Les Clippers veulent changer de style avec Darius Garland

En échangeant James Harden contre Darius Garland, les Clippers assument un virage clair : plus de rythme, plus de mouvement et une attaque moins figée.

Les Clippers veulent changer de style avec Darius Garland

Le transfert a surpris, parfois dérouté, souvent interrogé. En envoyant James Harden à Cleveland pour récupérer Darius Garland, les Los Angeles Clippers n’ont pas simplement échangé un All-Star contre un autre. Ils ont surtout acté un changement de philosophie. Moins de contrôle, plus de vitesse. Moins de jeu posé, davantage de création en mouvement. Et ce n’est pas un hasard si ce sont les mots de Garland lui-même qui éclairent le mieux cette nouvelle direction.

Fraîchement arrivé à Los Angeles, le meneur n’a pas cherché à masquer son enthousiasme. Il sait ce que représente ce nouveau contexte, sportif comme personnel.

« Je suis vraiment excité. C’est une nouvelle opportunité, un nouveau système, de nouveaux coéquipiers. J’ai hâte de voir comment tout ça va s’assembler sur le terrain », a-t-il expliqué après l’officialisation de l’échange.

Derrière le discours attendu d’un joueur transféré, il y a surtout une réalité tactique évidente. Garland n’est pas Harden. Là où l’ancien MVP aimait monopoliser la balle, dicter le tempo et jouer sur lecture lente, Garland vit dans le mouvement. Il dribble moins longtemps, coupe davantage, accélère les décisions. Et c’est précisément ce que les Clippers recherchaient. Le principal intéressé en est parfaitement conscient.

« Je peux jouer vite, pousser le rythme, créer pour les autres et pour moi-même. J’aime quand le ballon bouge, quand tout le monde est impliqué », a-t-il résumé, posant presque lui-même le cahier des charges de sa future utilisation.

Donovan Mitchell, son rôle majeur dans le trade pour James Harden

Ce virage n’est pas anodin pour une équipe qui, malgré une belle dynamique récente, plafonnait dans un certain confort tactique. Avec Harden, l’attaque des Clippers était lisible, parfois efficace, mais souvent prévisible. Garland offre autre chose : une menace permanente dès la première seconde de la possession, une capacité à attaquer les close-outs, à punir en sortie de dribble, mais aussi à accepter de vivre sans le ballon.

C’est d’ailleurs un point qu’il assume pleinement, lui qui a longtemps dû cohabiter avec Donovan Mitchell à Cleveland.

« J’ai appris à m’adapter, à jouer avec un autre porteur de balle fort. Ça m’a rendu meilleur, plus complet. Je sais faire les deux », a-t-il assuré.

Pour les Clippers, cette polyvalence est essentielle. Kawhi Leonard reste le moteur offensif, mais l’équipe avait besoin d’un organisateur capable de fluidifier l’ensemble sans ralentir le jeu. Garland coche cette case, tout en apportant un profil plus jeune, plus durable, dans une franchise qui cherchait aussi à anticiper l’après.

Reste évidemment la question physique. Touché à un orteil, Garland n’a pas encore fixé de date de retour. Mais là encore, le discours se veut rassurant.

« Je me sens de mieux en mieux. Je prends les choses jour après jour, mais je veux revenir dès que possible », a-t-il déclaré, sans précipitation, conscient que sa vraie valeur se jugera sur la durée.

Ce transfert dit aussi beaucoup de Cleveland, mais surtout de Los Angeles. Les Clippers acceptent de perdre une forme de sécurité immédiate pour tenter autre chose. Ils misent sur un jeu plus rapide, plus moderne, peut-être plus risqué, mais potentiellement plus difficile à défendre en playoffs. Garland n’est pas un garant absolu du succès, mais il est le symbole clair d’un choix assumé.

Changer de style en cours de saison n’est jamais anodin. Les Clippers l’ont fait. Et avec Darius Garland, ils ne cherchent pas simplement à remplacer James Harden. Ils cherchent à devenir une autre équipe.