Les jeunes Kevin Looney et Damian Jones sont... jeunes justement. Pour battre Golden State, il faudra battre son deuxième cinq. Mais il y a un avantage à l'arrivée de Kevin Durant qui ne saute pas nécessairement tout de suite aux yeux. Tout le monde évoque déjà les moments que les quatre stars des Warriors passeront ensemble sur le parquet. Mais avec quatre All-Stars justement, Steve Kerr va pouvoir plus facilement répartir les temps de repos de chacun. Plutôt que d'un laisser un sur le parquet avec les remplaçants - traditionnellement Klay Thompson - pendant que les autres se reposent, il va pouvoir désormais en aligner deux ! Curry-Green ou Thompson-Green ou Durant-Green ou Durant-Thompson ou même Curry-Thompson ou encore Curry-Durant entourés de trois role player ? Rien que l'un de ces cinq jouerait le titre. Et ce serait donc le deuxième cinq des Warriors. Impressionnant. Même un banc de qualité aura du mal à prendre l'avantage sur un groupe composé de deux superstars et trois joueurs de l'ombre.

Le verdict

Certaines équipes ont des caractéristiques susceptibles de gêner les Warriors. Mais pas dans les cinq domaines cités ci-dessus. Finalement, le Thunder est peut-être encore l'équipe qui est la plus à même de mettre les Californiens en difficulté. Il leur manque juste (un grand) quelque chose. Un Kevin Durant, quoi.    
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