Les Philadelphia Sixers cherchent encore la bonne formule lorsque Joel Embiid est absent. Face aux Detroit Pistons, ils ont tenté une expérience particulière en installant LeBron James au poste de pivot. Une décision qui pouvait présenter un certain intérêt sur le papier, mais dont les limites sont rapidement apparues lors de la défaite de Philadelphie (106-93).
Dans le CQFR du jour, Antoine Pimmel et Shaï Mamou sont revenus sur cette utilisation du King, en expliquant pourquoi elle semble difficilement envisageable comme une solution régulière.
LeBron James ne peut plus assurer la protection du cercle
Le principal problème est défensif. Si LeBron James possède toujours les qualités physiques et l'intelligence de jeu nécessaires pour évoluer à plusieurs postes, il ne peut plus assumer durablement les responsabilités d'un véritable pivot.
« LeBron pivot, c'était vraiment très difficile. Il n'y a plus vraiment de protection de cercle quand il est là, sauf s'il arrive en deuxième rideau », constate Antoine.
La distinction est importante. LeBron peut encore intervenir ponctuellement en aide défensive, notamment lorsqu'il arrive lancé pour contester un tir. Mais lui demander d'être le dernier rempart de son équipe, possession après possession, constitue une tout autre mission.
Le problème s'étend également au rebond. Dès les premières possessions, Detroit a récupéré deux rebonds offensifs face à LeBron, révélant les difficultés des Sixers à sécuriser leur raquette.
Le quadruple champion NBA a terminé la rencontre avec 18 points, mais seulement deux rebonds. Un chiffre qui illustre les limites de cette configuration, même face à des Pistons privés de Jalen Duren.
Un sacrifice défensif qui ne rapporte pas assez offensivement
L'utilisation d'un cinq plus petit pourrait se justifier si elle permettait à Philadelphie de créer des avantages significatifs en attaque. C'est justement là que l'expérience devient discutable.
Sur la première possession, LeBron James a posé deux écrans consécutifs pour Tyrese Maxey. Une manière d'utiliser ses qualités et sa lecture du jeu pour faciliter le travail du meneur.
Mais cette option n'a pas réellement été développée par les Sixers, qui n'ont pas trouvé de véritable continuité offensive autour de leur pivot improvisé.
Maxey a inscrit 29 points et LeBron en a ajouté 18, sans que Philadelphie parvienne à installer une attaque suffisamment efficace pour compenser ses difficultés défensives.
Le problème n'est donc pas seulement que LeBron souffre dans la raquette. C'est aussi que son repositionnement ne semble pas apporter, en contrepartie, les bénéfices offensifs qui pourraient justifier ce sacrifice.
Comment les Sixers doivent-ils jouer sans Joel Embiid ?
Cette expérience renvoie finalement à une interrogation plus large : comment Philadelphie peut-elle rester compétitive lorsque Joel Embiid n'est pas disponible ?
LeBron James peut dépanner au poste cinq sur quelques séquences, notamment pour proposer un visage différent et varier les associations. Mais en faire une solution régulière reviendrait à lui demander d'assumer des responsabilités défensives qui ne correspondent plus vraiment à son profil actuel.
Le principal intéressé n'a d'ailleurs pas exclu de rejouer pivot ponctuellement, mais il n'en a clairement pas envie et l'a fait savoir publiquement aux Sixers..
Pour les Sixers, qui affichent malgré tout un bilan de trois victoires pour une défaite, l'enjeu dépasse donc cette seule rencontre contre Detroit. Il s'agit de trouver une organisation capable de fonctionner sans Embiid, tout en permettant à LeBron James et Tyrese Maxey d'exploiter leurs qualités respectives.
LeBron pivot peut être une option de circonstance. Mais comme solution durable à l'absence d'Embiid, l'expérience paraît surtout créer davantage de problèmes qu'elle n'en résout.
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