Jusqu’où Cooper Flagg peut-il aller d’ici 2030 ? Dans le CQFR du jour, Shaï Mamou et Antoine Pimmel se sont prêtés au jeu du « j’y crois / j’y crois pas », en se projetant sur plusieurs événements susceptibles de se produire au cours des prochaines années.
Parmi les prédictions proposées : Cooper Flagg sera élu MVP avant la fin de l’année 2030. Une prédiction faite par ESPN, mais une perspective à laquelle aucun des deux ne croit vraiment.
Pas nécessairement parce qu’ils doutent de Flagg. Le problème vient plutôt du calendrier et surtout de l’incroyable concurrence qu’il devrait affronter.
Cooper Flagg parmi les meilleurs ? Ils y croient
Quatre saisons, c’est court pour atteindre le sommet de la NBA. Shaï imagine pourtant très bien Cooper Flagg s’en approcher rapidement.
« Lui, je pense qu’il atteindra un niveau proche de celui d’un MVP dans les quatre ans. J’y crois », explique-t-il.
Il établit notamment un parallèle avec Cade Cunningham, capable d’atteindre un niveau permettant de se mêler à la discussion sans nécessairement devenir le meilleur candidat au trophée.
Antoine arrive à une conclusion similaire. D’ici quatre ans, Flagg pourrait déjà être considéré comme l’un des dix meilleurs joueurs de NBA. Il pourrait même atteindre les toutes premières places de cette hiérarchie extrêmement rapidement.
« Qu’il soit dans les tout meilleurs joueurs, j’y crois, même dans les deux ans si tu veux », estime Shaï.
Le problème s’appelle Wembanyama, Doncic, Jokic...
Pour devenir MVP, être excellent ne suffit évidemment pas. Il faut aussi être meilleur, au moins sur une saison régulière, qu’une concurrence qui s’annonce particulièrement dense.
Et c’est là que la prédiction se complique.
« Il va être dans une ligue où il y aura, dans leur prime, Victor, Shai, Luka. Jokic aura encore de bonnes saisons. Giannis aura encore quelques bonnes saisons. [...] Anthony Edwards... Il y a tellement de monde », énumère Shaï.
Victor Wembanyama devrait entrer dans ses meilleures années. Shai Gilgeous-Alexander et Luka Doncic seront toujours en plein prime. Nikola Jokic et Giannis Antetokounmpo pourraient encore rester dans la course, tandis qu’Anthony Edwards et d’autres candidats devraient également pouvoir prétendre au trophée.
Flagg devra en plus évoluer dans une équipe suffisamment performante collectivement pour soutenir une candidature au MVP. Antoine n'y croit pas trop :
« Il faudrait en plus que Dallas soit revenu sur le devant de la scène dans les quatre saisons. Peut-être 2029-2030, mais je ne suis même pas sûr : ils n'ont pas nécessairement de picks (de draft). Je n'y crois pas des masses. »
La comparaison avec LeBron James va-t-elle trop loin ?
La prédiction initiale d’ESPN repose notamment sur un précédent particulièrement prestigieux : LeBron James, qui avait remporté son premier MVP à seulement 24 ans.
Une comparaison qui ne convainc pas Antoine : « J’aime beaucoup Cooper Flagg. Je trouve que c’est un joueur kiffant. Je ne vois pas encore cette affiliation avec les plus grands des plus grands. » Shaï abonde : « LeBron, c’est un extraterrestre. »
C’est peut-être là que se trouve toute la difficulté lorsqu’il s’agit de projeter Flagg. Son potentiel permet déjà d’envisager une place très élevée dans la hiérarchie NBA. Le mettre sur une trajectoire comparable à celle de James demande cependant de franchir une étape supplémentaire.
Et la concurrence actuelle complique encore la comparaison. Pour Antoine, la NBA possède aujourd’hui une densité particulièrement importante de joueurs dont les statistiques et les performances collectives peuvent immédiatement nourrir une candidature au MVP.
« J’y crois pas », mais certainement pas à cause de Flagg
Shaï et Antoine se retrouvent donc sur la même réponse : ils n’y croient pas. Mais leur scepticisme concerne surtout l’échéance.
Cooper Flagg peut devenir l’un des meilleurs joueurs du monde très rapidement. Il peut se rapprocher du niveau MVP avant 2030 et s’installer parmi les candidats récurrents au trophée. Rien de tout cela ne leur paraît extravagant.
Le voir effectivement repartir avec le trophée dans un délai aussi court est une autre histoire.
Face à Wembanyama, Gilgeous-Alexander, Doncic, Jokic, Antetokounmpo, Edwards et probablement quelques candidats encore difficiles à anticiper, Flagg pourrait découvrir une réalité particulièrement cruelle de la NBA : on peut devenir l’un des meilleurs joueurs de sa génération sans être MVP immédiatement.
Pour le CQFR, le pari n’est donc pas que Cooper Flagg ne deviendra jamais MVP. C’est simplement que 2030 risque d’arriver un peu trop tôt.
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