Kobe Bryant, défaitiste : « Ça ne marche pas »

Plus les défaites s’accumulent, plus Kobe Bryant se pose des questions sur la saison actuelle et l’avenir des Lakers.

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Kobe Bryant, défaitiste : « Ça ne marche pas »
Cette saison devait être l’une des plus importantes de toute la déjà très riche carrière de Kobe Bryant. Celle où il se lançait en quête d’un 6ème titre qui lui permettrait de se rapprocher un peu plus de Michael Jordan, tout en dépassant Magic Johnson et en se mettant hors de portée de Tim Duncan. Pour être clair, avec ce sixième titre, il deviendrait tout simplement l’un des tout meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA, le meilleur de sa franchise et de sa génération. Au lieu de ça, les Los Angeles Lakers en sont réduits à devoir cavaler après le temps perdu pour espérer choper un strapontin pour les playoffs. Peu importe les quatre futurs Hall-of-Famers qui ont été assemblés cet été ou le maillot de légende qu’ils portent, les Californiens ne font peur à personne. Non seulement ils sont loin d’être la meilleure équipe de leur Conférence, ils ne sont même pas les meilleurs de leur ville et des teams telles que les Toronto Raptors les jouent sans même sourciller et réussissent à l’emporter. A ce stade de la saison, Kobe Bryant a déjà fait le bilan et il est sans appel.
« De toute évidence, ça ne marche pas », a-t-il confié à Adrian Wojnarowski dans la foulée de la récente défaite face aux Bulls.
[superquote pos="d"]"Il faut qu'on revienne à la base." Kobe Bryant[/superquote]Alors que tous ses coéquipiers avaient déjà affronté le froid mordant de Chicago pour rejoindre leur douillette chambre d’hotel, Kobe était toujours assis dans les vestiaires, son maillot plein de sueur sur le dos et des doutes pleins la tête. C’est ce que décrit très bien le journaliste de Yahoo Sport dans son article : Kobe Bryant, peut-être pour la première fois de sa carrière, ne sachant pas quelle voie suivre. La seule chose dont il semble certain, c’est que la méthode de Mike D’Antoni ne fonctionne pas. Quand Wojnarowski lui demande s’il pense que les Lakers sont meilleurs avec Pau Gasol sur le banc et Earl Clarke dans le cinq de départ, il se contente de répondre par un long silence et un sourire jaune. Quand sont évoqués les griefs de Dwight Howard qui demande à ce que le jeu passe par lui, il s’offusque.
« J’ai tout essayé pour lui donner la balle », affirme Kobe Bryant.   « Parfois, je finis par avoir l’air d’un imbécile, parce que je saute en l’air, j’ai un tir ouvert mais j’essaie de le trouver. Mais lui croit que je tire donc il se retourne. J’essaie énormément de penser à lui donner le ballon, à prendre soin de lui le plus possible. Ça me sort un peu de mon rythme, mais ça ne m’embête pas. S’il faut en passer par là pour aider l’équipe, je suis plus que partant pour faire ça. »
[caption id="attachment_107663" align="alignleft" width="300"] "Dwight est dans un marché qui est sans pitié, avec des exigences envers les athlètes et des responsabilités qu’on leur demande d’assumer. C’est dur pour lui."[/caption] C’est vrai qu’en regardant jouer les Los Angeles Lakers, on a parfois l’impression de voir quatre joueurs qui ne savent pas passer la balle à un intérieur… et un intérieur qui ne sait pas comment la demander. Un comble à ce niveau et avec de tels joueurs, mais le constat est bel et bien celui-là : l’équipe ne fonctionne pas. Du coup, plutôt que d’essayer coûte que coûte d’inventer une façon de faire, Kobe Bryant prône un retour à la base. Peu importe si le jeu produit n’est pas le plus beau de la ligue, tant qu’il permet d’être efficace et de remporter des matches.
« Il faut qu’on mette les joueurs dans les situations dans lesquelles ils sont les plus efficaces. Steve est le meilleur sur pick and roll, Pau est le meilleur au poste et je suis le meilleur de la ligne de fond à la ligne de lancers-francs. Revenons à la base. »
En gros, le message caché ici, c’est que Dwight Howard est le meilleur en défense et au rebond et qu’il ne devrait pas se soucier de ce qui se passe en attaque, si ce n’est en allant au rebond offensif. Un point qui se justifie parfaitement, surtout si D-12 veut prouver que son départ d’Orlando et tout le cirque qui l’a accompagné n’avaient qu’un seul but : gagner un titre quel qu’en soit le prix.
« J'ai toujours essayé d'aider Dwight, de lui parler. Qu'il soit 2h ou 3h du matin, je lui envoie des textos, je partage des bouquins avec lui, tout ce qui est possible pour l'aider », continue Kobe Bryant.   « Il revient d’une opération majeure et il est dans un marché qui est sans pitié, avec des exigences envers les athlètes et des responsabilités qu’on leur demande d’assumer. C’est dur pour lui. »
Tout comme ça doit être dur pour Kobe Bryant de s’être vu si proche d’un sixième trophée et de le voir s’éloigner de plus en plus. Dans son article, Adrian Wojnarowski ne dit pas à quel moment Kobe s’est finalement décidé à quitter la salle pour rentrer à l’hôtel, mais les doutes qui l’habitaient ce soir-là sont de toute façon probablement restés en sa compagnie…
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