Kevin Love, atout ou handicap ?

Alors que les Cavs retrouvent les Warriors en Finales NBA, Kevin Love aura un rôle crucial à jouer. Mais saura-t-il se montrer à la hauteur en défense ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Kevin Love, atout ou handicap ?
Kevin Love se sent mieux à Cleveland depuis quelques semaines. Le Californien n'est pas subitement devenu un gai luron, mais on le voit nettement plus interagir avec ses petits camarades. Après avoir peiné à trouver un terrain d'expression à sa mesure, coincé entre l’omnipotence de LeBron James et le désir d'influence de Kyrie Irving, le voilà fondu dans le groupe et visiblement moins frustré par le rôle qui lui est dévolu. [superquote pos="g"]Lue : "Kevin, dis à LeBron que toi aussi tu es un putain de méchant"[/superquote]"Love se prend en photo avec Iman Shumpert après s'être fait floquer un T-Shirt de Game of Thrones avec lui, fait rire LeBron et Irving en conférence de presse, ou taquine ses coéquipiers et le staff pendant les matches. Depuis son arrivée à l'été 2014, on l'avait peu vu dans de telles dispositions. Passer du rôle de franchise player capable de sortir des matches à 20 points et 20 rebonds à la pelle à celui de troisième option offensive cantonnée aux shoots extérieurs n'est pas évident à encaisser. C'est vraisemblablement une réunion avec ses deux collègues All-Stars provoquée par Tyronn Lue en plein milieu de la saison qui a changé la donne et aidé Love à se faire violence.
"Je leur ai dit : 'Kevin, Kyrie et LeBron, vous devez tous les soirs savoir ce que vous pouvez attendre des deux autres. Tant que vous n'en êtes pas là, nous n'arriverons pas à gagner. Kevin, tu dois être plus agressif. Dis à LeBron : 'Moi aussi je suis un putain de méchant, donc file moi la balle'. Kevin, cours ! Sois dur ! Si tu n'es pas attaqué, les autres doivent te donner le ballon. Quand ils te la donnent, score et sois agressif !", avait raconté Lue après le game 4 contre Atlanta.
Durant la deuxième partie de saison, l'ancien joueur des Wolves s'est exécuté et a semblé gagner la confiance de ses partenaires, lesquels avaient dû se passer de lui lors de la post-saison précédente. Sans que cela soit forcément perceptible sur le plan statistique, il s'est ainsi fait une place plus précise dans l'organisation. A l'heure où les Cavs se préparent à des retrouvailles avec les Warriors en Finales NBA, l'issue de cette série pourrait dépendre de l'apport de Kevin Love et de sa capacité ou non à influer sur le jeu de son équipe. Offensivement, on ne l'imagine pas être pénalisant et son adresse extérieure comme sa capacité à finir près du cercle permettront à Cleveland de menacer Golden State avec davantage de diversité que l'an passé. Depuis le début de leur épopée, les Dubs n'ont d'ailleurs jamais vraiment eu à composer avec un joueur de son profil en attaque. Mais en défense, Tyronn Lue va devoir trouver de quelle manière utiliser son joueur sans qu'il soit un véritable handicap. L'idée n'est pas de faire de Love un défenseur d'élite. Ce secteur a toujours été celui dans lequel il a le moins été à la fête. Simplement, les Cavs devront éviter à tout prix que les Warriors ne se focalisent sur ce point faible à chaque fois qu'il se trouve sur le parquet. Le manque de réactivité de Kevin Love sur les pick and roll adverses avait fait très mal à la franchise de l'Ohio lors de la fessée reçue à la Q Arena le jour de Noël et Steve Kerr ne peut pas l'avoir oublié.

Sur qui le faire défendre sans pénaliser l'équipe ?

Depuis le début des playoffs, Lue n'a pas hésité à laisser son joueur sur le banc dans le 4e quart-temps pour lui signifier ce qu'il pensait de son implication. Si cette configuration se reproduit durant ces Finales 2016, ce sera un aveu d'échec de la part du successeur de David Blatt, qui avait jusqu'ici habilement redressé la barre avec l'ancien de UCLA grâce à un mélange de tough love et d'éloges. Après la première défaite de leur série contre les Raptors, Lue avait ainsi justifié le maintien de Love sur le banc avec des propos assez ambigus.
"Kevin n'était pas blessé. J'ai simplement trouvé qu'il était injuste de le laisser sur le terrain dans un environnement et un contexte de match aussi hostiles".
Une déclaration que Love a pu interpréter comme une remise en cause de son mental et de sa capacité à être utile dans un match accroché et rugueux comme ce game 3... Plutôt que de s'en formaliser dans la presse, le poste 4 de 26 ans s'est remis en cause et, après une nouvelle séquence sur le banc dans le game 5, a montré beaucoup plus d'aplomb sur les deux derniers rendez-vous face aux Raptors : 25 points à 8/10 (3/4 à 3 pts) en 23 minutes (blowout oblige), plus une intensité défensive intéressante qui s'est traduite par deux contres dans le game 5, puis un double-double des familles (20 points, 12 rebonds) à 5/11 (4/8 à 3 pts) pour illustrer une prestation là aussi sérieuse, à défaut d'être géniale, des deux côtés du terrain. C'est évidemment de ce Love-là dont les Cavs auront besoin dès jeudi. Mais les Warriors ne sont pas les Raptors et on peut se poser la question de l'adversaire sur lequel Kevin Love devra défendre. Curry, Thompson et Iguodala sont évidemment hors de propos vu leur profil. Draymond Green, qui jouera comme lui poste 4 ? La mobilité et la dureté indéniables du All-Star risquent de rendre ce match-up cauchemardesque pour le #0 de Cleveland, même s'il affiche la meilleure volonté du monde. Reste Andrew Bogut, qui n'est jusqu'ici qu'une pâle version du combattant et du protecteur de cercle que l'on connaît. Les coudes acérés de l'Australien ne feront pas du bien à Love, qui lui rend en plus 5 centimètres (2.08 m contre 2.13), mais c'est pour l'heure l'option la moins embarrassante que l'on peut envisager pour les Cavs. Cela obligera Tristan Thompson à s'occuper de Draymond Green, ce qui est un autre paramètre potentiellement défavorable pour les champions de l'Est, mais les alternatives sont peu crédibles. Pour ses premières Finales NBA, Kevin Love sera dans tous les cas attendu au tournant. Les fans des Cavs, qu'il commence progressivement à se mettre dans la poche après un début de relation compliqué, attendent de voir une différence nette entre l'équipe portée presque à lui seul par LeBron James lors de la campagne de playoffs 2015, et celle-ci.

Les deux derniers matches de Kevin Love

Date Opp. Score Min FGM FGA FG% 3PM 3PA 3PT% FTM FTA FT% Off Def Reb Ast TO Stl Blk PF Pts
May 27 @TOR W 113-87 39:16 5 11 45.5 4 8 50.0 6 6 100.0 0 12 12 4 0 0 0 2 20
May 25 TOR W 116-78 23:37 8 10 80.0 3 4 75.0 6 6 100.0 0 2 2 2 2 1 2 1 25
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