LeBron James est devenu grand

Deux ans après la lettre poignante annonçant son retour à Cleveland, LeBron James a soulevé le trophée Larry O'Brien en Californie. Retour sur le changement d'état d'esprit du joueur le plus connu de la planète au moment opportun.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
LeBron James est devenu grand
"L'Ohio, c'est cet endroit où j'ai couru, pleuré et saigné, avant que quiconque ne se soucie de l'équipe pour laquelle je jouerai au basket". Cette phrase, l'une des premières de la lettre de LeBron James annonçant son retour à Cleveland il y a deux ans, n'était pas anodine. Il l'a plus ou moins reprise cette nuit, au micro de Doris Burke, quelques minutes après avoir réussi l'un des plus grands exploits de l'histoire de la NBA. "J'ai tout donné pour cette quête : mon sang, mes larmes, ma sueur et mon coeur". Tous ces attributs, qu'il déploie effectivement plus que jamais depuis son comeback, ont rendu l'extraterrestre qu'est LeBron plus humain, plus sympathique. A la relecture, cette missive est franche, poignante et honnête. Bien plus que la théâtralisation télévisuelle de "The Decision". C'est la confession de quelqu'un qui sait qu'il a commis des erreurs mais est prêt à absolument tout pour se racheter. Fini le bling-bling de South Beach, les interviews en prime time et les prophéties déçues. "Pas un titre, pas deux, pas trois, pas quatre...", avait-il défini comme objectif  son arrivée à Miami avant d'être frappé du syndrome "home sweet home" quatre ans plus tard. C'est à la maison que le "Chosen One" a fait un acte de candidature clair pour rejoindre la constellation des légendes de ce sport. Au-delà de la simple conquête d'une bague, sa troisième en sept tentatives, c'est la manière avec laquelle celle-ci est tombée dans son escarcelle qui importe. En orchestrant le comeback inédit des Cavs après un début de série manqué, tout en impliquant plus que jamais ses camarades dans l'opération, LeBron a montré des signes de maturité et d'excellence dignes des plus grands. Qui plus est face à la meilleure équipe de tous les temps en saison régulière...

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Son contre, une séquence pour l'histoire

Après deux matches déjà passés à la postérité pour égaliser à 3-3, le #23 des Cavs a récidivé avec un triple-double, le troisième de l'histoire dans un game 7 après ceux des Lakers Jerry West et James Worthy. Si ses statistiques sont à nouveau impressionnantes (27 points, 11 passes, 11 rebonds, 3 contres et 2 interceptions), c'est encore une fois l'impact visuel et psychologique qui aura été le plus fort. LeBron a défendu le plomb lorsque c'était nécessaire et réussi une action décisive dans sa moitié de terrain à moins de deux minutes du terme. Une séquence que les générations futures se verront probablement proposer comme référence, au même titre que le shoot à 3 points de Kyrie Irving une minute plus tard. Alors que son garde du corps et bête noire supposée, Andre Iguodala, pensait conclure de près et maintenir le suspense dans cette partie, James l'a pourchassé avant de le contrer avec autorité, son bras droit s'abattant sur le ballon pendant que l'autre chatouillait le cercle. http://www.dailymotion.com/video/x4hfn4t_lebron-james-met-un-contre-decisif-a-andre-iguodala_sport Une action démoralisante comme tant d'autres exécutées par l'intéressé dans cette série bouclée en tant que meilleur marqueur, rebondeur, passeur, intercepteur et contreur, toutes équipes confondues. Dans 20 ou 30 ans, personne ne s'attardera sur le fait que LeBron James n'a shooté qu'à 9/24 dans ce game 7, ou qu'il a soi-disant pourri la série en faisant suspendre Draymond Green. C'est l'accomplissement en lui-même et le scénario épique qui a permis d'aboutir à cette conclusion qui resteront dans les mémoires. La pression qui pesait sur ses épaules pour ne pas entacher encore un peu plus un CV inconstant en aurait probablement brisé d'autres. Lui a su se montrer à la hauteur. On peut considérer que LeBron James n'est pas le plus beau joueur qui soit. On peut ne pas forcément apprécier les deux facettes de sa personnalité (celle d'un joueur arrogant et un poil condescendant, et une autre d'un athlète humble et tourné vers les autres). Ou peut lui reprocher d'avoir dû s'allier avec deux autre stars pour remporter son premier titre en 2012. On peut aussi lui préférer d'autres pointures des années 80 ou 90, plus charismatiques. Mais impossible de ne pas tirer un immense coup de chapeau au basketteur et à l'homme, si fort et vulnérable à la fois, et au gamin de l'Ohio qui a surmonté les épreuves de la vie pour devenir une icône générationnelle, adulée par les uns, haïe par les autres. Pour quelques semaines, LeBron James va faire consensus. Viendra ensuite le moment de définir de nouveaux objectifs une fois ce rêve digéré. Peut-être l'heure est-elle venue d'annoncer "pas un titre, pas deux, pas trois..." Qui sait, après tout, quelles sont les limites réelles de l'énergumène ? http://www.dailymotion.com/video/x4hfql5_lebron-james-craque-sous-l-emotion_sport

Les trois derniers matches de LeBron James

Date Opp. Score Min FGM FGA FG% 3PM 3PA 3PT% FTM FTA FT% Off Def Reb Ast TO Stl Blk PF Pts
Jun 19 @GS W 93-89 46:49 9 24 37.5 1 5 20.0 8 10 80.0 1 10 11 11 5 2 3 1 27
Jun 16 GS W 115-101 42:35 16 27 59.3 3 6 50.0 6 8 75.0 2 6 8 11 1 4 3 3 41
Jun 13 @GS W 112-97 42:38 16 30 53.3 4 8 50.0 5 8 62.5 4 12 16 7 2 3 3 1 41
   
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