Les Phoenix Suns ont frappé un grand coup hier soir en dominant le Oklahoma City Thunder sur le score de 108-105, au terme d’un scénario renversant conclu par un tir à trois points assassin de Devin Booker à 0,7 seconde de la fin. Menés de 18 points en seconde mi-temps, les Suns ont trouvé les ressources pour revenir dans le match avant de s’en remettre à Devin Booker dans le moment le plus brûlant de la rencontre.
Longtemps bousculés par l’intensité et la discipline collective du Thunder, les Suns ont d’abord subi. Oklahoma City a imposé son tempo, multiplié les courses en transition et sanctionné chaque approximation défensive de Phoenix pour prendre un avantage confortable après la pause.
Mais au fil du troisième quart-temps, la dynamique a basculé. Plus agressifs en défense, plus patients en attaque, les Suns ont enclenché une remontée progressive, portée par une adresse extérieure retrouvée et une circulation de balle bien plus fluide.
Le dernier quart-temps s’est transformé en bras de fer. Chaque possession comptait, chaque tir pesait lourd. À 8,2 secondes du terme, Jalen Williams a cru offrir le coup fatal aux Suns en égalisant pour Oklahoma City. Phoenix a alors pris un temps mort, avec une dernière possession pour décider du sort du match. Le ballon est naturellement revenu dans les mains de Devin Booker.
« Des situations que je visualise depuis des années. »
Après la rencontre, le leader des Suns a expliqué l’état d’esprit qui l’animait à ce moment précis : « Je suis déjà passé par là. Ce sont des situations que je visualise depuis des années, que je travaille à l’entraînement. Quand le ballon est revenu vers moi, j’étais totalement calme. »
« Quand on est dans le huddle, la conversation est simple. On sait ce qu’on cherche sur la remise en jeu. L’idée, c’était d’avoir un tir propre. Quand j’ai quitté le huddle, je savais ce que je voulais faire. »
« Quand il y a deux défenseurs qui arrivent sur toi, tu peux te dire que prendre un tir à trois points est risqué. Peut-être qu’il faudrait attaquer le cercle, provoquer une faute, gagner autrement. Mais c’est toujours compliqué de se lancer dans ce genre de situation. Malgré tout, j’avais confiance. Je savais que c’était le moment, alors j’ai pris ma chance. »
Isolé sur l’aile, Booker a créé son espace face à la défense avant de déclencher un tir longue distance parfaitement maîtrisé. Le ballon a transpercé le filet alors que le chronomètre affichait presque zéro, libérant toute la salle.
« Tout le monde me demande souvent comment je gère mes émotions dans ces moments-là. J’ai déjà vécu ça beaucoup de fois. C’était peut-être la dixième fois que je me retrouvais dans une situation comme celle-ci, avec quelques secondes à jouer. »
« Je pense surtout à l’horloge. J’essaie d’avoir un bon regard sur la défense. Je ne veux pas forcer. Mais quand le tir se présente, je le prends. Et quand ça rentre, tu sais que le match est fini. »
« Sur mes tirs ce soir, je me sentais extrêmement confiant. Il n’y avait aucune hésitation. Je savais que si je déclenchais, j’assumais totalement. Le ballon n’est pas monté très haut, je lui ai juste donné un peu d’air. Le tir était propre, devant moi. À partir de là, il n’y avait plus qu’à le laisser partir. »
Devin Booker achève le Thunder en shootant par-dessus Caruso
Booker termine la rencontre avec 24 points, 9 passes décisives et 6 rebonds, dans un rôle de chef d’orchestre assumé malgré une défense constamment focalisée sur lui. Son influence ne s’est pas limitée à son tir décisif. Tout au long de la seconde mi-temps, il a attiré les prises à deux, libérant des espaces précieux pour ses coéquipiers.
« Il faut aussi donner du crédit à mes coéquipiers. Ils ont fait le travail avant. Ils ont posé les écrans, attiré la défense, pris des rebonds importants. Ce sont des détails, mais c’est ce qui permet d’arriver à ce moment-là. »
« Dans ces situations-là, c’est exactement ce qu’on travaille. Ce n’est pas quelque chose qui sort de nulle part. C’est dans le travail quotidien, dans la répétition. »
Le coach des Suns a d’ailleurs insisté sur cet aspect collectif : « Beaucoup des tirs ouverts que Jordan Goodwin a eus viennent du fait que notre superstar accepte de faire jouer les autres. À la fin, dans les moments clés, le ballon revient vers lui, mais tout ce qui se passe avant compte tout autant. »
Jordan Goodwin a ainsi incarné cette dynamique. Auteur du meilleur match de sa carrière, il a inscrit 26 points, dont 8 tirs à trois points, punissant systématiquement les aides défensives provoquées par Booker. Dillon Brooks a lui aussi pesé lourd, avec 22 points, dont 14 dans le quatrième quart-temps, maintenant Phoenix à flot avant le coup de grâce final.
"That's a feeling you can't replicate."
Following his game-winning three, Devin Booker reflects on what it's like to come up big in the clutch! https://t.co/7oOuFdmU4V pic.twitter.com/8rsQLK6Sgb
— NBA (@NBA) January 5, 2026
« C’est l’équipe que tout le monde veut battre. »
Côté Thunder, cette défaite est rare et frustrante. Habituée à verrouiller les fins de match, l’équipe d’Oklahoma City a cette fois laissé une fenêtre à un joueur de calibre élite. Alex Caruso, présent sur la photo du buzzer, ne s’en est pas caché après la rencontre.
« À l’extérieur, tu ne peux pas te permettre de donner à un joueur de ce niveau-là une chance de gagner le match. À ce moment-là, la moindre erreur se paie cash. »
La victoire a une résonance particulière pour Phoenix, balayé lourdement par ce même Thunder plus tôt dans la saison lors d’un match sans Booker. Cette fois, avec leur leader sur le parquet, les Suns ont tenu tête aux champions en titre jusqu’au bout.
« C’est l’équipe que tout le monde veut battre. C’est contre eux que tu veux te jauger. On y a cru du début à la fin. Bref, on prend. Peu importe comment, peu importe la manière. Une victoire reste une victoire, surtout contre une équipe comme celle-là, » a conclu Booker.
À 21-14, Phoenix s’offre une victoire fondatrice, symbole d’une équipe capable d’encaisser, d’ajuster et de frapper au moment exact où tout se joue.
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