Les Cavs inquiètent : que se passe-t-il vraiment à Cleveland ?

Battus à Detroit, les Cavaliers donnent une impression inquiétante : jeu sans liant, Mobley trop peu sollicité, Garland diminué… Que se passe-t-il à Cleveland ?

Cleveland Cavaliers Donovan Mitchell NBA

« J’ai l’impression qu’il y a vraiment quelque chose de cassé chez les Cavs. » Dans le CQFR du jour, Théo et Antoine n’ont pas tourné autour du pot au moment d’évoquer les Cleveland Cavaliers, battus à Detroit (114-110) et toujours englués dans une saison qui ne ressemble plus du tout à celle de l’an dernier.

Au-delà du résultat, c’est surtout le contenu qui inquiète : une équipe sans liant, sans sérénité, et dont la trajectoire commence à poser une vraie question, simple et brutale : les Cavs, que se passe-t-il ?

Une équipe “désarticulée”, même quand le match reste jouable

Le plus frappant, c’est que le scénario contre Detroit ne ressemble pas à une noyade totale. Les Pistons font plusieurs breaks, Cleveland revient, et les Cavs ont même « un ballon à la fin pour égaliser dans la dernière minute ». Pourtant, devant le match, le sentiment reste étrange : « J’avais pas vraiment le sentiment que cette équipe des Cavs allait pouvoir repasser devant », affirme Théo.

« J’ai l’impression d’être face à une équipe qui est désarticulée. En fait, il y a plus de liant. (…) Des actions qui semblent séparées les unes des autres. »

Autrement dit : même quand le score laisse croire à un « match de patrons », Cleveland ne dégage plus cette impression de maîtrise qu’on associe aux équipes de haut de tableau.

Donovan Mitchell, oui… mais le collectif ne suit plus

Dans ce marasme, une chose reste stable : le talent individuel. Nos chroniqueurs le soulignent avec une comparaison immédiate : sur le terrain, Donovan Mitchell et Cade Cunningham semblent « sur un autre niveau que les autres », capables d’aller chercher un panier « sans être dépendants du collectif ».

Sauf que du côté de Cleveland, justement, la dépendance au collectif est devenue un problème. Mitchell peut briller, mais l’ensemble ne se met plus en ordre de marche. Pour Antoine, le constat est clair : « Ça manque de sérénité. C’est inquiétant parce que là, on n’est plus en début de saison. Là maintenant, on est déjà en janvier. »

Evan Mobley sous-utilisé : le symbole d’un projet qui se dilue

L’un des points clés du débat concerne Evan Mobley. L’an dernier, l’attaque de Cleveland avait été réinventée, avec Mobley davantage placé au centre du jeu. Cette saison, l’écart est saisissant.

Théo s’arrête sur une statistique qui pique : « Là, je regarde, il prend neuf tirs. Neuf tirs, il en prend autant que Jaylon Tyson. Il en prend un de plus que De’Andre Hunter. » Et la frustration est palpable : Mobley fait « globalement un bon match », mais se retrouve à « porter des écrans pour De’Andre Hunter » sans toucher la balle derrière.

Face à Detroit, privé de Jalen Duren, la question devient presque rhétorique : « On ne peut pas me dire qu’il n’y a pas l’opportunité d’exploiter Evan Mobley un peu plus en attaque. » Quand le joueur le plus structurant des Cavs touche si peu de ballons, ça raconte forcément quelque chose.

Blessures, rotations, et malaise autour du discours

Évidemment, tout n’est pas résumé à un seul problème. Nos journalistes citent plusieurs facteurs :

  • l’absence de Max Strus, qui « complique les choses » et « a beaucoup perturbé les rotations » ;
  • Darius Garland, qui semble « pas du tout à 100 % », avec un souci au pied qui « continue de le suivre » ;
  • et surtout, une petite musique qui commence à revenir au sujet de Kenny Atkinson : « On commence à entendre des choses (…) comme quoi son discours ne passerait plus aussi bien que l’année dernière ».

Que son discours ne passe plus serait « fou après juste une année », mais le terrain, lui, renvoie la même impression : « Il y a vraiment quelque chose qui fonctionne pas. Il y a quelque chose qui va pas. »

Le pari Lonzo Ball, l’abandon de Ty Jerome : des choix qui pèsent

Enfin, nos chroniqueurs s’arrêtent sur un dossier précis, lié aux choix en termes de construction d’effectif : le remplacement de Ty Jerome par Lonzo Ball.

L’idée, sur le papier, se tient : un profil plus défensif, plus playoffs compatible. Mais la réalité rattrape vite le raisonnement : « Le Lonzo qui est nécessaire aux Cavs, c’est le Lonzo avant les 2-3 ans d’absence (Il n’a pas joué de janvier 2022 jusqu’au début de la saison dernière avant de rater es 20 derniers matchs de celle-ci). (…) Pour l’instant, on ne l’a pas revu régulièrement », rappelle Antoine Et dans le match évoqué, l’addition est sèche : « Hier, il joue 10 minutes. »

En face, Ty Jerome incarnait un rôle précieux, selon Antoine : « un mec qui sort du banc (…) qui t’apporte 18 points », capable de « ramasser des victoires » en saison régulière. « Un jeune qui a fait une très bonne première série de playoffs avant de se planter seulement sur la deuxième », dans un rôle qui n’était pas le sien. Son départ n’explique pas tout, mais il alimente l’idée d’une équipe qui a perdu des repères.

Et maintenant, la question qui dérange

Antoine finit même par se poser la question qui fait mal : « On en vient au stade où je me demande même, est-ce que Cleveland, finalement, ils vont pas casser en cours de saison ? Alors qu’on s’était qu’il y aurait un dernier run de playoffs. Là maintenant la question se pose. »

C’est peut-être encore prématuré. Mais le point commun de toutes les observations, c’est l’impression d’un collectif qui ne prend plus, au moment même où la saison devrait se stabiliser. Les Cavs ne sont pas seulement en difficulté au classement : ils donnent surtout l’image d’une équipe qui a perdu son fil.

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Hello,

Pour avoir vu le match contre les pistons (ainsi que quelques autres depuis le début de la saison), Mitchell est l’arbre qui cache la forêt.
C’est un joueur fantastique mais on voit que quelque chose ne fonctionne pas dans l’équipe.
Comme si la saison dernière était un trompe-l’œil et que Cleveland avait joué en sur régime.

D’ailleurs, c’est sur une action forcée et bâclée de Mitchell que le match est définitivement perdu.
Il tente une iso, tourne sur lui-même sans solution et perd la balle.
On aurait dit que les autres cavs n’étaient pas impliqués…
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