Après la lourde défaite de Las Vegas face à Indiana dans la nuit de dimanche à lundi, Chelsea Gray, meneuse des Aces, a reçu plusieurs menaces de mort et insultes à caractère racial par message Instagram. Les mots sont d'une violence sans nom : "T'es une vraie co**sse, sale n****".
L'Américaine de 33 ans a dénoncé les faits via une publication sur ses réseaux sociaux. Elle dénonce le fait que, lorsque les joueuses signalent des menaces ou du racisme, on invisibilise leur parole et on leur ordonne seulement de se montrer sur un parquet.
"Les gens font comme si on inventait tout ça. Et ils ont le culot de nous dire, à nous les sportifs, de “la fermer et de dribbler”.
Après avoir mis en lumière les actes horribles dont elle a été victime et avec l'aide des internautes, un homme a été retrouvé puis immédiatement mis à pied par l'entreprise de tourisme dans laquelle il travaillait : "Nous avons pris connaissance de ces allégations. {...} La personne responsable de la publication de ces informations ne fait plus partie de l'entreprise. Son comportement constituait une violation de plusieurs règles internes et ne reflète en aucun cas les valeurs de notre entreprise."
Un cas loin d’être rare
Les propos que Chelsea a subis ne sont malheureusement pas un cas isolé. Le même week-end, la meneuse des Lynx, Courtney Williams, a elle aussi reçu de la haine dans un message vocal. Après son match, la personne à l'origine de l'audio la blâmait pour son pari sportif perdu.
Les paris sportifs sont d'ailleurs de plus en plus un fléau du sport professionnel, amenant souvent à la haine et aux menaces lorsque ces derniers ne sont pas concluants. En décembre dernier, Caroline Garcia, ancienne joueuse de tennis, avait dénoncé cette problématique dont elle a été victime à plusieurs reprises au cours de sa carrière.
Ce racisme décomplexé et le nombre de menaces de mort sont de plus en plus fréquents. Avec l'explosion de la WNBA et l'augmentation de la médiatisation, les joueuses sont de plus en plus exposées sur les réseaux sociaux et face aux fans. Une situation où l'on a l'impression que la ligue et la commissaire Cathy Engelbert ont perdu le contrôle.
Alyssa Thomas a encore été victime d'insultes racistes et de menaces en ligne contre elle et sa famille après sa grosse faute commise contre Caitlin Clark il y a deux semaines. Une situation que la joueuse du Mercury a dénoncée : "Nous sommes très soucieux de la sécurité sur le terrain, mais on ne cesse de recevoir des menaces de mort. {...} On divulgue nos adresses. On publie des photos absurdes qui n’ont rien à voir avec le basket. C’est vraiment inacceptable, c’est quelque chose qui doit changer dans cette ligue, et j’en ai vraiment marre."
Une colère qui se comprend complètement alors que Cathy Engelbert était restée totalement silencieuse après les récentes attaques.
Le coach de Phoenix, en soutien à sa joueuse, avait d'ailleurs exprimé son mécontentement sur la situation. Par la suite, la femme d'affaires s'est exprimée à son tour à travers un communiqué : "La WNBA condamne fermement toutes les formes de haine. La sécurité et le bien-être de tous les membres de notre communauté constituent toujours la priorité absolue de la ligue."
Si les mots ont été prononcés, reste à voir ce que la ligue va mettre en place pour contrer la montée du racisme et des insultes à caractère discriminatoire.
Angel Reese, première victime
Il y a deux ans, Angel Reese avait déjà pris la parole sur la situation qu'elle subissait. Dans son podcast, la joueuse d'Atlanta avait expliqué avoir été victime de menaces, de racisme et de deepfakes à caractère sexuel visant à la faire passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas. Un moment de sa vie particulièrement difficile, qui touchait aussi son entourage :
"Des gens ont obtenu mon adresse et m'ont suivie jusque chez moi. C'en est arrivé là. À plusieurs reprises, des gens ont créé des images de moi dénudée avec l'intelligence artificielle et les ont envoyées à des membres de ma famille."
Angel avait notamment évoqué le fait que ces insultes étaient envoyées par les "fans" de Caitlin Clark, avec qui une rivalité est née à l'université.
"Parfois, c'est très irrespectueux. Je pense qu'il y a beaucoup de racisme, des menaces de mort. Je ne crois pas qu'elle soit d'accord avec ça."
La joueuse avait tenu à éclaircir le fait que Caitlin n'y était absolument pour rien, qu'elle n'avait pas le contrôle et que ce sont bien des "fans" détraqués qui étaient à l'origine de ces attaques envers sa personne. Les deux joueuses se connaissent depuis le lycée, se respectent et il serait temps que les gens le comprennent.
Après toutes ces atrocités, on espère que la WNBA va faire évoluer les choses et que l'on ne parlera plus que des actes sur les parquets de basketball.
