Le Jazz a tranché. Keyonte George fait partie du projet à long terme. Selon Shams Charania et Tim MacMahon, l'arrière de 22 ans s’est entendu avec Utah sur une extension rookie de cinq ans et 157,5 millions de dollars. Un contrat qui représentera 31,5 millions par saison en moyenne et qui, selon les premiers détails disponibles, est entièrement garanti et ne comporte ni player option, ni team option.
C’est une somme importante pour un joueur qui n’a encore jamais participé aux playoffs, mais le Jazz ne paie pas simplement des statistiques gonflées au sein d’une mauvaise équipe. La progression de George en troisième année a été spectaculaire : 23,6 points et 6,1 passes de moyenne, à 45,6% au tir, 37,1% à 3 points et surtout 89,2% sur la ligne. Son true shooting est passé de 53,9% en 2024-2025 à 60,9% la saison dernière, alors même que son usage a nettement augmenté. Le changement le plus encourageant est peut-être là. George a enfin réussi à associer volume et efficacité.
Cela ne signifie pas pour autant qu’Utah lui confie les clés de la franchise. Le contexte a justement beaucoup changé autour de lui. Le Jazz a sélectionné Darryn Peterson avec le deuxième choix de la Draft. Peterson arrive avec un potentiel de première option offensive, capable de créer son propre tir, mais également de jouer sans ballon. Son profil de combo guard plutôt que de pur meneur rend d’ailleurs la cohabitation avec George assez naturelle sur le papier.
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C’est probablement là que se trouve la clé du plafond de Keyonte George. À 23 ou 24 points de moyenne dans une équipe en reconstruction, il pouvait donner l’impression de devoir devenir une superstar pour justifier sa place. Dans ce nouveau Jazz, il n’aura peut-être justement pas besoin de l’être. Si Peterson devient le créateur principal attendu, George peut progressivement glisser vers un rôle extrêmement précieux de deuxième initiateur. Son adresse aux lancers et sa capacité nouvelle à aller chercher sept tentatives par match donnent également un peu plus de substance à son profil de scoreur qu’un simple gros volume de tirs extérieurs.
Utah possède aussi désormais deux vétérans capables de simplifier considérablement le jeu de ses jeunes guards. Lauri Markkanen reste l’un des grands spécialistes NBA du scoring sans monopoliser le ballon, tandis que Jaren Jackson Jr., récupéré contre trois premiers tours de Draft notamment, apporte ce qui manquait cruellement au Jazz , à savoir un intérieur capable d’écarter le terrain tout en constituant potentiellement la colonne vertébrale de la défense. Le quintette George-Peterson-Ace Bailey-Markkanen-Jackson offre en théorie énormément de taille, de shooting et de création, même si sa structure défensive sur les postes extérieurs devra encore faire ses preuves.
Une belle force de frappe offensive pour un Jazz ambitieux
Il ne faut d’ailleurs pas oublier Ace Bailey, cinquième choix de la Draft 2025 et auteur d’une première saison à 13,8 points par match. Sa présence rend la situation encore plus intéressante. Contrairement aux premières années de la reconstruction, Utah ne cherche plus désespérément à identifier un joueur capable de créer un avantage. Le Jazz en possède désormais plusieurs. Pour George, cela signifie sans doute moins de possessions forcées, mais également davantage de concurrence dans la hiérarchie offensive.
La prochaine étape déterminera donc jusqu’où George peut réellement monter. Offensivement, sa troisième saison a montré qu’un niveau proche du All-Star n’était plus complètement irréaliste s’il maintient une telle efficacité. Pour changer définitivement de catégorie, il devra en revanche continuer à progresser dans la gestion du ballon et surtout devenir moins attaquable défensivement. Avec Peterson, Bailey, Markkanen et Jackson autour de lui, il n’a plus besoin d’être un sauveur. Il doit devenir un très bon titulaire capable de contribuer à une équipe qui gagne.
C’est aussi ce qui rend les 157,5 millions moins extravagants qu’ils n’en ont l’air. Utah n’a pas donné à George un contrat de superstar. La franchise a acheté cinq années de ce qui devrait correspondre à son prime, tout en misant sur le fait que le salary cap et le talent autour de lui feront progressivement paraître ces 31,5 millions annuels beaucoup plus raisonnables.
