Le jour où Michael Malone a peut-être sauvé la carrière de Peyton Watson

Ce récit édifiants de Peyton Watson perlet de se rappeler que Michael Malone n’était pas n’importe quel coach

Le jour où Michael Malone a peut-être sauvé la carrière de Peyton Watson

Il l’a vécu comme une humiliation. Avec quelques années de recul, Peyton Watson considère pourtant cette soufflante mémorable de Michael Malone comme l’un des moments qui ont façonné le joueur qu’il est devenu.

Invité de Curious Mike, le podcast de son ancien coéquipier Michael Porter Jr., Watson a raconté une anecdote particulièrement révélatrice de ses premières années à Denver. Nous sommes en 2023. Le rookie joue très peu mais participe évidemment à la préparation des playoffs. Avant la série contre Phoenix, son rôle consiste notamment à incarner Kevin Durant au sein de la scout team.

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Un jour, pendant l’entraînement, Malone l’interrompt après une séquence.

« Il m’a demandé devant toute l’équipe : “OK P, comment s’appelle le système qu’on travaille et que tu viens d’exécuter ?” Je me souviens avoir simplement répondu : “Je ne sais pas.” Je ne savais vraiment pas. » Mauvaise réponse.

« Son visage est devenu rouge et il a commencé à me défoncer. Il m’a dit : “Tu es le plus jeune ici. Tu devrais être attentif. On te donne un cahier avec tous les systèmes, tu dois connaître ces choses-là. Ça fait plusieurs entraînements que tu joues KD et tu ne sais toujours pas ça. Ça montre que tu ne fais pas attention et peut-être que tu n’es pas prêt à jouer si j’appelle ton numéro.” »

Watson se souvient d’un silence absolu dans la salle. Personne n’avait particulièrement envie d’attirer l’attention de Malone à ce moment-là.

« On aurait pu entendre une mouche voler. J’étais gêné, énervé. Je me demandais pourquoi il me mettait ainsi à l’amende alors que j’étais simplement là pour aider les gars à se préparer. »

Même Nikola Jokic est ensuite venu voir le jeune ailier pour lui expliquer que, selon lui, Malone « n’avait pas besoin de faire ça ».

« J’ai failli pleurer »

Mais une fois la colère passée, Watson a surtout été forcé de constater une chose : son coach lui avait posé une question concernant son travail et il avait été incapable d’y répondre.

« J’étais gêné parce que je ne savais pas. Il m’avait posé une question et je n’étais pas préparé à répondre. Depuis ce jour-là, j’ai toujours été hyper concentré sur le game plan et le scouting. Maintenant, je sais tout. »

La méthode était brutale. Watson reconnaît même avoir été au bord des larmes après la séance.

« Je me souviens avoir quasiment pleuré. Je me disais : “Mec, il est vraiment en train de me détruire là.” J’avais mal au ventre. »

Avec le recul, son interprétation de la scène a pourtant complètement changé. Plutôt que de voir simplement un entraîneur s’acharner sur un rookie qui ne jouait quasiment pas, Watson a fini par comprendre que Malone attendait justement davantage de lui parce qu’il entrevoyait son potentiel.

« Je me suis aussi dit qu’il ne m’aurait rien dit si je n’avais pas été un élément important de l’équipe et s’il ne pensait pas que je pouvais devenir vraiment bon. Il exigeait beaucoup de moi. À l’époque, je détestais ça, mais avec le recul, c’est ce qui explique mon attention aux détails aujourd’hui. »

Difficile de savoir quelle trajectoire Watson aurait suivie sans cette scène. Mais l’intéressé, lui, n’a visiblement aucun doute sur son importance. Le gamin qui ne connaissait même pas le nom d’un système qu’il répétait à l’entraînement est devenu au fil des années un joueur auquel Denver pouvait confier de vraies responsabilités.

Et lorsqu’on voit où cette progression l’a mené, jusqu’à son nouveau gros contrat à Cleveland cet été, on peut comprendre pourquoi Watson regarde désormais cette humiliation publique avec une certaine reconnaissance.