C’est l’an un après LJ à Los Angeles. LeBron James s’est lancé un tout dernier défi à l’autre bout du pays et les Lakers s’articulent désormais exclusivement autour de Luka Doncic. Le début d’une nouvelle ère marquée par une nouvelle vente surprise (mais colossale) de la franchise par un Mark Walter empêtré dans une enquête fédérale. Josh Kushner et Bob Iger ont repris la poule aux œufs d’or tandis que la famille Buss se déchire en lâchant aussi ses parts.
Du changement en coulisses mais aussi sur le terrain. Même si les bases restent les mêmes, à savoir une superstar parmi les cinq individualités les plus talentueuses de la ligue et un coach à la vision moderne qui continue d’engranger de l’expérience, les dirigeants ont fait évoluer l’effectif pendant l’intersaison. Justement dans le but de centrer toute l’équipe autour des qualités et des faiblesses de Doncic.
James est donc parti, tout comme Rui Hachimura, Deandre Ayton, Jaxson Hayes ou encore Marcus Smart. Des pièces importantes de la rotation remplacées par les arrivées de Walker Kessler, Quentin Grimes, Ziaire Williams, Collin Sexton, Sandro Mamukelashvili, Jaden Hardy, Kevon Looney, Matisse Thybulle ou encore la sélection de Cameron Carr à la draft. Austin Reaves a lui prolongé pour un peu plus de 40 millions annuels et il sera le lieutenant du prodige slovène. Avec donc un groupe tout neuf à leurs côtés.
Les Lakers possèdent donc deux scoreurs-playmakers élites pour manipuler les défenses adverses possessions après possessions. Il fallait les épauler d’une armée de joueurs de devoir capable de remplir toutes les autres tâches. Défendre dur. Prendre des rebonds. Courir. Mettre dedans en réception-tir. Toutes les recrues correspondent à l’un ou plusieurs de ces profils. Et en ce sens, strictement sur le papier, l’intersaison est plutôt intéressante.
Une fois Reaves resigné, la priorité était de trouver un pivot de premier plan. Luka Doncic tend à rendre ses intérieurs meilleurs et il primordial de l’associer à un vrai protecteur de cercle, rim runner de préférence. Kessler ne rentre pas tout à fait dans la deuxième catégorie mais c’est un colosse de 2,18 mètres, une cible géante et mobile pour les passes de son maestro. Une tour de contrôle dans les deux raquettes. La vraie interrogation concerne surtout sa santé plus que ses aptitudes. Le bonhomme sort d’une saison quasiment blanche (5 matches) suite à une blessure à l’épaule et il n’avait pas joué depuis octobre 2025 avant de caser 11 points et 9 rebonds avec +15 de différentiel lors d’un match de présaison récent contre les Warriors.
Walker Kessler réussit ses débuts aux Lakers
« J’ai beaucoup joué contre Walker et c’était toujours compliqué. Donc je le voulais vraiment avec nous. Le club le voulait, je le voulais, tous les joueurs le voulait. C’est une super pièce pour notre équipe », soulignait Doncic. Le staff et les membres du roster sont effectivement confiants sur leurs capacités à progresser dans certains domaines clés cette saison. Autrement dit en défense. Comme lors des cinq derniers exercices, les Californiens se classaient parmi les dix plus mauvaises franchises du championnat de ce côté du terrain l’an passé. Et notamment parce qu’ils possédaient la 29eme défense NBA (sur 30, faut-il le rappeler) près du cercle. Ça va changer avec Walker Kessler.
« Je pense que l’on va avoir une défense bien méchante », assure l’intéressé. Il cite d’ailleurs aussi plusieurs de ses nouveaux camarades en mettant en avant l’impact défensif de joueurs comme Thybulle ou Williams. « Je pense que les gens ne réalisent pas à quel point notre défense dans le périmètre va être solide avec ces gars-là. »
C’est tout ce qu’espèrent les Lakers. C’est vrai que c’est cohérent sur le papier. Il y a une direction claire et des rôles bien établis. Le problème ne vient finalement pas de qui Los Angeles a recruté mais plutôt comment ça s’est fait, et donc à quel prix. Kessler, par exemple, a paraphé un contrat de 130 millions de dollars sur quatre saisons et le front office a cédé deux tours de draft et deux autres droits de swap pour acquérir ses services. Grimes et Mamu sont aussi entre 12 et 15 millions à l’année. Ils vont tous devoir prouver qu’ils peuvent se montrer à la hauteur. La même logique s’applique à Reaves, un numéro deux à 23-5-5 de moyenne mais finalement jamais All-Star. Est-ce que le costume sera un peu trop grand pour l’un ou plusieurs d’entre eux ?
Dans le pire des cas, ils serviront peut-être de variables d’ajustements. Les Lakers disposent encore de quelques rares picks à attacher à Reaves (par exemple) si jamais une autre star plus importante se retrouvait sur le marché. Ce n’est pas le scénario le plus probable mais c’est une hypothèse à garder en tête.
Et pour le reste, il y a Luka Magic. Sa simple présence assure autour des 45 victoires. Parce qu’il est aussi fort que ça. Pour l’instant, il tient sa ligne et il a montré un sacré état de forme dès la présaison. Finalement, l’horloge tourne pour l’ancien du Real Madrid. Il n’a encore jamais été élu MVP et son palmarès reste vierge en NBA. Nico Harrison a beau s’être planté, Doncic peut, paradoxalement, quand même avoir des choses à prouver pour lui donner tort.
Cette saison des Lakers est la première du renouveau et il n’y a pas encore d’urgence dans le sens où L.A. ne vise pas le titre ou rien dès 2027. Sauf que ça ne va pas tarder. Il vaudrait mieux que ça marche suffisamment pour que les Hollywoodiens soient à nouveau proche du top-3 d'ici quelques mois. Ils en sont capables.

Je ne vois aucun scenario où - sans blessures importantes dans chaque équipe - les Lakers termineraient devant OKC, SA, Minnesotta, Denver et même les Rockets avec Van Vleet. Et la 6ème place se jouerait entre les Lakers et Portland, voire Golden State et les Suns. Mais je les vois plutôt passer en PO via les play-ins et se faire ensuite sortir au 1er tour.
Quant à Doncic, autant au lendemain de sa défaite en finales NBA, l'unique question qu'on se posait était de savoir quand (et pas si) il remporterait le MVP et deviendrait champion, autant aujourd'hui, les 2 scenarii me semblent totalement inaccessibles, à moins d'énorme(s) trade(s) en faveur des Lakers,...ce qui n'est jamais à exclure.