Anthony Davis, une saison à oublier

Anthony Davis a vécu une saison 2015-2016 à oublier. Son compte en banque, en revanche, se souviendra qu'il est passé à côté de 24 millions de dollars qui lui tendaient les bras...

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Anthony Davis, une saison à oublier
Vous vous dites que les joueurs NBA ne sont pas à un dollar près et vous avez parfaitement raison. On peut quand même supposer que passer à côté de 24 millions de dollars supplémentaires à 23 ans alors qu'on ne sait jamais de quoi est fait une carrière, est un peu rageant. C'est ce que s'apprête à connaître Anthony Davis, le joueur des New Orleans Pelicans. Forfait jusqu'à la fin de la saison, comme l'a annoncé le staff médical de NOLA ce week-end, le All-Star risque fort de ne pas remplir les critères qui auraient fait de son contrat le plus juteux jamais signé par un basketteur. Lorsqu'il a apposé sa signature sur ce nouveau deal de 5 ans l'été dernier, Davis savait simplement que ce qu'il gagnerait sur cette période se situerait entre 121 et 145 millions de dollars. Une somme évidemment indécente pour le commun des mortels, mais pas surprenante pour un joueur de son talent, qui plus est censé incarner la NBA de demain. Pour décrocher le pactole intégral, "Unibrow" devait accomplir l'une des missions suivantes dès cette saison : être à nouveau starter au All-Star Game (raté, il a été repêché par les coaches), être élu MVP (Stephen Curry a rapidement balayé tout suspense alors que Davis était le favori des bookmakers pour lui succéder) ou faire partie de l'une des "All-NBA Teams" (l'un des trois "5" traditionnels mais pas l'un des deux "5" défensifs). On n'imaginait pas l'ancien joueur de Kentucky rater le coche sauf blessure très sérieuse. Si c'est bien un problème physique qui l'a poussé à mettre un terme à sa saison dimanche, Davis risque surtout de payer son incapacité à rendre son équipe compétitive et la situation comptable désespérée des Pelicans.

Les statistiques ne plaident pas en sa faveur...

[superquote pos="g"]Jamais il n'a su "contaminer" ses partenaires et les rendre meilleurs.[/superquote]Sur le strict plan statistique, Anthony Davis a marqué autant de points et pris autant de rebonds par match que l'an dernier. A peine peut-on signaler qu'il s'est montré moins adroit (49% contre 53% l'an dernier) et moins intransigeant près du cercle (2 contres de moyenne cette saison, 3 la précédente), mais ces facteurs ne s'accompagnent pas toujours d'une baisse de l'impact d'un joueur sur le collectif. C'est en termes de leadership que Davis et son coach Alvin Gentry ont failli, malgré un effectif loin d'être moins bon sur le papier que celui de Portland ou Utah, tous les deux à la lutte pour l'un des derniers spots en playoffs). Jamais le numéro 1 de la Draft 2012 n'a su "contaminer" ses partenaires et les rendre véritablement meilleurs, qu'il s'agisse des titulaires habituels ou des joueurs amenés à pallier les fréquentes blessures déplorées par les Pelicans ces derniers mois. On peut lui faire confiance pour régler ce problème à partir de l'an prochain, mais cette saison décevante va probablement lui faire perdre le bonus qui lui tendait les mains. Si on se penche sur le dossier, on peut supposer que l'affaire est mal engagée. Sur les 10 dernières saisons, 150 joueurs différents ont fait partie d'une "All-NBA Team". 94% d'entre eux jouaient pour une équipe qualifiée en playoffs. Et parmi les 9 joueurs retenus malgré l'échec de leur équipe en saison régulière, seul DeMarcus Cousins l'an dernier faisait partie d'un groupe avec un plus mauvais bilan que les Pelicans 2016. Plus inquiétant encore, les trois seuls joueurs retenus pour une All-NBA Team ces 10 dernières années alors que leur équipe affichait un bilan inférieur à 40% de victoires, avaient tous de meilleurs chiffres qu'Anthony Davis. Il s'agissait de Cousins (24.1 points et 12.7 rebonds en 2015)  de Kevin Love (26 pts et 13.3 rbds en 2012) et de Kevin Garnett (22.4 pts et 12.8 rbds en 2007). Si l'idée lui venait d'aller plaider sa cause devant un jury, Davis pourrait néanmoins avancer le fait qu'il est tout de même dans le top 10 des meilleurs scoreurs et des meilleurs rebondeurs de la ligue, tout en étant l'un des 5 meilleurs contreurs et l'un des 5 joueurs ayant enregistré le plus de double-doubles en NBA. Il omettrait a priori volontairement le fait qu'il se situe nettement plus loin au classement des Win Shares et du différentiel +/- lorsqu'il est sur le terrain... Il reste en tout cas une dizaine de matches à ses concurrents pour le priver définitivement du pactole. DeMarcus Cousins, Draymond Green, Pau Gasol, Kevin Love, Andre Drummond, Al Horford, Hassan Whiteside, Zaza Pachulia, Karl-Anthony Towns, Rudy Gobert et DeAndre Jordan ont tous de quoi contrarier Anthony Davis dans quelques semaines....  
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