Décidément, ces Timberwolves ont un sens assez particulier du timing. Au moment où on pouvait les imaginer vulnérables, avec un Anthony Edwards de retour plus tôt que prévu et forcément surveillé, ils sont allés reprendre l’avantage du terrain à San Antonio, 104-102, dans un Game 1 que les Spurs avaient pourtant de bonnes raisons de croire à leur portée.
Le point de départ, évidemment, c’est Edwards. Neuf jours après son hyperextension, Chris Finch l’a utilisé avec prudence, en sortie de banc. 25 minutes, pas une de plus, mais déjà 18 points à 8/13 au tir. Il n’était pas totalement libéré et on a vu quelques grimaces, des appuis parfois hésitants, mais dès qu’il a accéléré, on a retrouvé ses prises d’intervalle et sa capacité à mettre la pression sur le cercle. Minnesota a gagné sans un "Ant" à 100%, ce qui est particulièrement intéressant pour la suite.
Le match, lui, a longtemps ressemblé à ce que San Antonio voulait. Du rythme contrôlé, une défense en place, et un Victor Wembanyama omniprésent près du cercle mais en difficulté pour s’exprimer en attaque. Le Français termine avec une ligne complètement atypique : 11 points, 15 rebonds et surtout 12 contres, record NBA en playoffs. Défensivement, il a été partout. Il a dissuadé, corrigé, effacé des paniers tout faits et maintenu les Spurs en vie par sa seule présence. Mais offensivement, Minnesota l’a très bien enfermé : 4/19 au tir, 0/6 à trois points, beaucoup de possessions difficiles et très peu de confort.
À côté, De’Aaron Fox n’a pas davantage trouvé son rythme : 11 points à 3/12, lui aussi à 0/6 de loin. À deux, Wembanyama et Fox compilent un 7/31 au tir et 0/12 à trois points. Dans un match perdu de deux points, c’est évidemment là que San Antonio peut nourrir le plus de regrets, alors que Stephon Castle et Julian Champagnie ont inscrit 17 pts chacun.
Minnesota est resté dans son registre et ça a payé. Julius Randle a été le point d’ancrage offensif avec 21 points et plusieurs paniers importants dans le quatrième quart-temps. Rudy Gobert, avec 7 points, 10 rebonds, 4 interceptions et 3 passes, a contrôlé la raquette en étant à nouveau brillant dans sa spécialité, pendant que le collectif compensait les passages plus brouillons. Rien de spectaculaire, mais une vraie capacité à rester au contact, puis à faire la différence sur quelques possessions clés.
Le scénario s’est joué là. San Antonio avait pris les devants, sans réussir à creuser. Minnesota est resté à portée, puis a mieux exécuté dans les dernières minutes. Une dernière possession pour les Spurs, un tir compliqué qui ne tombe pas, et le match bascule.
Ce Game 1 installe une donnée difficile pour San Antonio : Minnesota a pris l’avantage du terrain sans avoir encore eu besoin d’un Anthony Edwards à plein régime. Les Spurs sont déjà sous pression avant un game 2 où ils devront montré plus de tranchant.
