L’heure de Kawhi Leonard est venue

Même s'il est encore jeune, même s'il ne faut pas (trop) s'enflammer suite à ses performances, Kawhi Leonard a prouvé lors de ces finales qu'il était prêt à occuper un rôle majeur à San Antonio.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
L’heure de Kawhi Leonard est venue
Les grands joueurs élèvent leur niveau de jeu dans les moments les plus importants de la saison. Alors que le Miami Heat venait de reprendre l’avantage du parquet suite à son succès sur les terres texanes, la finale NBA a basculé à l’American Airlines Arena. Même si seulement deux matches avaient été disputés jusqu’alors, les Spurs se devaient de gagner sous peine de laisser planer à nouveau l’ombre d’une deuxième défaite consécutive face au Heat en finale. Le moment idéal pour s’illustrer. Le moment choisi par Kawhi Leonard pour pratiquer le meilleur basket de sa jeune carrière : 29 points à 10/13 aux tirs, 4 rebonds, 2 interceptions et 2 blocks. Le champion est dans les cordes et il ne se relèvera pas. Les Spurs enchaineront trois succès consécutifs, trois victoires durant lesquels Leonard inscrira au moins 20 points. De quoi marquer les esprits et de quoi mettre la main sur le trophée de MVP des finales 2014. A 22 ans. Seul Magic Johnson s’est montré plus précoce que la nouvelle star des éperons.
« C’est surréaliste. Gagner avec ces trois gars (Manu Ginobili, Tim Duncan, Tony Parker) en étant si jeune… Je n’ai jamais pensé que je serai élu MVP », confie Kawhi Leonard.
L’histoire ne fait que commencer pour le jeune homme originaire de Riversdale, Californie. Tout le monde connait désormais l’origine de son arrivée aux Spurs. Le fameux transfert le soir de la draft 2011. Les Pacers, titulaires du quinzième choix, décide de se séparer de s’en séparer pour acquérir George Hill, adulé à San Antonio et natif d’Indianapolis. Les Texans ont pris un risque mais les dirigeants étaient sûrs de leur coup. Il n’empêche, « Sugar K » a déjà dépassé les attentes à son égard. Il franchit les étapes à pas de géant. Titulaire lors de sa saison rookie, héroïque lors des finales 2013, champion et MVP un an plus tard… on attend désormais la suite.
« Je suis arrivée dans cette ligue avec l’ambition d’être un grand joueur. Depuis le début de ma carrière, j’ai montré quelques indices sur le joueur que je peux devenir. Je dois continuer à aller de l’avant et travailler mon jeu afin de devenir meilleur. »
Kawhi Leonard a déjà tout une panoplie d’attributs sur un terrain de basket. Il peut défendre dur et ralentir les meilleurs joueurs du monde, LeBron James peut en témoigner. Il a des longs bras qui font de lui une menace permanente aux rebonds offensifs (et évidemment défensifs). Son shoot a été refaçonné par Chip Engelland et il l’a prouvé lors de ces finales avec 61% de réussite aux tirs et 58% derrière l’arc. C’est un très bon joueur sans ballon et il excelle en transition. Son dribble est également en progression même s’il doit encore travailler ce domaine afin d’être encore plus efficace sur le pick&roll. Mais l’évolution du jeune joueur sera également psychologique.
« Je dois apprendre à mener une équipe et a assuré au scoring. Je sais que les défenses adverses vont se concentrer sur moi et chercher à m’arrêter donc je dois apprendre à rendre mes coéquipiers meilleurs, apprendre à leur créer des opportunités. »
Cette déclaration en dit long sur l’attitude de la jeune star. Leonard a compris que, jusqu’à présent, les défenses adverses se focalisaient principalement sur Tony Parker, Tim Duncan et Manu Ginobili. Son trophée de MVP s’accompagne désormais d’un nouveau statut et donc d’un traitement particulier. Il va devoir désormais créer du jeu, pour lui et pour les autres. Connaissant le personnage, on ne se fait pas de soucis. C’est un bosseur, un vrai, au point où Gregg Popovich est parfois contraint de le sortir de la salle. Confirmer est toujours une tâche plus difficile pour les jeunes stars en devenir et il sera désormais attendu de pied ferme.
« Ne lui mettez pas trop de pression, il a encore du temps », prévient Tony Parker. « On gagne en équipe. Kawhi a remporté le trophée et il le mérite. Mais il faut encore le laisser grandir, il n’a que 22 ans. »
Effectivement, il n’alignera pas des statistiques similaires à celles de Kevin Durant, Paul George ou LeBron James la saison prochaine. Les Spurs sont une franchise à part et les dirigeants se concentrent d’abord sur le groupe avant de se pencher sur les cas individuels. La philosophie de jeu de Gregg Popovich est similaire et le succès passera toujours avant les statistiques de ses joueurs. Kawhi Leonard le sait et il ne rechigne pas à ce sujet. On a senti durant les trois derniers matches des finales qu’il semblait prêt à s’affirmer. Il demandait la balle. Il était agressif. Il voulait marquer. Mais il le faisait pour le bien de l’équipe et le Heat a souffert. Coach « Pop » a rappelé à juste titre qu’il n’avait appelé « aucun système pour lui ». Disons plutôt que Leonard n’était pas la première option offensive et qu’il est allé chercher ses points, comme un grand. C’est ce que les meilleurs joueurs font dans les situations délicates. C’est à ça que l’on reconnaît les bons joueurs des stars. Et il a gagné ce statut de star… et peut-être même le contrat qui va avec. Il est susceptible de prolonger avec les Spurs cet automne.
« Je me contente de jouer, mon agent s’occupe de ça. Les Spurs sont une super organisation. »
Bientôt Kawhi Leonard sera le visage des Spurs, comme l’avait prophétisé Gregg Popovich à l’issue des finales 2013. Le jeune homme a encore le temps. Manu Ginobili, Tim Duncan et Tony Parker sont encore maîtres du navire. Mais il a pris l’habitude de brûler les étapes…Leonard n’est plus le futur des Spurs. C’est le présent.
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