Pourquoi le conflit entre James Harden et les Sixers est crucial pour la NBA

La guerre qui oppose James Harden aux Sixers est très importante, et elle concerne toute la NBA.

Pourquoi le conflit entre James Harden et les Sixers est crucial pour la NBA

La danse macabre que mènent James Harden et Daryl Morey aux Sixers est captivante. Le premier souhaitant catégoriquement quitter Philadelphie, le second tentant de l’y retenir coûte que coûte, il s’agit d’un spectacle inhabituel. Mais ce qui se trame en Pennsylvanie revêt une importance capitale. D’abord pour l’équipe qui s’y trouve, puis pour la NBA dans son ensemble.

« Daryl Morey est un menteur et ne je ferai jamais partie d’une franchise dont il fait lui aussi partie », a lancé l’athlète, actuellement en Chine, de la plus directe des manières. L’expression « bras de fer » ne suffit plus à refléter la violence de cette guerre ouverte, officiellement déclarée. Les choses sérieuses commencent.

Comment James Harden et les Sixers en sont-ils arrivés là ?

Dans cette affaire, les deux camps sont en tort. On peut comprendre que James Harden, se sentant bafoué lors des négociations, ait demandé une porte de sortie. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu’il s’est lui-même enfermé dans la prison dorée dont il secoue aujourd’hui les barreaux. Le joueur était libre de décliner son option cet été et de partir par ses propres moyens. Il voulait aussi l’argent du beurre, c’est-à-dire les 35,6 millions de dollars qui lui étaient prédestinés.

En face, Morey doit faire ce qu’il y a de mieux pour son équipe. Et, en l’absence de contrepartie convenable, cela signifie qu’il doit conserver son meneur. Mais ce scénario ne peut pas être une issue satisfaisante pour Harden. Surtout après que le dirigeant ait promis de faire le maximum pour accéder à sa requête. Il s’agit d’un simple retour à la case départ — voire d’un subtil doigt d’honneur à son endroit.

Les frictions entre les deux, tirant dans des directions opposées, étaient inévitables. Il y a donc, d’un côté, une star qui n’a jamais reculé devant rien pour obtenir l’objet de ses désirs, et un décisionnaire qui n’a pas peur des situations inconfortables de l’autre. Impossible de dire qui lâchera la corde en premier. En attendant, les choses s’enlaidissent déjà.

James Harden craque : « Daryl Morey est un menteur »

Harden contre Morey, attention à la casse

James Harden le sait, il en a presque pris l’habitude : il doit avoir l’impact le plus néfaste possible sur les Sixers pour obtenir son trade. Si aucune contrepartie ne fait le poids, alors c’est son côté de la balance qu’il doit alléger. C’est la seule chose qu’il peut contrôler et c’est dans ce contexte que s’inscrit sa déclaration.

Le barbu aurait tort de se priver, car il n’a aucune sanction à redouter. Dans le pire des cas, il recevra une amende de la NBA, mais le montant sera sans doute ridicule par rapport à son salaire. Les Sixers seraient également en droit de le suspendre… mais c’est bien lui à qui cela profiterait.

Pour forcer sa franchise à le transférer, le meneur pourrait ne pas jouer. Mais, étant dans la dernière année de son contrat, Philadelphie pourrait l’empêcher de devenir agent libre l’été suivant s’il refuse de se présenter au camp d’entraînement et de disputer les matches. Une suspension ne serait donc rien de plus qu’une dispense de sport lui évitant de s’exposer à ce terrible scénario.

Daryl Morey, lui, doit le pousser à entrer sur le terrain. Il doit aussi veiller à ce que cette situation ne détruise pas son équipe de l’intérieur, une position difficile à tenir. La question est la suivante : jusqu’où chacun est-il prêt à aller ? Qu’elle que soit l’issue de ce conflit, elle sera cruciale pour le projet de Philly, ainsi que pour la ligue.

Podcast : Harden vs Sixers dans un poker menteur, Team USA impressionne

Pourquoi le dossier James Harden intéresse-t-il toute la NBA ?

Voir des stars demander leur transfert est devenu de plus en plus courant, mais il y a tout de même certaines limites. James Harden a choisi d’activer son option avant de réclamer à quitter une équipe compétitive — celle du MVP — pour une autre, sur un marché très fermé. Il cherche désormais à obtenir son trade en dénigrant publiquement un dirigeant, et il ne s’arrêtera peut-être pas là.

Face au « player empowerment », l’équilibre des forces en NBA est déjà précaire. Des dossiers bien moins importants ont retenu, ces dernières années, l’attention des propriétaires. La ligue est sous pression. La résolution du conflit contribuera grandement à définir les règles tacites qui encadrent les demandes de transfert.

Adam Silver, le patron, ne veut certainement pas voir Harden créer un précédent qui accroîtra encore le pouvoir des joueurs au détriment de celui des franchises. Il ne serait pas étonnant, à cet égard, que la NBA intervienne. Peut-être même de manière spectaculaire, compte tenu des enjeux.

Plus que l’avenir de James Harden et des Sixers, ce sont les dynamiques du pouvoir de toute la ligue dont il est question. Et c’est en cela que nous devons, en tant qu’observateurs, prêter une importance particulière à ce dossier.

Tracy McGrady : « Je ne comprends pas ce que fait James Harden »