LeBron, l’hélico et le malaise

LeBron James va vivre à New York pendant qu'il joue pour Philadelphie, avec ce que cela implique en termes logistiques.

LeBron, l’hélico et le malaise

Je ne vais pas commencer à m’inventer une vie et à vous raconter que je suis Greta Thunberg et suis irréprochable écologiquement. Mais quand même, j’ai un problème, et pas qu'écologique, avec cette histoire de LeBron James et de son hélicoptère.

La scène, mardi, était assez surréaliste. Anfernee Simons répond tranquillement aux questions des journalistes après le premier entraînement des Sixers quand, progressivement, un bruit assourdissant vient parasiter son interview. Un hélicoptère décolle du centre d’entraînement. Celui de LeBron, qui repart vers New York. C’est ce qu’il a visiblement prévu de faire régulièrement cette saison, afin de réduire à une quarantaine de minutes son trajet de retour du boulot.

LeBron James l’avoue, il voulait rejoindre les Knicks !

Évidemment, LeBron ne s’est jamais présenté comme un militant écolo et je ne vais pas lui inventer une hypocrisie qui n’existe pas. Mais il y a quand même un moment où la démesure peut nous interpeller sans avoir besoin d’être soi-même un modèle de sobriété. Un hélicoptère à turbine peut brûler plusieurs dizaines de litres de kérosène par heure, voire beaucoup plus selon le modèle. À New York, le contrôleur financier de la ville a même cité une estimation selon laquelle un hélico privé pouvait émettre, sur une heure de fonctionnement, jusqu’à 40 fois plus de carbone qu’une voiture sur la même durée.

Faire de l’hélicoptère son moyen de transport pour aller travailler dans une ville située à environ 150 kilomètres de chez soi, en 2026, ça me paraît simplement complètement hors-sol. D’autant qu’on ne parle pas d’un trajet impossible à effectuer autrement. New York et Philadelphie sont reliées directement par le train : l’Acela permet de faire Manhattan-Philadelphie en gros en 1h10, et les autres trains Amtrak mettent généralement autour d’1h20 ou 1h30. En voiture, comptez environ deux heures lorsque le trafic le permet. OK, quand on est LeBron James, l'un des hommes les plus reconnaissables des Etats-Unis, prendre le train ou sa voiture n'a pas la même implication que pour vous et moi en termes de tranquillité. Ce qui en revient au problème principal.

Philadelphie n'est pas assez bien pour LeBron ?

Je ne vais pas accuser LeBron de ne pas être investi chez les Sixers. Ce serait malhonnête. Il a fait un sacrifice financier réel pour venir à Philadelphie (qu'il a en partie comblé gentiment en s'associant à Polymarket pour 15 millions de dollars). Il quitte aussi une partie de sa famille, restée à Los Angeles, pour tenter d’aller chercher un nouveau titre à 41 ans. Il a résumé lui-même la situation en expliquant qu’il n’avait pas laissé sa famille derrière lui pour perdre au deuxième tour. Tout ça, je l’entends.

L’image renvoyée reste quand même étrange. Tu signes à Philadelphie, mais tu expliques dans le même temps que tu as longtemps imaginé jouer pour les Knicks et que tu porterais sans doute leur maillot s’ils n’avaient pas été champions. Dès le premier entraînement terminé, l’hélicoptère vient te récupérer pour te ramener à New York, où tu t’es installé. Ça donne malgré tout un petit côté : « Philadelphie n’est pas assez bien pour moi. »

Si je suis né à Philly, que je supporte les Sixers depuis toujours, je suis certes flatté que l'un des meilleurs joueurs de tous les temps vienne porter le maillot de la franchise, mais je peux peut-être aussi trouver ça un peu vexant qu’il ne daigne pas y résider, non ?

Et puis, désolé d'en parler, mais depuis le 26 janvier 2020 et le traumatisme de la disparition de Kobe Bryant, de sa fille et de 7 autres personnes, voir un joueur NBA multiplier les déplacements en hélicoptère me crispe un peu... Je sais que statistiquement l'hélico n'est pas considéré comme plus dangereux que la voiture, et j'imagine que des businessmen et des célébrités s'en servent comme moi je prends le bus, mais quand même...

Après, le terrain réglera probablement cette discussion très vite. Si LeBron arrive avant tout le monde à l’entraînement, ce qu’il a justement fait mardi, s’il bosse comme il l’a toujours fait, qu’il joue, performe et aide les Sixers à devenir un candidat sérieux au titre sans être une distraction, personne ne lui reprochera son choix de résidence. Ce qui ne m'empêchera pas de trouver ça un peu dérangeant...

Le problème écologique c’est que ce n’est pas une question de choix mais un devoir.

On a le devoir, chacun à notre échelle de faire attention à ses déplacements, à son bilan carbone.
Tant mieux si il donne pas de leçon mais avec sa force d’exemplarité, sa célébrité, il a un devoir.

Le petit colibri cher à Pierre Rabhi !!!!

On n’est pas rendu ..
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Je te trouve trop dur.

On juge les choix de carrière des sportifs différemment d'une personne lambda et moi, ça me dérange.
Combien de personnes bossent dans une boîte par défaut, alors qu'ils auraient préféré vivre ailleurs ? L'immense majorité. Pour une fois, un milliardaire ne fait pas exception et le critiquer là dessus, j'ai du mal à comprendre.

Concernant l'impact écologique, à partir du moment où LeBron ne se pose pas en donneur de leçon comme un Lewis Hamilton par exemple, qu'il pollue comme un milliardaire est son choix. Oui, il pourrait faire autrement mais chacun voit midi à sa porte et essaie d'agir au mieux pour lui-même d'abord. Le monde dans lequel on vit te pousse à réfléchir ainsi. C'est surtout politiquement qu'il faut faire différemment pour empêcher au maximum ce genre de comportements. Tant que dans toutes les démocraties de la planète, on encouragera les très riches à agir comme bon leur semble, il est difficile de leur reprocher.
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