Kings ou clowns : 15 ans de n’importe quoi, ou comment couler une franchise

Kings ou clowns : 15 ans de n’importe quoi, ou comment couler une franchise

Les Sacramento Kings n'ont plus participé aux playoffs depuis 15 ans, la plus longue série de l'Histoire de la NBA.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

En perdant contre les Memphis Grizzlies (110-116) la nuit dernière, les Sacramento Kings ont officiellement validé leur élimination des playoffs. Comme chaque année depuis 2006. Voilà quinze ans que la franchise californienne ne s’est plus hissée dans le top-8 de la Conférence Ouest. La plus longue série de l’Histoire, à égalité avec les Los Angeles Clippers qui n’avaient pas participé une seule fois à l’événement entre 1977 et 1991. La honte.

La honte parce que la NBA est la ligue américaine où il est le plus facile de se qualifier pour les playoffs. 16 équipes sur 30 y sont conviées chaque saison, soit plus d’une franchise sur deux. Mais non, malgré le système de la draft – aucun top pick en revanche pour les Kings sur la même période – Sacramento continue de décevoir. C’est presque encore plus fort d’avoir réussi à rester aussi mauvais pendant aussi longtemps que de reconstruire correctement une organisation.

Parce que tout ça demande beaucoup de talents gâchés, de dysfonctionnements, de mauvaises décisions, etc. Tour d’horizon des plus marquantes d’entre elles en se concentrant essentiellement sur la draft.

Les Kings, quinze ans de mauvaises drafts… ou presque

2007 : Spencer Hawes avec le 10ème choix. Le ventre mou de cette cuvée était de toute façon assez faible. Il n’y avait pas spécialement mieux, si ce n’est en devinant que Marc Gasol (48ème choix) deviendrait un futur All-Star.

2008 : Jason Thompson avec le 12ème choix. Pour la deuxième année de suite, Sacramento choisit un pivot. Mais il n’y avait pas beaucoup mieux, si ce n’est peut-être Robin Lopez et Roy Hibbert, tous les deux draftés un peu plus loin.

2009 : Tyreke Evans avec le 4ème choix. L’ironie, c’est que malgré seulement 17 victoires sur la saison écoulée, les Kings n’ont même pas eu la chance de pouvoir piocher dans le top-3. Ils sont donc passés à un pick près de James Harden. Ça aurait pu tout changer. Stephen Curry (7ème), DeMar DeRozan (9ème) ou encore Jrue Holiday (17ème) ont été sélectionnés derrière Evans.

Mais bon, les fans n’étaient pas mécontents, encore moins après sa première saison époustouflante à plus de 20 points, 5 rebonds et 5 passes. Une performance rare. Sauf qu’il n’a cessé de régresser ensuite. Il faudrait d’ailleurs penser à parler de « T-Rex » à tous les supporters des Minnesota Timberwolves qui s’enflamment en ce moment.

2010 : DeMarcus Cousins avec le 5ème choix. Un joli coup. Difficile de faire mieux à part Paul George plus loin (9ème). Mais c’était un vrai beau pick. Dommage que les Kings n’aient jamais su l’encadrer.

2011 : Jimmer Fredette avec le 10ème choix. La franchise disposait initialement du 7ème pick mais elle l’a transféré pour mettre la main sur Fredette, véritable gâchette en NCAA. Les dirigeants voulaient un homme capable de ramener de l’engouement autour de l’équipe et le jeune homme était une véritable superstar dans tout le pays. Ils voulaient aussi un scoreur. Magique (ou pas) : les Warriors ont choisi Klay Thompson en 11ème position. Kawhi Leonard a été choisi en 15ème.

2012 : Thomas Robinson avec le 5ème choix. Juste devant Damian Lillard et Harrison Barnes. Magnifique. Encore plus beau : Robinson a été échangé au bout de 51 matches et il n’a plus joué en NBA depuis 2017.

2013 : Ben McLemore avec le 7ème choix. Ça avait du sens sur le moment. C’est dommage que CJ McCollum, qui joue au même poste, ait finalement été choisi en 10ème position par les Trail Blazers. Mais McLemore était un temps pressenti en numéro un donc pourquoi pas.

2014 : Nik Stauskas avec le 8ème choix. Attention, séquence culte.

Dario Saric, Zach LaVine, TJ Warren, Jusuf Nurkic. Certains des principaux joueurs draftés après Stauskas.

2015 : Willie Cauley-Stein en 6ème position. DeMarcus Cousins était toujours sur place, mais les Kings tenaient apparemment à faire venir un nouveau jeune pivot. Un arrière passé par la même fac que DMC aurait pourtant pu mieux compléter l’effectif. Un certain Devin Booker (13ème choix) par exemple.

2016 : Georgios Papagiannis avec le 13ème choix. C’est presque une blague. La sélection est tellement ridicule que Cousins a fini par lâcher un « Dieu, donne moi de la force » au même moment sur les réseaux. Là encore, Sacramento mise sur un pivot pour la deuxième année de suite. Mais un pivot européen… sans pour autant prendre Domantas Sabonis (11ème). Le plus beau, c’est que les Kings avaient pourtant le 8ème choix et ils l’ont bazardé aux Suns pour prendre Papagiannis. Ils ont peut-être cru qu’il y avait un lien de parenté avec Antetokounmpo.

2017 : De’Aaron Fox en 5ème position. Le choix qui va peut-être éviter la franchise d’attendre quinze ans de plus avant de retrouver les playoffs.

2018 : Marvin Bagley avec le 2ème choix. Les fans des Kings refusaient de nous écouter quand on leur avait dit que leurs dirigeants étaient les mieux placés pour rater une occasion en or. Pourtant, ils l’ont bel et bien fait. Ils n’ont pas voulu prendre Luka Doncic. Bagley (14 pts, 7 rbds cette saison) n’est pas un flop complet, mais il ne deviendra jamais un franchise player. Le destin de Sacramento est donc changé sur les vingt ans à venir juste à cause de ce choix stupide et illogique de Vlade Divac.

2019 : Pas de pick au premier tour. Les Kings l’avaient échangé. Leur 14ème choix se retrouve donc à Boston. Ils auraient pu potentiellement prendre Nickeil Alexander-Walker par exemple.

2020 : Tyrese Haliburton en 12ème position. Le steal qui peut faire oublier tout le reste ?

En se replongeant sur ces 15 ans de draft, on réalise que les Kings ont été mauvais. Peut-être aussi malchanceux. Mais il faut comprendre que s’ils ont finalement piochés si peu dans le top-5, c’est aussi parce qu’ils ont souvent essayé de monter des équipes moyennasses plutôt que de vraiment miser sur leur reconstruction. Et ça, à l’Ouest, ça ne marche pas ! Que dire aussi de leurs nombreuses erreurs avec les coaches. On retiendra surtout le fait qu’ils ont viré Mike Malone alors que ça collait bien avec Cousins. Ou encore leur idée de nominer Luke Walton sans interviewer personne d’autres. Bref, les Kings resteront les Kings... enfin au moins encore un an.

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