Le Connecticut Sun va bien disparaître et c’est un crève-coeur

C’est la fin d’un chapitre important pour la WNBA : le Connecticut Sun va quitter Uncasville pour Houston, après 23 saisons sous l’égide de la tribu Mohegan.

Le Connecticut Sun va bien disparaître et c’est un crève-coeur

C’est désormais acté dans la communication de la franchise et de la tribu Mohegan : le Connecticut Sun va vivre une dernière saison à Uncasville en 2026 avant un départ vers Houston en 2027, dans le cadre d’un accord de vente avec Tilman Fertitta, propriétaire des Rockets. Le communiqué précise encore que l’opération reste soumise à l’approbation du Board of Governors de la WNBA, mais le cap est clairement fixé.

Sur le papier, c’est un mouvement de plus dans une ligue en pleine croissance. Dans les faits, c’est un petit crève-cœur. Le Sun n’était pas une franchise comme les autres. En rachetant et relocalisant l’Orlando Miracle en 2003, la tribu Mohegan était devenue le premier propriétaire indépendant de la WNBA, mais aussi la première tribu amérindienne à posséder une franchise professionnelle. Pendant 23 saisons, le Sun a tenu une place à part dans le paysage de la ligue, loin des grandes machines NBA, avec une identité locale forte et une vraie continuité sportive.

Le communiqué de lundi insiste d’ailleurs sur cette dimension historique. Joe Soper, du Mohegan Tribal Council, y remercie les fans, les joueuses, le front office et l’État du Connecticut pendant que Jen Rizzotti, la patronne sportive de la franchise, reconnaît à quel point le moment est émouvant pour la communauté. Le Sun a compté dans l’histoire moderne de la WNBA, et pas seulement comme survivant d’un petit marché.

Sportivement, le Connecticut Sun a été l’une des franchises les plus constantes sans jamais remporter de bague. Le Sun a porté plusieurs générations majeures de la ligue, de Tina Charles, MVP en 2012 sous ce maillot, à Alyssa Thomas, devenue l’une des grandes figures de l’histoire de la franchise au point d’en battre plusieurs records et de s’imposer comme une référence all-around, en passant par Jonquel Jones, également MVP en 2021.

C’est aussi pour ça que ce départ laisse un goût particulier. On parle d’une équipe qui a contribué à faire vivre la WNBA dans le Connecticut pendant plus de deux décennies, dans le sillage de la culture basket féminine de l’État (où les Huskies sont LA superpuissance du basket universitaire), avec un vrai ancrage populaire. Le communiqué annonce d’ailleurs une dernière saison “de transition” à Uncasville, avec en bonus deux matches à Hartford et une affiche prévue à Boston, au TD Garden, le 18 août 2026.

Un imbroglio et une déception pour les fans de la région

Ces derniers mois, on a pourtant cru qu’une autre issue restait possible. Selon l’AP, une offre supérieure, à 325 millions de dollars, avait été portée par un groupe emmené par Steve Pagliuca, avec l’idée de garder une franchise WNBA dans le Nord-Est en la déplaçant vers Boston. Mais la ligue a rappelé que les décisions de relocalisation relevaient du Board of Governors et ce projet n’a pas abouti. À l’arrivée, l’offre de Fertitta, à 300 millions, s’est imposée.

Difficile de ne pas y voir aussi une préférence stratégique de la WNBA. Houston cochait beaucoup de cases : un très grand marché, un propriétaire NBA déjà installé, une salle prête, et surtout la possibilité de ressusciter les Comets, première grande dynastie de la ligue avec quatre titres de suite entre 1997 et 2000. La boss de la WNBA, Cathy Engelbert, avait déjà publiquement identifié Houston comme une cible prioritaire pour le retour de la ligue dans la ville.

Ce mouvement s’inscrit plus largement dans la direction prise par la WNBA, qui attire de plus en plus de groupes adossés à la NBA, aussi bien pour les expansions récentes que pour les futures franchises. Dans cette logique, le Sun faisait presque figure d’exception romantique : une franchise importante, compétitive, respectée, mais portée par un modèle plus singulier et moins aligné avec la nouvelle carte économique de la ligue.

Houston récupérera donc vraisemblablement une marque historique et un marché porteur. La WNBA, elle, y gagnera sans doute en exposition et en puissance commerciale. La WNBA avance et, dans son sillage, laisse derrière elle une petite partie de son histoire.

On ne sait pas encore ce que cela signifie pour Rachid Meziane, l'actuel coach du Sun et premier français head coach d'une franchise de l'élite aux Etats-Unis. Il sera sur le banc pour le démarrage de la saison en avril, en attendant le déménagement et, probablement, un important lifting.