Ricky Davis, l’homme au « presque triple-double » honteux

Ricky Davis, l’homme au « presque triple-double » honteux

Si on se souvient de Ricky Davis, 42 ans aujourd'hui, ce n'est malheureusement pas pour sa carrière en NBA, mais pour une séquence aussi ridicule que mythique.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.

23Si vous ne suivez la NBA que depuis 10 ans, vous n'avez peut-être jamais entendu parler de Ricky Davis. Ou alors il évoque vaguement pour vous le nom d'un ancien joueur de la ligue venu faire une pige éclair en France en 2011, du côté de Roanne. Pour les autres, Davis est associé à un événement aussi comique que désolant pour l'esprit du basket au début des années 2000 : sa tentative pour enregistrer le premier triple-double de sa carrière.

Nous sommes en 2003 et Ricky Davis porte le maillot des Cleveland Cavaliers, cinq ans après sa Draft en 21e position par les Charlotte Hornets. Nous sommes le 16 mars, à quelques encablures de la fin de la saison régulière et Davis réalise ce qui restera sa plus grosse saison au scoring avec 20.6 points de moyenne. Les Cavs sont bons derniers de la Conférence Est, au moment de recevoir le Utah Jazz. Miracle ce soir-là, la franchise de l'Ohio marche sur l'eau et met une rouste à celle de Salt Lake City, alors coachée par le regretté Jerry Sloan. 

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Ricky Davis est dans une superbe forme, puisqu'à quelques secondes de la fin de la rencontre, l'arrière affiche cette ligne de stats : 26 points, 12 passes et 9 rebonds. Il ne lui manque qu'une prise pour signer un triple-double. Il le sait, il n'aura peut-être pas d'autre opportunité dans sa carrière de finir un match en 3D. Plutôt que d'accepter son sort et alors que les Cavs ont une remise en jeu à jouer dans leur camp à 6 secondes de la fin, Davis estomaque tout le monde.

A la réception de ladite remise en jeu, celui qui sera tradé quelques mois plus tard à Boston ne laisse pas les secondes s'égrainer par souci de fair play comme c'est de coutume lorsqu'un match est plié. Ricky Davis dribble vers son propre panier et envoie le ballon contre... le cercle. La gonfle lui revient. DeShawn Stevenson, le jeune arrière du Jazz, est agacé et veut marquer le coup en commettant une faute intentionnelle sur lui.

Après le match, Jerry Sloan dira :

"Je suis fier de ce qu'a fait DeShawn Stevenson. Moi, je l'aurais bousculé bien plus fort que ça. Ils peuvent me mettre en prison pour ça s'ils veulent, mais je dis ce que je pense".

Après quelques secondes de flou, Ricky Davis comprend que son triple-double n'est pas valide. Le dernier rebond ne lui a pas été accordé, puisque le règlement interdit de tirer volontairement sur son propre panier.

"C'est la seule chose que je regrette dans ma carrière, même si j'ai fait d'autres mauvaises choses. Je n'avais pas l'expérience. Les gens oublient que quand on m'a drafté, j'avais 17 ans et je ne pensais qu'à moi.

Après, j'ai beaucoup plus pensé à ce que je pouvais faire en tant que membre d'une équipe", avait expliqué Davis sur NBA.com quelques années plus tard.

Malheureusement pour lui, Davis restera célèbre pour cette séquence cocasse, plus que pour ses 12 ans en NBA, ses 10 046 points en carrière et ses superbes dunks.

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