SGA shoote comme un intérieur… en scorant comme une superstar

Shai Gilgeous-Alexander réussit une saison rarissime en termes d'efficacité, ce qui est un argument de plus dans la course au MVP.

SGA shoote comme un intérieur… en scorant comme une superstar

Nikola Jokic, Victor Wembanyama, Luka Doncic et quelques autres auront des partisans dans la course au MVP, et ils le méritent. Mais il faut quand même s’arrêter deux secondes sur ce que Shai Gilgeous-Alexander est en train de faire cette saison en termes d’efficacité et d’adresse.

La star du Thunder tourne à 55.3 % au tir. Dit comme ça, le chiffre est déjà costaud. Il prend encore une autre ampleur quand on regarde quelques noms de joueurs moins adroits que SGA parmi les... intérieurs. Donc des joueurs qui, même si le basket a changé, sont censés évoluer plus près du cercle et profiter de positions plus favorables pour scorer : Victor Wembanyama (50.4 %), Evan Mobley (53.4 %), Alperen Sengun (50.9 %), Anthony Davis (50.6 %), Donovan Clingan (52.7 %), Bam Adebayo (44.7 %), Kel’el Ware (52.9 %) ou Onyeka Okongwu (48.1 %).

L’idée n’est évidemment pas de pointer du doigt ces joueurs-là. Certains prennent leur dose de tirs loin du cercle, d’autres ont traversé une saison plus compliquée ou coupée par les blessures. Mais cette liste met une lumière assez crue sur la campagne de Shai Gilgeous-Alexander. Ce qu’il fait au scoring sort du lot, notamment parce qu’il ne tourne pas à 55.3 % en vivant uniquement sur des paniers faciles près du cercle. Il porte l’attaque d’OKC, crée énormément, absorbe l’attention des défenses et continue de finir avec une propreté qui n’a rien de normal pour un joueur de ce profil. Chez lui, le tir à mi-distance n’est pas un refuge, c’est une arme. SGA finit très souvent par obtenir exactement le shoot qu’il voulait.

Là où sa saison devient vraiment fascinante, c’est qu’il score énormément sans jamais plomber le rendement collectif. À l’heure actuelle, il est premier de NBA au scoring rate avec 34.3 points pour 75 possessions, Luka Doncic étant juste derrière avec 34.1. Dans le même temps, il affiche 66.5 % de true shooting, la 7e meilleure marque de la ligue, tout près des 67.7 % de Nikola Jokic.

Du Stephen Curry 2016 dans le texte ?

On commence donc à lire ici et là quelques comparaisons avec la saison MVP de Stephen Curry en 2015-2016. SGA ne joue pas le même basket, mais la référence n’est pas absurde. À l’époque, Curry avait terminé meilleur marqueur de la ligue avec 30.1 points de moyenne, tout en affichant une efficacité délirante : 50.4 % au tir, 45.4 % à 3 points, 90.8 % aux lancers et 66.9 % de true shooting en 79 matches. Il dominait aussi la ligue au volume ramené aux possessions, avec 42.5 points pour 100 possessions.

C’est là que le parallèle avec SGA devient intéressant. Pas pour le style, mais pour ce mélange entre volume de scoring monstrueux et rendement d’élite. La cuvée Curry 2015-2016 reste un sommet à part, avec en plus ses 402 tirs à 3 points inscrits et une saison de MVP unanime dans une équipe à 73 victoires pour 9 défaites. Mais quand un extérieur commence, lui aussi, à empiler autant de points sans salir son efficacité, la comparaison ne sort pas de nulle part.

Beaucoup de stars peuvent grimper à des totaux énormes. D’autres affichent des chiffres d’efficacité splendides dans des rôles moins lourds. Shai, lui, mélange les deux. Et quand un arrière en arrive à shooter mieux que plusieurs big men très référencés tout en étant l’un des tout meilleurs scoreurs de la ligue, on n’est plus dans la simple très grosse saison. On parle de quelque chose de bien plus rare.

Ce qui impressionne aussi, c’est la maîtrise générale qui se dégage de son jeu. Rien ne semble précipité ou forcé. Même quand il est ciblé, même quand les défenses savent très bien d’où vient le danger, il trouve encore les espaces dont il a besoin, y compris pour aller chercher ces lancers francs tant décriés.

Forcément, ce genre de saison pousse à regarder plus haut que la simple course au scoring. On est en plein territoire MVP, bien sûr. Mais il y a aussi autre chose qui se joue. Peut-être une bascule de perception. Le moment où un joueur passe du statut de superstar magnifique à celui de référence absolue de son époque. SGA donnait déjà cette impression depuis un moment. Là, il commence à empiler les chiffres qui renforcent encore cette idée. Et qui peuvent le mener tout droit vers un deuxième titre de MVP consécutif, voire un back-to-back avec le Thunder.