Harden contre Martin, ça change quoi ?

Les deux joueurs échangés ont un jeu différent qui devrait influer sur celui de leurs équipes respectives

Benoît JametPar Benoît Jamet  | Publié  | BasketSession.com / NEWS / WHAT THE FLOP / FAIL
Harden contre Martin, ça change quoi ?
Dans un article très intéressant sur le site Grantland, Kirk Goldsberry a analysé les différences entre le jeu de James Harden et celui de Kevin Martin, les deux principaux protagonistes du trade le plus surprenant de cette intersaison 2012. A l'aide de l'outil Courtvision et de ses graphiques sur la saison dernière, il qualifie James Harden de joueur "élite", ce que ses 37 pts et 12 dimes de la nuit dernière ont semblé confirmer. Là où The Bearded One excelle sont les zones les plus importantes sur un terrain: derrière la ligne à 3 pts et près du panier. Goldsberry remarque d'ailleurs qu'Harden ne prend presque jamais de tirs a mi-distance, préférant soit reculer pour marquer un point de plus ou utiliser son Euro-step meurtrier pour se rapprocher du panier le plus possible. La saison dernière, 42% des tentatives d'Harden était des tirs proches du panier (disons, proche du demi-cercle peint au sol, à 1m25 du centre de l'arceau) et il en avait réussi 62%. En plus des point marqués, la capacité d'Harden à pénétrer permettait au Thunder de bénéficier des fautes adverses mais aussi d'un effet "aimant, rapprochant les défenseurs de la raquette et libérant donc des espaces sur l’extérieur. A cette adresse à très courte distance, James Harden ajoute aussi une très bonne adresse extérieure (39% en 2012 à 3pts et 4/10 hier à Detroit dans son premier match avec les Rockets), notamment depuis les ailes. Alors bien que Kevin Martin soit aussi un très bon shooteur à 3pts en carrière (37,7 % sur ses 8 saisons), son taux d'adresse a surtout régressé ces quatre dernières années (de 41% en 2008-09 à 33% la saison suivante, puis 38% en 2011 et enfin 34% la saison dernière). Le Thunder a donc récupéré un joueur moins adroit à longue distance que ne l’était Harden pour eux (mais Jeremy Lamb, avec son 38% en pré-saison, pourrait prendre la relève de ce côté-la). Mais là où le bât blesse pour le Thunder, c'est que Martin n'est pas vraiment un joueur de pénétration, comme le montre son graphique ci-dessous, n'ayant pris que 20% de ses shoots près du panier la saison dernière et n'en ayant réussi que 53% (à comparer avec les 42% et 62% évoqués au-dessus pour Harden). Finalement, en mettant les deux graphiques côte à côte, Goldsberry a pu identifier un dernier endroit où la perte d'Harden pourrait être durement ressentie par le Thunder. Comme il le montre ci-dessous en entourant les deux zones, les paniers proches du cercles seront moindres de la part de Martin que d'Harden mais le nouveau joueur du Thunder a aussi une adresse moindre lorsqu'il se retrouve derrière la ligne à 3-pts du côté droit de l'attaque, malgré sa forte tendance à shooter de cette position. On pourra toujours pondérer ces chiffres et ces graphiques en se disant que Kevin Martin n'avait pas Durant et Westbrook à Houston pour effrayer les défenses et lui laisser de l'espace. Néanmoins, le pari tenté par Sam Presti, le GM du Thunder, pourrait être le petit grain de sable qu'il aura fallu pour dérégler la machine Thunder, finaliste NBA en 2012. Début de réponse cette nuit avec l’entrée en lice du Thunder face aux Spurs...  
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