Le vrai joueur-clé des Celtics, c’est Jaylen Brown

Le vrai joueur-clé des Celtics, c’est Jaylen Brown

Jaylen Brown fait un début de saison énorme, éclipsé médiatiquement par celui de son camarade Tatum. Qu'on ne s'y trompe pas, il est au moins aussi important que lui.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Avec ce que fait Jayson Tatum depuis le début de la saison, l'attention s'est essentiellement portée sur lui au moment d'évoquer la course au titre de MVP. Il n'y a rien de mal à ça, surtout que l'ancien Dukie évolue effectivement à un niveau phénoménal. Il s'agirait quand même de ne pas ignorer celui avec lequel il forme le meilleur tandem de NBA à l'heure actuelle : Jaylen Brown. Légèrement dans l'ombre de Tatum, Brown réalise pour le moment lui aussi le meilleur début de saison de sa carrière.

Dimanche, le All-Star a réussi une performance épatante contre Brooklyn, dans la lignée de ce qu'il accomplit des deux côtés du terrain depuis la rentrée. Jusqu'ici, aucun joueur listé comme "guard" n'avait compilé au moins 30 points, 10 rebonds et 4 contres cette saison. Jaylen Brown évolue plutôt au poste 3 lorsque Marcus Smart est là, mais le DPoY 2022 était absent face aux Nets. Aligné au sein du backcourt avec Derrick White, Brown a rendu une copie d'une propreté folle : 34 points, 10 rebonds, 4 contres, aucune perte de balle et 5 paniers à 3 points.

On pourrait presque se demander, même si le bond statistique n'est sans doute pas assez spectaculaire pour les votants, si "JB" ne serait pas un candidat crédible au titre de MIP. Dans un monde sans extraterrestre du type Antetokounpo, Doncic, Jokic et Curry, ou sans Tatum comme coéquipier, il aurait peut-être même pu viser plus haut...

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Brown tourne, à cette heure, à 26.6 points, 6.9 rebonds et 3.5 passes de moyenne, à 51%, avec 10 derniers matches d'une efficacité démentielle (voir le tweet plus bas). Au scoring, à la passe, au rebond, en adresse globale et sur la ligne des lancers, le garçon est sur la pente ascendante. En termes d'impression visuelle, c'est pareil. Si Boston propose l'un des jeux offensifs les plus effrayants depuis bien longtemps en termes d'efficacité et de volume, c'est aussi grâce à lui. On ne l'a peut-être jamais senti aussi sûr de sa force, de son statut et de son niveau. Pourtant, l'intersaison n'avait pas été de tout repos.

Outre le scandale autour d'Ime Udoka, il y a eu cette discussion concernant un trade de Kevin Durant, avec Jaylen Brown comme pièce principale. Il est probable que si les Nets avaient été partants, Brad Stevens aurait accepté de perdre sa deuxième star pour récupérer KD. Plutôt que de ruminer sur un hypothétique manque de respect de la part de ses dirigeants, Brown a accepté le challenge, avec un été de stakhanoviste entre longues séances à la salle et musculastion sous-marine. Aujourd'hui, il n'est pas sûr que Boston accepte sans broncher de sacrifier l'alchimie qui règne dans le groupe, même si cela implique une arrivée de Kevin Durant.

Il faut aussi l'avouer, on s'est un peu demandé à un moment si ses performances sur le terrain n'allaient pas être impactées par de l'extra-sportif. Brown a d'abord dû gérer les folies de Kanye West, le créateur de l'agence Donda Sports avec laquelle il était engagé, et a finalement quitté les lieux après un léger flou. Puis, en tant que vice-président du syndicat des joueurs, on l'a vu monter au créneau pour défendre Kyrie Irving ou, en tout cas, s'assurer que le meneur des Nets ne soit pas totalement lynché publiquement. Disons qu'il a joué son rôle de premier défenseur de la cause des joueurs, mais aussi qu'il a flirté avec la "kyrisation" à une ou deux reprises, sans jamais franchir la ligne.

Sur le terrain, Jaylen Brown ne s'est en revanche jamais dispersé. Indiscutable, incontournable et très certainement sous-coté, le 3e pick de la Draft 2016 est en train d'entrer dans son prime, tout en ayant encore largement le temps, à 26 ans, de montrer l'étendue de son potentiel. C'est aussi en cela que les Celtics sont terrifiants. Ils ne sont pas dans un système héliocentrique où toute la pression est sur leur plus grosse star identifiée. Brown, à mi-chemin entre un numéro 1 bis et un lieutenant de luxe à la Pippen, fait de cette équipe le contender n°1 à l'Est par sa simple présence et l'absence d'ego mal placé dont il fait preuve depuis plusieurs années maintenant.

 

 

 

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