Le Thunder n’a jamais trouvé d’air. Dominé physiquement, privé de rythme et constamment bousculé par la défense de San Antonio, Oklahoma City a sombré dans les grandes largeurs lors du Game 4 de la finale de conférence Ouest face aux Spurs. Battus 103-82, les hommes de Mark Daigneault voient la série revenir à 2-2 avant un Game 5 déjà brûlant dans l’Oklahoma.
Très vite, le match a pris une tournure inquiétante pour OKC. Après plus de huit minutes de jeu, l’unique source de points du Thunder provenait… des floaters d’Isaiah Hartenstein. Une statistique presque absurde pour une équipe qui possédait pourtant le meilleur bilan NBA cette saison. Et lorsque le pivot allemand a lui aussi refroidi, l’attaque d’Oklahoma City s’est complètement évaporée.
« Ils nous ont frappés en pleine figure dès le début », a reconnu Shai Gilgeous-Alexander après la rencontre. « Ils ont fait un énorme boulot en étant les agresseurs. Ils étaient constamment sur nous, à provoquer des pertes de balle, à jouer physique. »
Une disette record !
Les chiffres racontent le carnage. Le Thunder a terminé à 33% au tir et à un catastrophique 18,2% derrière la ligne à trois points. Pire encore, les 20 ballons perdus ont offert 25 points faciles aux Spurs, qui ont transformé chaque erreur adverse en punition immédiate.
Cette performance offensive est historiquement mauvaise pour Oklahoma City. Le Thunder n’avait plus inscrit aussi peu de points depuis décembre 2021, lors de l’humiliation à 73 points d’écart face aux Grizzlies pendant la reconstruction de la franchise. Pour une équipe terminant avec le meilleur bilan NBA, il faut même remonter à 2013 pour retrouver une prestation offensive aussi faible en playoffs. Mark Daigneault n’a pas cherché d’excuses après la rencontre.
« Je pense qu’on a été très insuffisants offensivement ce soir. On n’avait ni la précision, ni la force, ni la justesse nécessaires pour les faire craquer. Ils ont été excellents défensivement. Leur énergie, leur physicalité… »
L’absence de Jalen Williams et d’Ajay Mitchell a évidemment pesé. Privé de deux créateurs importants, le Thunder s’est retrouvé à dépendre encore davantage de Shai Gilgeous-Alexander. Et San Antonio avait préparé le piège parfait.
Le plan parfait contre SGA
Stephon Castle a livré un chantier monumental sur le MVP. Pression constante sur porteur, aides agressives, changements défensifs impeccables : le rookie des Spurs a donné le ton d’un bout à l’autre du match. Gilgeous-Alexander a terminé à 6 sur 15 au tir avec quatre pertes de balle, sans jamais parvenir à installer son tempo habituel.
Victor Wembanyama, lui, a encore régné derrière. Le Français a compilé trois contres, dont un énorme sur une tentative de dunk de Chet Holmgren dès les premières minutes. Une action qui a immédiatement électrisé le Frost Bank Center et envoyé un message très clair au Thunder : rien ne serait facile.
Holmgren continue d’ailleurs de souffrir dans ce duel entre géants générationnels. Après deux premiers tours solides face aux Suns et aux Lakers, le pivot d’OKC est nettement ralenti par la défense des Spurs et l’impact de Wembanyama. Lors du Game 4, il s’est limité à 10 points à 3 sur 8 au tir, avec autant de paniers inscrits que de pertes de balle.
Malgré la gifle, Shai Gilgeous-Alexander refuse cependant de céder à la panique.
« Deux de nos créateurs sont absents, mais on a déjà joué beaucoup de matches cette saison sans porteurs de balle. On a l’habitude de certaines situations. Mais je pense surtout que tout est devenu un effet boule de neige. Quand tu démarres avec la bonne énergie, l’attaque trouve naturellement du rythme. Et aujourd’hui, on n’est jamais entrés dans le match avec la bonne énergie. »
Même son de cloche chez Holmgren, qui appelle désormais le Thunder à rester uni avant le retour à Oklahoma City.
« On doit continuer à se faire confiance. On doit utiliser les autres pour trouver des espaces et créer de bons tirs. Même si un ou deux tirs ne rentrent pas, on ne peut pas perdre confiance. »
Le problème pour OKC, c’est que cette série ressemble désormais de plus en plus à une guerre d’usure. Et dans ce domaine-là, les Spurs de Victor Wembanyama paraissent de plus en plus terrifiants.

À l'image de la NBA Cup, espérons que l'intensité de cette finale de conférence, ne soit pas un handicap en finale pour le vainqueur